Les héros de Skopje se sont longtemps fait attendre hier après-midi. Le vol provenant de Paris initialement prévu à 13h40 était dans un premier temps repoussé à 15h45 pour finalement atterrir à Plaisance à 16h25. À son bord, les deux médaillés des derniers championnats du monde de kick-boxing, à savoir Fabrice Bauluck et Facson Perrine. Heureux de retrouver leurs proches, ils n’en conservent pas moins des regrets d’être passés si proches de la consécration lors de cette compétition qui s’est achevée samedi dernier en Macédoine.
Cette fois, contrairement au retour des championnats d’Afrique et de la Coupe du Monde, pas d’ambiance festive à l’aéroport. Un accueil simple mais ô combien chaleureux. Rien que Novin Gaya et Rajen Descann du ministère de la Jeunesse et des Sports, les dirigeants de la Fédération mauricienne de kick-boxing et disciplines assimilées (FMKBDA), les proches at amis des tireurs. En somme, ceux qui ont toujours cru au potentiel de ces derniers, à l’image de Jérémie Rousseau, président de la FMKBDA.
Un homme qui ne peut cacher son immense fierté devant la médaille d’argent acquise par Fabrice Bauluck et celle de bronze décrochée par Facson Perrine. « Fabrice a prouvé qu’un champion demeure un champion. Il a su sortir de lui-même pour retrouver ses sensations. Surtout pour évoluer sans complexe en finale face à un adversaire encore physiquement frais. Quant à Facson, il a réussi un des parcours les plus difficiles et aurait pu réaliser la surprise de ce tournoi. Quoi qu’il en soit, nous avons prouvé que nous pouvons rivaliser avec les plus grands. Avec le soutien nécessaire, nous pourrons faire encore mieux. » D’ailleurs, cette volonté de mieux faire se traduit dans les propos des deux médaillés qui ont déjà pris rendez-vous dans deux ans lors de la prochaine édition au Brésil.
Fabrice Bauluck se veut ainsi résolument confiant. « Deux années de préparation signifient deux années de progression. Cette fois, ce sera l’or. » Pourra-t-il en être autrement pour un tireur qui échoue pour la deuxième fois à l’ultime palier et qui se dit surtout heureux de n’avoir pas été incommodé par son problème à l’oeil.
De son côté, Facson Perrine, du haut de ses 18 ans, s’extasie d’avoir réussi avec brio son entrée dans la cour des grands. « Je m’entraînerais encore plus dur en vue de la prochaine édition. Je leur montrerais encore de quoi je suis capable, car je veux faire flotter le quadricolore », avance-t-il.
Reste que les regrets sont encore vivaces. « Pourquoi le Russe n’a-t-il pas écopé de points de pénalisation, alors qu’il s’accrochait à moi ? » se demande Fabrice Bauluck. « Je croyais en moi et la consécration était à portée de main », ajoute le double champion du monde juniors. « J’ai fait une fausse manoeuvre et je suis tombé. La décision de l’arbitre de me compter jusqu’à dix est incompréhensible. J’aurais certainement mené la vie dure au Russe si le combat avait continué », insiste de son côté Facson Perrine.
Quant à l’entraîneur national, Judex Jeannot, qui a fêté son 51e anniversaire dans l’avion du retour, il veut vite évacuer cette déception. « Nous avons certes perdu face à des monuments, mais dans des conditions douteuses. Néanmoins, nous avons prouvé que nous possédons la qualité. D’ailleurs, si quelqu’un mérite d’être champion du monde, c’est bien Fabrice qui possède de la classe et de la maturité. »
Si les deux médaillés reçoivent guirlandes et bouquets, leur compagnon d’armes James Agathe n’a pas vraiment l’esprit à la fête. Lui qui a été sorti dès le premier tour par un Croate et qui s’interroge encore sur le verdict de ce combat. « Je croyais avoir gagné, car le Croate n’était pas un adversaire de taille. » Visiblement déçu, il s’interroge sur la suite de sa saison et avoue son indécision quant à sa participation à un gala à l’île de La Réunion le mois prochain.
Toutefois, il demeure certain que James Agathe reviendra vite au premier plan. D’autant qu’au sein du petit monde du kick-boxing mauricien, la devise est simple. On ne s’éternise pas devant un succès ni devant un échec…