« Je suis affaibli psychologique. Par moment, je suis découragé, car croyez-moi, s’entraîner pendant deux mois sans mettre les gants est ce qu’il y a de pire pour un sportif de haut niveau. Cette épreuve me fragilise. Je commence même à me poser des questions sur mon avenir. Ma vie est devenu stressante », déclarait Fabrice Bauluck à Week-End, en 2010. Quelques mois avant, il avait pris un mauvais coup à l’oeil gauche à la Coupe du monde en Hongrie et depuis c’est le calvaire. Mais grâce à son moral d’acier et surtout à l’encadrement de la fédération, Fabrice Bauluck est revenu plus fort de l’enfer. Après avoir remporté la médaille d’argent aux Championnats du monde de la WAKO (World Association of Kick-Boxing Organization), l’année dernière en Macédoine, le Mahébourgeois a remporté, le 20 mai, en Hongrie, la finale des moins de 54 kg à la Coupe du monde, en disposant du Biélorusse Skiba Siarhei.
C’est une belle revanche qu’a pris Fabrice Bauluck sur le sort et ce, après avoir été incapable de boxer pendant plus d’une année. Car il faut reconnaître que tout n’a pas été rose au cours de ces derniers mois. Même l’entraîneur national, Judex Jeannot, déclarait à un moment donné, qu’il ne savait plus si le problème allait être résolu. Pourtant, Fabrice Bauluck avait retrouvé ses bonnes sensations à la suite d’une victoire lors de la rencontre Maurice-Afrique du Sud fin 2010 et déclarait même: « Ce combat, cette victoire, m’a redonné confiance. J’ai retrouvé mes sensations et cela m’a énormément aidé au niveau psychologique. »
Toutefois, il devait de nouveau être en proie des doutes après avoir pris des coups à l’entraînement quelques jours seulement après la reprise en janvier 2011. Il n’empêche que Fabrice Bauluck ne baissa pas les bras, malgré cet handicap. « Je fais de mon mieux actuellement pour que ce problème ne m’affecte pas psychologiquement. Car il est très important que je reste concentré sur mes objectifs. C’est toujours agaçant d’avoir de tel problème, alors qu’on est déjà dans le rythme. Cela a du reste perturbé ma préparation. Mais que voulez-vous, cela fait partie du sport », faisait-il remarquer dans une déclaration à Week-End à la fin de janvier 2011.
Aux Championnats d’Afrique en mars, à Libreville, au Gabon, Fabrice Bauluck remportait la médaille d’or. Mais pas de chance pour le double champion du monde juniors (2004 et 2006) qui rechutait tout juste après, étant ainsi obligé à faire une croix sur la Coupe du monde de 2011. Mais contrairement à 2010, Fabrice Bauluck garda espoirs. Et il n’a pas eu tort. Bénéficiant de la confiance sans faille de Judex Jeannot, Fabrice Bauluck s’est donné le temps qu’il faut pour retrouver le haut niveau et surtout se soigner. La suite, on la connaît. Il a remporté la médaille d’argent aux Championnats du monde seniors, alors que pour l’entraîneur national est d’avis que son poulain méritait l’or.
Il n’empêche qu’au sein de la fédération, on n’est pas pour autant découragé, puisque l’objectif est de remporter le précieux métal, lors de l’édition 2013. Dans l’entourage de Fabrice Bauluck, on y croit fortement dans les qualités du Mahébourgeois, car depuis 2004, Fabrice Bauluck n’a fait que progresser et a su surtout justifier la confiance placée en lui. On se souviendra d’ailleurs qu’avant de participer aux Championnats du monde junior en 2004, il n’était pas favori pour une médaille. Le choix numéro un de la fédération était Niven Ramasubhu. Mais au finale, c’est Fabrice Bauluck qui a percé. Alors pourquoi 2013 ne serait-elle pas la bonne ?