James Agathe confirme sa montée en puissance. Champion du monde de kick-boxing au Brésil en octobre de l’année dernière, le tireur de la catégorie -81 kg a encore frappé fort lors de la Coupe du Monde tenue à Szeged en Hongrie. Une troisième médaille d’or après celles acquises en 2010 et 2011 qui vient étoffer son palmarès. Au bout du compte, la moisson aura été florissante pour la délégation mauricienne, avec la médaille d’argent décrochée par Burtlan Simiss chez les -51 kg et les médailles de bronze obtenues par Fabrice Bauluck (-54 kg) et Facson Perrine (-63,5 kg).
« Mission accomplie. Nous avons fait le boulot, malgré quelques décisions arbitrales défavorables. Les gars sont déjà motivés pour faire le plein de médailles d’or au cours de la prochaine édition. Le défi est déjà lancé », se réjouissait ce matin Jérémie Rousseau, président de la fédération et responsable de la délégation.
La grosse satisfaction demeure donc James Agathe, qui a justifié son titre mondial. D’autant que face à lui se dressait l’impressionnant russe Aleksandr Drobinin en finale. « Nous redoutions cet adversaire, car le Russe se trouvait être un tireur de classe. Un superbe athlète, sans réellement de déchets dans sa boxe. Les consignes étaient que James fasse un impact d’entrée et qu’il mise sur sa puissance. Il lui fallait ainsi cogner fort », explique Jérémie Rousseau.
De ce fait, le tireur d’origine rodriguaise prenait les devants dès la première reprise, mais Drobinin renversait la situation au dernier round grâce à un coup de pied retourné. Cependant, James Agathe revenait à la charge et forçait la décision en sa faveur à la majorité des juges (2-1). Pour l’entraîneur national, Judex Jeannot, ce succès était largement mérité. « J’ai vu un autre James depuis son retour de la boxe anglaise. Il avait acquis une confiance accrue et était sûr de ses possibilités. Le fait d’avoir dominé ce Russe, que je peux qualifier de tireur hors du commun pour l’avoir vu en action, demeure une remarquable performance ».
Pour rappel, en quarts de finale, vendredi, James Agathe avait été expéditif face au Polonais Michal Nhczka en l’envoyant au tapis dès la deuxième reprise. Le lendemain, il remportait sa demi-finale à l’unanimité des juges (3-0) aux dépens du Serbe Viktor Subic.
Par contre, Burtlan Simiss et Fabrice Bauluck n’ont pu maintenir leur suprématie acquise lors de la dernière édition. Le premier nommé a de nouveau chuté en finale face au Kazakh Nurken Tulegenov, soit celui qui l’avait privé du titre mondial l’année dernière. Toutefois, Jérémie Rousseau maintient haut et fort que Simiss méritait la consécration. « C’était du mauvais arbitrage, car nous nous sommes fait voler. Je m’en suis d’ailleurs pris aux officiels de table, car Burtlan a livré un meilleur combat que son adversaire et méritait logiquement de gagner ». Reste que Simiss a effacé sa déception des derniers championnats d’Afrique, si on tient en considération son succès obtenu en demi-finales aux dépens du Russe Aiaal Mestmikov.
Quant à Fabrice Bauluck, champion du monde en exercice, il n’alignera pas un troisième sacre consécutif dans cette compétition. La faute au Russe Armen Arutyunov, soit un adversaire qu’il avait déjà battu à la Coupe du Monde et aux Mondiaux. Toujours est-il que le verdict de cette demi-finale a rendu perplexe Jérémie Rousseau. « Même si à mon avis Fabrice n’a pas évolué à son meilleur niveau, il a réussi des enchaînements qui ont déstabilisé son adversaire. Le Russe n’a néanmoins pas cédé, et il nous faut accepter le verdict ».
Déception également pour Facson Perrine qui, après deux succès en deux heures vendredi, n’a pu disputer la demi-finale face au Serbe Aleksandr Konovalov le lendemain. Avec une enflure au niveau de sa cheville contractée lors de sa première sortie, il était incapable de marcher. Qui plus, il avait affreusement mal à la tête et le camp mauricien a préféré ne pas prendre de risques. De ce fait, Perrine devait à contrecoeur renoncer à ce combat revanche face à celui qui l’avait dominé en finale des Mondiaux.