Cette fois, il était définitivement le centre d’attention. À l’aéroport de Plaisance hier après-midi, la petite famille du kick-boxing local n’avait d’yeux que pour Facson Perrine et sa ceinture intercontinentale acquise au Gabon dimanche dernier lors des Internationaux de Libreville. Touché par cet accueil, le tireur d’origine rodriguaise dédiera d’ailleurs ce succès obtenu avant la limite aux dépens du Gabonais Anguy Assoumou à tous ceux qui ont cru en lui et qui l’ont soutenu dans le cadre de ce combat chez les pros dans la catégorie -66,8 kg.
À sa sortie de l’aérogare, avec la ceinture bien en évidence et précédant l’entraîneur national, Judex Jeannot, Facson Perrine était accueilli au rythme de la ravane. Guirlandes et bouquets de fleurs étaient alors offerts à celui qui a su justifier les espoirs placés en lui. Aujourd’hui, on mesure la portée de sa prestation. « Comme c’était un combat chez les pros, j’ai évolué sans casque et sans protège-tibia. Uniquement la coquille comme protection. Toutefois, je voulais gagner ce combat et j’ai tout donné d’entrée. Mon adversaire a chancelé sous mes coups et s’est agrippé à moi. Il a ainsi été averti. Cela aurait pu être le K.O. dès le deuxième round », relate-t-il. Au fait, ce sera au round suivant que l’arbitre coréen mettra un terme à la confrontation sur disqualification du Gabonais.
Même s’il a obtenu une prime d’environ Rs 85 000, on ressent surtout chez Facson Perrine la fierté d’avoir décroché cette ceinture. « C’est comme un rêve qui s’est réalisé. Quand j’étais en stage en Thaïlande, je voyais les vainqueurs obtenir une ceinture et je rêvais secrètement de vivre une telle expérience. C’est fait aujourd’hui, et j’en suis vraiment heureux. »
Heureux également d’avoir pu être à la hauteur des attentes placées en lui. « Avant mon départ pour le Gabon, j’avais pu parler à ma mère et ses paroles m’ont davantage motivé. Au fait, je voulais gagner pour elle, mon parrain, mes entraîneurs, mes coéquipiers et les membres de la fédération. C’est pour eux que j’ai combattu. » Reste que tous ces sentiments d’euphorie ne l’éloignent pas outre mesure de son objectif primordial de la saison que sont les championnats du monde. Au Brésil en septembre, Facson Perrine s’attend de nouveau à se retrouver sous le feu des projecteurs.
Toujours est-il que cette incursion chez les pros peut ouvrir de nouveaux horizons. Comme l’a d’ailleurs confirmé Éric Ella, président de la Fédération gabonaise de kick-boxing, à Judex Jeannot. « L’intention sera de lancer un circuit pro en Afrique. Cela s’annonce intéressant, mais il faudra de l’encadrement et du sérieux. Reste que la fédération gabonaise compte abriter un autre événement d’ici deux mois », fait ressortir l’entraîneur national.
Relatant le combat de Facson Perrine, ce dernier soutient qu’il a su relever le déi, même si la partie ne s’annonçait guère aisée de prime abord. « Je craignais l’arbitrage. Puis j’avais eu vent que la meilleure chance des Gaboanis de décrocher une ceinture résidait en Assoumou. Heureusement que ces craintes ne se sont pas justifiées, car Facson a évolué plusieurs crans au-dessus », souligne-t-il.
Quoiqu’il en soit, ce succès, aussi flatteur soit-il, ne constitue pas une finalité au niveau du kick-boxing local. L’ouvrage sera vite remis sur le métier afin d’aborder l’échéance mondiale dans les meilleures dispositions. Question d’être de nouveau accueilli avec tous les honneurs au retour au pays.