La délégation mauricienne, forte de neuf personnes, dont sept tireurs, quitte le pays ce mercredi en début d’après-midi pour Antananarivo, Madagascar, où elle participera, cette semaine, aux Championnats d’Afrique de la WAKO (World Association of Kick-Boxing Organisation). Une compétition au cours de laquelle les Mauriciens espèrent briller et ce, en dépit du fait qu’ils n’ont pas eu une longue préparation, dans la mesure où ce n’est que récemment que le ministère de la Jeunesse et des Sports a accepté de débloquer les fonds nécessaires pour ce déplacement.
Selon l’entraîneur national, Judex Jeannnot, les démarches en vue du grand départ sont en bonne voie, alors qu’au niveau de la préparation, il avance que tout a été fait pour essayer de rattraper le plus de retard possible. « A ce jour, je peux dire que nous sommes à 90% de nos moyens. Ils nous restent encore quelques jours de travail et d’ici là, je pense que nos tireurs seront encore mieux », a déclaré Judex Jeannot. Il a ajouté que participer à une compétition de cette envergure est très important surtout pour les jeunes qui commencent à peine à côtoyer le haut niveau.
Malheureusement, a-t-il souligné, certains ne réalisent toujours pas que le kick-boxing local a encore pris de l’ampleur avec l’émergence d’autres tireurs de valeur. « Auparavant, nous n’avions que deux tireurs à faire déplacer. Aujourd’hui, tel n’est plus le cas. Nous avons six, sept tireurs, voire plus et il est très important qu’on leur donne la chance de se déplacer et de participer à des compétitions de haut niveau. Il est très important de satisfaire l’ambition de ces jeunes. Ce n’est que de cette façon que la discipline progressera davantage et que nous serons en mesure de faire davantage honneur au pays », a fait remarquer l’entraîneur national.
Des jeunes motivés et déterminés
Judex Jeannot se dit même très triste de laisser d’autres jeunes derrière à l’image du jeune Rodriguais Noë Perrine ou encore Cédric Changou, qui a concédé une défaite inattendue récemment en Afrique du Sud. « Il y avait un choix à faire et je peux vous assurer qu’il n’a pas été facile de le faire. La défaite de Cédric en Afrique du Sud a pesé à l’heure du choix. Il n’empêche qu’il aura lui aussi sa chance », a souligné Judex Jeannot. Idem pour les deux éléments féminins formant la sélection nationale, à savoir Jessica Jocelyn et Ketty Rousseau. Selon lui, ces dernières ont énormément progressé et seront appelées à côtoyer le haut niveau prochainement.
Pour l’entraîneur national, il y règne une très bonne ambiance au sein du groupe. Il dira même que la séance d’entraînement de mardi soir au centre Eddy Norton, à Rose-Hill, a été très significative. Selon lui, les tireurs étaient très motivés et déterminés et ont surtout montré beaucoup d’envie. Ce qui est de très bon augure avant d’aborder une compétition de cette envergure, d’autant que le pays organisateur, à savoir Madagascar, s’est beaucoup investi dans la préparation. « C’est sûr que ce sera très compliqué surtout pour les jeunes qui côtoieront ce niveau pour la première fois. De plus, les Malgaches possèdent des tireurs dans les mêmes catégories que les nôtres. Ce sera dur, mais pas autant que les Championnats du monde. L’important, c’est de rester concentrés et de continuer à s’appliquer avec le même sérieux et la même détermination », a fait ressortir l’entraîneur national.
Selon lui, si le groupe conserve ce même état d’esprit, il demeure confiant que Maurice réalisera une bonne performance à ces Championnats d’Afrique. « Nous évoluons dans une discipline où il règne toujours une certaine confiance. Je dirai, de plus, que notre récent passage en Afrique du Sud a fait le plus grand bien à cette équipe. Je trouve même que des jeunes, à l’image de Fanfan (Nagamah), Burtland (Simisse) et autres Didier (Dalon), ont gagné davantage en confiance à l’issue de cette tournée », a indiqué Judex Jeannot. Il trouve même que des tireurs comme Burtland Simisse (-51 kg), Boris Brissonnette (-71 kg) et Fabrice Bauluck (-54 kg) possèdent de bonnes chances d’aller au bout du tournoi.
Obligation de réagir pour Facson Perrine
L’entraîneur national en pense de même pour le Rodriguais Facson Perrine (-63.5 kg), à condition que ce dernier se soit repris en main après sa contre-performance à la Coupe du monde de mai dernier, en Hongrie. Le Rodriguais, qui est attendu au pays aujourd’hui ou demain, n’avait pas été en mesure de passer les huitièmes de finale, alors que la FMKBDA (Fédération mauricienne de Kick-Boxing et de Disciplines Assimilées) avait fondé beaucoup d’espoir sur lui. Après cette mauvaise performance du reste, Judex Jeannot n’avait pas manqué de dire au tireur le fond de sa pensée. « A notre niveau, nous considérons Facson comme un boxeur de haut niveau et qui possède beaucoup de qualités. Mais comme je l’ai toujours dit, une bonne performance ne fait pas d’un boxeur un champion. C’est sur la durée qu’on reconnaît les grands champions. Il a donc intérêt à réagir et j’espère qu’il le fera très vite », a-t-il fait ressortir.
Au cas contraire, a-t-il ajouté, ce serait vraiment dommage de le perdre. Facson Perrine se voit donc dans l’obligation de se surpasser, d’autant que derrière, des jeunes comme Burtland Simisse, Didier Dalon ou encore Fanfan Nagamah ont déjà pointé le bout du nez. Ces derniers ont envoyé un signal fort au même titre que les deux éléments féminins que sont Jessica Jocelyn et Ketty Rousseau. « Tout le monde s’investisse énormément dans les entraînements et travaillent dur pour avoir une place en sélection. Les places seront désormais très chères, d’autant qu’il n’y a pas de place réservée. Ceux qui font le plus d’effort gagneront leurs places. J’ajouterai aussi que nos boxeurs ont un devoir de responsabilité envers le ministère de la Jeunesse et des Sports, les sponsors, la fédération et tous ceux qui nous soutiennent », a averti l’entraîneur national.