À São Paulo au Brésil, l’histoire du kick-boxing mauricien s’est définitivement écrite en lettres d’or. Deux tireurs sur le toit du monde : les superlatifs manquent pour qualifier un tel exploit. Fabrice Bauluck et James Agathe, champions du monde dans les catégories -54 kg et -81 kg, sont donc entrés par la grande porte dans la légende du sport mauricien. De leur côté, Burtlan Simiss (-51 kg) et Facson Perrine (-63,5 kg) se sont retrouvés sur la deuxième marche du podium. Quatre médaillés sur cinq représentants : la performance est définitivement sans précédent.
Fabrice Bauluck vient boucler la boucle, lui qui s’était déjà retrouvé sous le feu des projecteurs avec un double titre de champion du monde juniors au cours de la dernière décennie. Double champion d’Afrique, médaillé d’or à la Coupe du Monde, il avait échoué en deux occasions en finale des championnats du monde seniors. Cette fois, le tireur mauricien n’a pas laissé sa chance face au champion d’Europe en exercice, à savoir le Turc Mahmut Erdem.
Lors de la soirée de gala tenue samedi, il s’est avéré plus complet et intelligent que son adversaire. Ce dernier a donc subi le combat et s’est incliné logiquement aux points. « Fabrice a réalisé un superbe combat et je m’attendais à son sacre. Il a été dominateur tout au long du combat, et sa victoire s’est avérée confortable », confirme l’entraîneur national, Judex Jeannot.
De son côté, James Agathe, médaillé de bronze dans cette même compétition en 2009, a cette fois relevé le défi avec brio. Il partait certes avec un avantage psychologique face au Polonais Michal Maczka, qu’il avait battu en demi-finales de la Coupe du Monde en 2010, et n’a donc fait que confirmer son ascendant sur son adversaire. Ses low-kicks ont souvent mis le Polonais en difficulté et au bout du compte, sa consécration ne souffre d’aucune contestation.
« James a réalisé un superbe parcours dans cette compétition. Son premier combat l’a mis en confiance et il a surtout bien écouté les consignes. Qui plus est, sa condition physique a fait la différence », affirme Judex Jeannot. Comme quoi, James Agathe ne peut en aucune façon regretter son choix d’avoir pris ses distances pour revenir dans sa discipline de prédilection.
Reste qu’une certaine déception règne dans le camp mauricien vu que Burtlan Simiss et Facson Perrine avaient également l’occasion de connaître l’euphorie du sacre. Opposé au Kazakh Nurken Tulegenov, le premier nommé, selon l’entraîneur national, a paru trop crispé pour mettre à mal un adversaire chevronné. « Il s’est incliné d’un point. Encore un low-kick bien délivré, et il aurait fait la différence. Toutefois, il en était à sa première finale et il lui était difficile de lui demander plus », soutient Judex Jeannot. Par contre,
Facson Perrine n’a jamais pu s’exprimer pour sa première finale mondiale. D’entrée de jeu, le Serbe Aleksandar Konovalov tentait un pari audacieux en lançant un coup de pied circulaire. Pari réussi, car il atteignait Perrine en pleine tête. Ce dernier était compté par l’arbitre, mais avait des difficultés à retrouver ses esprits. Le Serbe maintenait alors la pression aux points et l’arbitre n’avait d’autre alternative que de mettre un terme au combat dès le round initial.