Les tireurs mauriciens seront-ils en action au cours des championnats du monde de kick-boxing dont le coup d’envoi est prévu mardi prochain ? Valeur actuelle, cette participation est suspendue à une décision de la police fédérale de São Paulo au Brésil afin que le visa des membres de la délégation soit étendu jusqu’à la fin de leur séjour.
Depuis hier matin, les deux dirigeants et les cinq tireurs ne bénéficient que d’un visa provisoire de trois jours. Si ce visa n’est pas étendu, il va de soi que toute la délégation aura à prendre le vol retour vers Maurice dans les plus brefs délais. Pour rappel, cette situation s’est enclenchée à l’arrivée de la délégation à São Paulo lundi dernier. Les documents pour l’octroi de visas n’étant pas complets, elle a été interdite d’accès dans un premier temps, avant de se retrouver en garde à vue à l’aéroport pendant seize heures. Au bout du compte, elle a bénéficié du visa provisoire et a ensuite gagné son lieu de résidence à Guaruja.
« À notre arrivée à l’aéroport, nous avons beau fait comprendre aux responsables du service de l’immigration que nous sommes venus à une compétition internationale, avec preuves à l’appui. Un premier officier s’est montré intransigeant et insistait pour que nous soyons déportés sur le champ. Un autre s’est montré plus conciliant et nous avons essayé de nous faire comprendre pendant plus d’une heure. Par la suite, les contacts ont été établis avec la police fédérale », nous a relaté Allen Naraidoo, responsable de la délégation.
S’il se dit traumatisé d’avoir été séquestré dans une salle, avec trois policiers à l’extérieur, le vice-président de la Fédération mauricienne de kick-boxing et disciplines assimilées (FMKBDA) maintient qu’il faudra désormais se montrer fort convaincant dans les négociations. « Il s’agira de persuader la police fédérale. Toutefois, la partie n’est pas encore gagnée », reconnaît-il.
De son côté, l’entraîneur national, Judex Jeannot qualifie la situation actuelle de « stressante, accablante et épuisante. » Et d’ajouter ironiquement : « Nous sommes des prisonniers en liberté. » Tout en se retrouvant pour la première fois devant une telle situation, il se demande où se situent les torts. À hier en fin de matinée, une rencontre était prévue avec Paolo Zorello, président de la Fédération brésilienne de kick-boxing, de même qu’une première visite au commissariat. Quant aux tireurs, ils ont livré une première séance d’entraînement hier matin et tentent de s’habituer au décalage horaire. « Ils tentent de récupérer, mais ils sont affectés psychologiquement », soutient Judex Jeannot.
Si les membres de la délégation se retrouvent sur des charbons ardents, les dirigeants de la FMKBDA partagent la même angoisse. « Nous continuons à multiplier les démarches, car la situation est préoccupante. Il faut tout de même que les responsables de la délégation s’activent, car le temps presse », affirme de son côté Jérémie Rousseau, président de la FMKBDA.
Les heures qui suivent seront donc décisives, car tout scénario catastrophe jetterait un sérieux blâme sur une fédération qui avait mis tous les atouts de son côté pour se retrouver au haut de la vague lors de cette échéance mondiale.