La FMKBDA (Fédération mauricienne de Kick-Boxing et des Disciplines Assimilées) entame sa saison 2013 avec la tenue d’une première compétition le 2 février, au gymnase James Burty David, à Trou-aux-Cerfs, à Curepipe. Un tournoi à cachets qu’organisera le comité régional de la ville, en collaboration avec la mairie et sous l’égide de la fédération. Ce tournoi devait mettre en jeu un chèque de Rs 10 000 pour la catégorie 52-56 kg, mais les dirigeants ont finalement décidé de diviser la somme en deux tranches, apportant ainsi une motivation supplémentaire aux tireurs des catégories 68-74 kg.
La nouvelle saison débutera avec un tournoi relevé et le moins que l’on puisse dire, c’est que tous ceux aspirants à une participation à la Coupe du monde de la WAKO (World Association of Kick-Boxing Organisation), en mai prochain ( du16 au 19), en Hongrie, n’auront pas le droit à l’erreur. Selon le président de la fédération, Jérémie Rousseau, ce tournoi sera donc déterminant pour certains tireurs. « A partir de ce tournoi, qui sera du reste très relevé, certains critères seront pris en considération pour la sélection des tireurs en vue de la Coupe du monde », a-t-il déclaré. Il a ajouté que l’entraîneur national, Judex Jeannot, a déjà sa petite idée sur les tireurs qui sont susceptibles de faire partie de la délégation. Des tireurs sur qui il a un oeil attentif depuis un certain temps. Avec cette délégation, il se peut qu’un élément féminin fasse le déplacement.
Pour ainsi bien préparer la Coupe du monde, la fédération a prévu de se déplacer à Madagascar, très probablement à la mi-mars, pour un échange avec les Malgaches et les Réunionnais également. « Cette rencontre sera bénéfique pour ceux retenus pour la Coupe du monde », a expliqué Jérémie Rousseau. En avril, soit le samedi 20, Le Caudan organisera une compétition en collaboration avec la FMKBDA, avec la participation des Malgaches et Réunionnais. Ce sera du reste le dernier test avant que ceux retenus pour la Coupe du monde ne mettent le cap sur la Hongrie. « Par là-même, nous aurons une idée plus précise de la valeur de nos boxeurs. Car il ne faut pas oublier qu’avant d’aller aux Championnats d’Afrique, l’année dernière, à Madagascar, nous avions fait un déplacement en Afrique du Sud qui nous avait permis de voir le niveau de nos tireurs à l’échelle internationale », a fait remarquer Jérémie Rousseau.
Grosse pression sur les tireurs
Selon ce dernier, les tireurs sont tous très motivés après avoir écouté le discours de Judex Jeannot lors du grand rassemblement du 13 janvier dernier, à Roche Brunes. « Judex a bien fait comprendre qu’aucune place n’est réservée et que n’importe qui peut prétendre à une place dans la sélection. Il y a une grosse pression dans le sens où ceux aspirant à la sélection auront à le prouver », a expliqué le président de la fédération.
Quant à savoir combien de tireurs seront retenus pour le déplacement en Hongrie, Jérémie Rousseau a indiqué que rien n’est décidé. Il a ajouté que si les tireurs sont prêts, il se peut que cinq où six athlètes fassent le déplacement. « Mais au cas où un seul tireur satisfait les critères, nous n’enverrons qu’un seul. Car nous ne sommes pas de ceux qui participent à une compétition pour faire de la figuration. Quand nous participons, c’est pour gagner des médailles », a-t-il fait ressortir.
Le président de la fédération a aussi souligné que le calendrier a déjà été soumis au ministère de la Jeunesse et des Sports depuis fin 2012 et qu’une rencontre était prévue en fin de semaine avec les officiers de ce ministère. « Le ministre a félicité la fédération de kick-boxing pour le travail accompli lors de la récente rencontre avec les fédérations. Il a également dit qu’il sera là pour nous épauler, cette année. J’espère qu’on pourra compter sur ce soutien pour faire avancer nos différents projets », a précisé Jérémie Rousseau.
Un appel d’aides aux firmes privées
En parlant de soutien financier justement, ce dernier a lancé un appel aux firmes privées, afin qu’elles apportent leur soutien au kick-boxing, que ce soit à travers des short ou long term partnerships. « Le kick-boxing a fait ses preuves au niveau national et international. Malgré le peu de moyens, nous continuons à former des jeunes et aidons aussi à donner un sens à leurs vies. Le ministère nous aide, mais ce n’est pas suffisant pour nous donner les moyens de construire des centres et accompagner nos tireurs », a souligné notre interlocuteur.
Jérémie Rousseau trouve dommage que les compagnies privées ne s’investissent pas assez dans le développement du sport. « En lisant les journaux, nous voyons que beaucoup de compagnies font de gros profits. Nous pensons ainsi qu’elles pourraient étendre leur soutien au-delà des traditionnels dons d’équipements. A titre d’exemple, nous pensons qu’un short terme partnership pour préparer la Coupe du monde serait d’un très grand soutien. » Selon lui, les tireurs pourraient bénéficier de fortifiants, car cela leur coûte une petite fortune, dans la mesure où ils doivent puiser de leurs poches. Qui plus est, a ajouté le président de la fédération, les tireurs engrangent un gros volume d’entraînement de trois heures le matin et de trois heures le soir.
Notre interlocuteur trouve triste que la fédération se heurte très souvent à un refus de la part des compagnies privées dans leur démarche de trouver un partenaire financier. « Ce n’est guère facile pour un jeune de travailler comme maçon et faire autant de sacrifice sans qu’il bénéficie pour autant du soutien nécessaire. Si nous avons davantage de soutien, je reste convaincu que nous ferons davantage honneur au pays. Je souhaite que les compagnies privées réagissent positivement à notre appel, afin que le kick-boxing puisse atteindre d’autres objectifs », a-t-il conclu.