Le kick-boxing mauricien écrit actuellement sans doute la plus belle page de son histoire. Quatre tireurs engagés dans des finales mondiales : un exploit sans précédent dans les annales du sport local. Ce soir, Burtlan Simiss, Facson Perrine et tôt demain matin, James Agathe tenteront de se retrouver sur la plus haute marche du podium lors de ces championnats du monde qui se déroulent actuellement à Guraja au Brésil. Demain soir, Fabrice Bauluck, après deux échecs en finale, tentera cette fois de décrocher le métal précieux tant convoité.
Au pays de la samba, le carnaval du kick-boxing mauricien continue de plus belle. Douze combats, onze victoires : une performance exceptionnelle, d’autant que Maurice demeure le seul des cinq pays africains engagés à se retrouver avec des finalistes. L’apothéose est donc attendue pour les quatre mousquetaires locaux afin de réaliser cette grande première.
« Comment ne pas être fier de nos gars. Dans l’adversité, ils sont su se relever, tout en offrant une belle leçon de courage et de dévouement. Après les problèmes du début quand ils ont failli rebrousser chemin, voilà qu’aujourd’hui quatre d’entre eux se retrouvent en finale mondiale. Quel bel exemple de détermination », s’extasie Jérémie Rousseau.
Le président de la Fédération mauricienne de kick-boxing et disciplines assimilées (FMKBDA) se veut également reconnaissant envers le travail accompli par l’entraîneur national, Judex Jeannot, et l’aide apportée dans le cadre de ce déplacement par les ministres Devanand Ritoo et Xavier-Luc Duval, Philippe Hao Thyn Voon de la compagnie PAD & Co, Stevenhills, City Sport et Omnicane. Quant à Steeves Isbester, président de la commission d’arbitrage au niveau de la fédération, il soutient bec et ongles que l’harmonie règne au sein de cette instance. Et ce, tout en signalant que les quatre tireurs se trouvent chacun à six minutes du bonheur suprême.
La soirée d’hier a donc été de tous les bonheurs pour les Mauriciens. D’entrée de jeu, Fabrice Bauluck annonçait la couleur en dominant pour la troisième fois en autant de sorties le Russe Armen Arutyunov. « C’était la finale avant la lettre. De nouveau, Fabrice a su maîtriser son sujet et s’est imposé assez facilement », fait ressortir Judex Jeannot. Alors qualifié pour les demi-finales, le médaillé d’or à la Coupe du Monde bénéficiait du forfait de l’Américain James Wilson. Ce dernier avait disposé en quarts de finale du Portugais Mario Gonçalves.
La raison du forfait de Wilson n’est pas connue, mais Fabrice Bauluck pouvait déjà se concentrer sur sa finale prévue face au Turc Mahmut Erdem. Cette finale de la catégorie -54 kg se déroulera demain au cours d’une soirée de gala à São Paulo et qui sera retransmise en direct par deux télévisions.
De quelle planète viens-tu ?
De son côté, Burtan Simiss continue de s’affirmer sur la scène internationale. Médaillé d’or à la Coupe du Monde, le voilà qui se retrouve à l’ultime étape de la catégorie -51 kg. Et ce, après avoir obtenu sa revanche des derniers championnats d’Afrique aux dépens du Malgache Jean-Christian Heriniaina, tout comme face au Turc Uzeyir Cukadar au tour précédent, Simiss a renversé la situation au dernier round. Qui plus est, le tireur de la Grande île écopait d’un point négatif au cours de ce round décisif.
Ce sera donc le Kazakh Nurken Tulegenov, vainqueur du Brésilien Edison Da Silva, qui croisera le fer avec Simiss ce soir. « Le coup est jouable. Burtlan a confirmé son potentiel et le fait d’avoir Fabrice comme sparring-partner dans le cadre de sa préparation l’a beaucoup aidé », analyse l’entraîneur national.
Quant à Facson Perrine, il a repoussé avec beaucoup de brio le challenge du Français Yannick Reine en demi-finales de la catégorie -63,5 kg. Tant et si bien que ce dernier lui lançait après le combat : « De quelle planète viens-tu ? » Selon Judex Jeannot, la démonstration de force de son protégé a porté ses fruits. « Face à un adversaire fort techniquement, il fallait toucher de façon continue. Facson n’a pas laissé une seconde de répit à son adversaire qui n’a ainsi jamais eu l’occasion de construire sa boxe. »
L’obtention de la médaille d’or passera donc ce soir par un succès aux dépens du Serbe Aleksandar Konovalov. Etoile montante du kick européen, ce dernier a décroché le titre mondial chez les juniors l’année dernière et a également pris le meilleur dans cette présente compétition du Russe Aliaskhab Patichev, annoncé pourtant comme un sacré client.
De son côté, James Agathe a su faire taire tous ses détracteurs, surtout ceux qui ne croyaient plus en lui depuis son retour de la boxe anglaise. Ses deux combats disputés hier soir en quarts et demi-finales ont démontré son remarquable retour au premier plan. Le Portugais Vasco Grulha, présenté comme une terreur du ring, n’a tenu qu’un round, alors que le Serbe Stevan Zivkovic a été nettement dominé tout au long des trois reprises.
Bien que limité par une cheville enflée, James Agathe tentera de s’avérer supérieur au Polonais Michal Maczka. Un adversaire fort du titre européen acquis l’année dernière, mais qu’Agathe avait dominé sans coup férir en demi-finales de la Coupe du Monde en 2011. Un avantage psychologique donc pour lui, alors que dans le camp mauricien, on se permet désormais les rêves les plus fous. « Si nous parvenons à décrocher les quatre médailles d’or, je serai l’homme le plus heureux du monde », souligne d’ailleurs un Judex Jeannot, qui veut toutefois garder les pieds bien sur terre.