Cette fois, Fabrice Bauluck n’a pas raté son rendez-vous avec l’événement. Diminué par une blessure à l’oeil et éliminé en quarts de finale de la Coupe du Monde deux ans de cela, le tireur mauricien se retrouve cette fois sur la plus haute marche du podium.
En action dans la catégorie -54 kg en style low-kick, Fabrice Bauluck a justifié les espoirs placés en lui lors de cette compétition de kick-boxing tenue au Icehall de Szeged en Hongrie. Dans le camp mauricien, la médaille de bronze acquise par Boris Brissonnette chez les -71 kg demeure également une grosse source de satisfaction.
Fabrice Bauluck confirme donc sa place dans la cour des grands, six mois après avoir décroché la médaille d’argent aux championnats du monde en Macédoine. Cette fois, il a bénéficié d’un tirage au sort favorable en se retrouvant directement en demi-finales. Face à lui se dressait le Serbe Dajel Bogtanovic. Reste que le Mauricien a maîtrisé ce combat de bout en bout et que son succès à l’unanimité des juges ne souffre d’aucune contestation.
« C’était clair et limpide. Fabrice a dominé ce combat de bout en bout, et ce succès n’a pu que le mettre en confiance en vue de la finale », avance Jérémie Rousseau, président de la Fédération mauricienne de kick-boxing et disciplines assimilées (FMKBDA) et responsable de la délégation en Hongrie.
Restait alors l’étape finale et décisive. Avant de défier le Biélorusse Skiba Siarhei, Fabrice Bauluck avait bénéficié au téléphone des consignes de l’entraîneur national, Judex Jeannot. Motivé à fond, il pouvait alors réussir son pari.
« Ce n’était pas évident face à un adversaire qui pouvait être qualifié de véritable guerrier. Toutefois, Fabrice a évolué en contres et son expérience lui a permis de faire la différence. À mon avis, il a gagné haut la main et a réalisé par là même un parcours exceptionnel dans cette compétition », soutient Jérémie Rousseau. Cette consécration se veut donc une motivation supplémentaire pour un tireur qui n’a jamais baissé les bras malgré cette blessure récurrente à l’oeil et le fait de se déplacer à moto de Mahébourg à Rose-Hill pour ses séances d’entraînement.
D’ailleurs, Judex Jeannot, qui le qualifie volontiers d’artiste du ring, a toujours cru en son potentiel. Tout comme Philippe Hao Thyn Voon, qui n’a pas hésité à lui offrir à la veille de son départ pour la Hongrie un emploi de storekeeper au sein de son entreprise PAD & Co. Ltd.
Dans cette optique, le vice-premier ministre et ministre des Finances, Xavier Duval, dans une déclaration au Mauricien ce matin, avait salué l’initiative de cette entreprise, tout en faisant ressortir que le dernier budget avait fait état des moyens à être accordés aux sportifs dans le cadre de leur préparation à des compétitions internationales.
Le bronze pour Brissonnette
L’or pour Fabrice Bauluck et l’agréable surprise avec le bronze acquis par Boris Brissonnette. Voilà un tireur qui a brillé d’emblée pour sa première compétition au niveau mondial. D’ailleurs, face au Biélorusse Pravadhynski Pavel en quarts de finale vendredi, il réalisait le K.O. à la troisième reprise. Le temps de trouver ses marques, et le voilà qui réalisait l’exploit pour être assuré d’une place sur le podium.
En demi-finales le lendemain, il croisait le fer avec le Serbe Aleksander Topic. Il s’en était fallu de peu que ce combat n’aille pas à la limite suite à une blessure à l’arcade sourcilière du Serbe. Au bout du compte, ce dernier faisait la différence aux points.
« Boris, c’est la force tranquille. Lors de ce premier combat, il a pris les devants au deuxième round et a insisté sur ses directs. Sa force de frappe lui a permis d’expédier son adversaire au tapis », fait ressortir le président de la FMKBDA.
Et d’ajouter : « En demi-finales, il n’a jamais baissé les bras, tout en faisant montre de courage et de volonté. C’est un combat dont il se souviendra longtemps encore. L’avenir lui appartient, mais il lui faudra corriger quelques lacunes, notamment en offrant une boxe plus fluide et en travaillant davantage ses déplacements. »
Par contre, la déception est venue de Facson Perrine, qui avait connu une saison 2011 euphorique et qui cette fois a quitté prématurément la compétition dès les huitièmes de finale. Et ce, face à un Polonais qui paraissait a priori à sa portée.
Toutefois, Jérémie Rousseau admet que l’arbitrage n’était pas à la hauteur. « C’était le tout premier combat de la compétition. Facson était favori, mais les juges en ont décidé autrement. Je dois également reconnaître qu’il n’était pas à 100% de ses possibilités. Quoi qu’il en soit, cette défaite nous avait fait très mal et il fallait remotiver les deux autres tireurs. »
Au bout du compte, la suite des événements sera nettement plus favorable dans le camp mauricien.