Deux conférences et la projection d’un documentaire de Gopalen Chellapermal ont ponctué l’exposition de Khalid Nazroo proposée par l’Institut Français de Maurice dans ses locaux pendant près de deux mois. La clotûre de cette rétrospective artistique se tient aujourd’hui avec la présentation du catalogue de l’artiste à 15 heures.
Le catalogue de Pays sage/pays fou offre une vue d’ensemble sur une cinquantaine de pages de l’oeuvre de Khalid Nazroo. Il a notamment bénéficié de l’apport de Bénédicte Auvard, agent d’art française particulièrement intéressée par les créations venues d’ailleurs, qui était aussi commissaire de cette exposition. Ayant eu l’occasion de découvrir les travaux de quelques artistes mauriciens au cours d’un voyage à Maurice, elle y a trouvé des correspondances avec les formes picturales et artistiques qu’elle entend défendre à Paris et en Europe avec les quelques plasticiens qui font partie de son book.
Dans une conférence animée à Maurice en juin, Bénédicte Auvard avait d’ailleurs articulé son intervention en deux parties en s’insurgeant tout d’abord contre les diktats conceptuels de certaines manifestations d’art contemporain européennes et particulièrement françaises, qui entendraient imposer certaines visions de l’art contemporain en Europe et ailleurs. La conférencière devait ensuite présenter les artistes, dont elle a choisi de défendre l’oeuvre qui sont pour la plupart originaires de pays non européens, avant d’en venir en deuxième partie à une présentation proprement dite de l’oeuvre de Khalid Nazroo. C’est grosso modo cette dernière partie que nous retrouvons dans le texte de Bénédicte Auvard. Texte dans lequel elle avait évoqué « le peintre des peintres », le diktat de la belle forme ou encore certaines formes de sacralisation.
L’autre contribution incluse dans l’ouvrage vient de Vèle Putchay du Mauritius Institute of Education, qui propose ici un long texte particulièrement documenté et proche de la biographie du peintre, dans lequel il propose d’interpréter sa peinture en s’efforçant de la contextualiser le plus possible à chacune des étapes de vie du peintre. Ces impressions et récits bénéficient aussi de l’appréciation de l’attaché culturel de l’ambassade de France Yves Alain Corporeau, qui y livre brièvement ses interprétations en préambule, signant ainsi son dernier acte au sein de l’Institut Français de Maurice qu’il a dirigé depuis son ouverture à Rose-Hill. Avec Sega rose, c’est une oeuvre de jeunesse tout à fait remarquable qui a été sélectionnée pour la couverture, tandis que de nombreuses pages permettent de prendre tout le temps d’observer les créations du peintre et graveur, présentées ici dans le sens chronologique.