Ce n’était pas l’accueil en grande pompe de 2013 quand Fabrice Bauluck et James Agathe revenaient de leur campagne victorieuse du Brésil. Au défilé, hymne national et la présence de quelques hautes personnalités du pays ont succédé cette fois un accueil plus sobre et intime, même si les jeunes des clubs de Beau Vallon et de Quatre Soers n’ont cessé de créer l’ambiance en attendant l’arrivée de la délégation de kick-boxing, notamment celle de Fabrice Bauluck qui, magnifique trophée en main et médaille autour du cou, a difficilement pu se frayer un passage pour se retrouver en dehors de l’aérogare, hier en fin d’après-midi.
L’attente a été longue, d’autant que l’avion en provenance de Dubaï avait accusé environ une demi-heure de retard. Qui plus est, le désormais double champion du monde seniors avait oublié son passeport dans l’avion. En attendant, un comité d’accueil avait été institué avec des bouquets pour tous les membres de la délégation, tandis que l’épouse et les proches de Fabrice Bauluck ne cessaient de recevoir des félicitations.
Kelly-Ann avoue avoir vécu le combat de son époux avec beaucoup d’intensité et d’émotion via son cellulaire. « Quand je l’ai vu en action, puis s’imposer, j’ai pensé à tous les sacrifices qu’il a dû encourir pour décrocher ce nouveau titre. Je suis vraiment très fière de lui, d’autant qu’il a pu s’offrir un si beau cadeau d’anniversaire pour ses trente ans. » À ses côtés, son fils, Klinswaynn, tout aussi heureux que son voeu se soit réalisé. Lui qui avait demandé à son père de lui ramener une médaille.
Ce sera donc aux alentours de 18h30 que la délégation fera son apparition, avec Fabrice Bauluck à sa tête. Tout un chacun voulait alors se prendre en photo avec lui ou toucher son trophée et sa médaille. Il en était de même pour James Agathe, tout heureux de sa médaille de bronze. Reste que le champion du monde pouvait savourer ces moments, après être passé par tous les états d’âme lors de cette compétition relevée.
« J’ai connu beaucoup de pression et c’était très dur sur tous les aspects. Aujourd’hui, je suis fier d’être de nouveau le meilleur de ma catégorie et que ces deux années de préparation ont porté leurs fruits. » Toutefois, Fabrice Bauluck ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « Rendez-vous aux prochains Mondiaux dans deux ans. Mais je demeure conscient que ce sera encore plus dur et qu’il me faudra demeurer sur mes gardes. »
Quant aux autres tireurs, ils n’affichent pas de regrets, à l’instar de James Agathe. « J’étais certes blessé au poignet, mais le Serbe a fait montre d’une meilleure tactique et d’une plus grande intelligence. » Ou de Jessica Jocelyn, qui a frôlé la qualification pour les demi-finales, synonyme de podium. « Cela s’est joué de peu face à la Hongroise. C’est dommage, mais cette compétition m’a permis de constater mes lacunes. » Quant à Bryan Jameer et Boris Brissonnette, ils demeurent conscients qu’ils sont tombés sur plus forts qu’eux et que cette échéance leur a permis de gagner en expérience.
Le bonheur se lisait également sur le visage d’Isabelle Jeannot, présidente de la fédération, et le soulagement sur celui de l’entraîneur national, Judex Jeannot. Le kick-boxing avait de nouveau apporté de l’éclat dans le ciel parfois morose du sport local.