La conclusion d’une alliance entre le MMM et le Ptr  a figuré en bonne place dans le discours prononcé par le Premier ministre Navin Ramgoolam, qui intervenait hier à Kewal Nagar. Il a par la même occasion affirmé qu’un Président avec des pouvoirs « doit être élu par le peuple ».
La traditionnelle fête populaire organisée à Kewal Nagar, où est né Sir Seewoosagur Ramgoolam le 18 septembre 1900, a rassemblé une importante foule hier en présence du Président de la République, Kailash Purryag, et les membres du corps diplomatique en poste à Maurice. La cérémonie a démarré par un dépôt de gerbes devant le buste de SSR, installé dans le jardin dédié à son nom, et a été suivie d’un spectacle culturel mis au point par le ministère de la Culture. Cette manifestation a clôturé une journée marquée par une série d’activités, notamment des cérémonies de dépôt de gerbes sur le Samadhi de SSR aux Jardin de Pamplemousses et  la Place du Quai, devant les statues de SSR et du Pandit Basdeo Bissoondoyal, ainsi qu’une cérémonie de remise de prix aux gagnants d’un concours d’essais au musée SSR, à Plaine-Verte.
Évoquant les relations entre le MMM et le Ptr, Navin Ramgoolam a affirmé qu’en 1976,  Sir Seewoosagur Ramgoolam avait demandé à MM Badry et Walter d’ouvrir les négociations avec ce parti. Cette tentative, selon lui, s’était heurtée à l’opposition de sir Anerood Jugnauth, qui voulait devenir Premier ministre. Navin Ramgoolam a ensuite rappelé que le MMM et le Ptr sont deux partis socialistes. « Nous avons nos différences, mais il y a aussi une grande complémentarité entre nous. Et cela permettra au pays de sortir gagnant. Il nous faut avoir une vision à long terme. Si vous voulez que le pays soit uni et fasse  plus de progrès, il faut pouvoir unir les Mauriciens. C’est cela qui est important. »
Évoquant la présidence de la République avec des pouvoirs accrus, Navin Ramgoolam a observé que le Président doit être élu par le peuble. « Si, demain, quelqu’un qui ne peut rassembler la population se présente comme candidat, il sera difficile pour lui de se faire élire et de devenir Président de la République », a insisté le Premier ministre. Le leader du Ptr n’a pas épargné ses adversaires politiques. Et d’observer qu’avec moins de 1% de l’électorat, le PMSD réclame actuellement 25 tickets dans l’opposition. Les Bleus, poursuit-il, insistent pour que leur programme soit adopté par l’alliance, le paradoxe étant, dit-il encore, qu’Ivan Collendavelloo, un ancien membre du MMM, veuille suivre le programme du PMSD. Il n’a pas non plus manqué d’adresser des piques au MSM, lançant que, sans effort, on ne peut devenir riche, que « largen mal gagne mal fini ». Posant ensuite la question : « MSM, ou kone comie kasse ena ? »
Navin Ramgoolam en a aussi profité pour évoquer le “get together” MMM-Ptr, expliquant que cette rencontre réunie une dizaine de personnes dans chaque parti et qu’il aura fallu faire un choix. Des personnalités comme le président et le secrétaire général du parti devaient être présents, dit-il, fustigeant ceux ayant insisté sur ceux qui étaient absents.
Rappelant les épisodes “on/off” durant les négociations avec Paul Bérenger, le Premier ministre a expliqué avoir dit au leader du MMM que « mo pas  Anerood Jugnauth, mo bisin satisfait et mo bisin kapave defanne dimoune qui vote Ptr; line bisin cede ». Navin Ramgoolam s’est ensuite longuement appesenti sur le Ptr et sur SSR. « À l’époque où le Dr Curé a créé le Ptr, il n’y avait pas beaucoup de mèdecins. Or, le Dr Curé n’avait pas choisi de pratiquer uniquement la médecine, mais voulait entrer dans un combat menant à l’émancipation de la population, pour défendre les gens dont la voix ne comptait pas. Pandit Sahadeo et Pandit Ramnarain se sont joints à lui par la suite. Puis Rozemond est arrivé », a-t-il rappelé.
Le Premier ministre a également insisté sur l’importance de l’éducation gratuite. « Si le pays a  réussi, c’est grâce à l’éducation gratuite, qui a été introduite alors que le pays était relativement pauvre. Lorsque SSR avait introduit l’éducation gratuite, une section du Ptr  s’était prononcée contre pour des raisons économiques. De plus, les réactionnaires étaient également contre. » Selon lui, SSR avait fait une première tentative pour introduire le vote à 18 ans en 1965, mais sa proposition avait alors été rejetée par le gouverneur de l’époque.
Navin Ramgoolam a aussi mis l’accent sur l’importance de la jeunesse, rappelant encore l’introduction du vote à 18 ans par SSR. « ll y avait des objections dans le Ptr. Mais il n’a pas regardé les avantages personnels, juste la jeunesse. »