Facson Perrine et les championnats d’Afrique de kick-boxing, cela commence à devenir une belle histoire d’amour. Voilà la troisième fois en autant de participations que le tireur originaire d’Orange à Rodrigues se retrouve sur le toit continental. Malgré des conditions difficiles au Cameroun et des adversaires tout aussi envieux de décrocher le métal précieux, le représentant mauriciens dans la catégorie -63,5 kg a su trouver les arguments nécessaires pour forcer la décision en sa faveur. Il a ainsi décuplé sa confiance à moins d’un mois de la tenue de la Coupe du Monde, où il aspire cette fois à la consécration.
De retour à la compétition internationale, après sa médaille d’argent acquise aux championnats du monde en octobre de l’année dernière, Facson Perrine était conscient qu’il n’avait pas droit à l’erreur. « Je voulais gagner pour tous ceux qui ont cru en moi et qui m’ont fait confiance. Je pensais également à tous les sacrifices encourus, comme le fait de courir de Curepipe à Roches Brunes afin que je puisse respecter mon poids. Au bout du compte, avec cette médaille autour du cou, je ressens un immense soulagement, tout en étant heureux d’avoir pu ramener le sourire dans le camp mauricien ».
Un sacre attendu certes, mais loin d’être aisé et qu’il dédie à sa famille, notamment son frère Jean-Patrick, en stage dans la force policière, Jérémie et Ketty Rousseau qui l’hébergent pendant son séjour à Maurice, à ses entraîneurs, aux membres de la fédération, au Trust Fund for Excellence in Sports, aux responsables du MITD où il suit des cours en boucherie et à son employeur à l’épicerie de Floréal.
Tiré directement en demi-finales, Facson Perrine trouvait sur sa route une connaissance, soit le Gabonais Ella Assoumou, qu’il avait poussé à l’abandon pour l’obtention de la ceinture intercontinentale l’année dernière. « Afin d’aborder ce combat dans les meilleures conditions, j’avais fait le vide autour de moi en coupant tout contact avec l’extérieur. J’avais revu le film de notre première confrontation dans la tête et je savais que le Gabonais était avide de revanche et avait accompli des progrès ».
À l’arrivée, les trois juges tranchaient en faveur de Perrine, qui disputait alors le titre face au Congolais Puluwe Moke. Ce fut à partir de la deuxième reprise qu’il prenait l’ascendant sur son adversaire. « J’avais accentué la pression et il avait été touché à la tête pour être ensuite compté. Il devait également perdre son protège-dents. Même si j’étais largement en tête au troisième round, j’ai continué à me donner à fond », souligne-t-il.
Ce troisième titre en poche, Facson Perrine avance que le deuxième aura été le plus ardu à obtenir. « À Madagascar en 2012, je devais perdre six kilos, car mon déplacement était incertain. J’étais donc fatigué, mais j’ai su boxer intelligemment pour faire la différence ». Son palmarès étoffé, il a maintenant braqué son objectif sur la Coupe du Monde. Une échéance où il espère briller de mille feux après une défaite au couteau face à un Russe en finale l’année dernière.
« L’or à la Coupe du Monde, ce sera mon objectif de cette saison. Il n’y a rien de plus beau que de se retrouver sur la plus haute marche du podium et d’entendre l’hymne national », fait-il remarquer. Pour y parvenir, Facson Perrine, déjà motivé à bloc, voudra mettre tous les atouts de son côté pour se jeter à fond dans la bataille.