La grande question que toute l’île Maurice se pose depuis une semaine est de savoir qui a fauté dans l’affaire de visa pour les Championnats du monde de la World Association of Kick-Boxing Organization (WAKO) qui débute aujourd’hui à São Paulo, au Brésil. A ce stade, seul le ministre de la Jeunesse et des Sports, Devanand Ritoo, a indirectement pointé du doigt la Fédération mauricienne de Kick-Boxing et des Disciplines Assimilées (FMKBDA) dans cette affaire. A notre niveau, il est clair que le principal responsable dans cette affaire n’est nul autre que la FMKBDA et plus particulièrement le chef de délégation, nommément le Dr Allen Naraidoo.
C’est un véritable cauchemar qu’ont vécu les cinq tireurs mauriciens qui ont mis le cap, samedi et dimanche dernier, sur São Paulo, au Brésil, en passant par Johannesburg, Afrique du Sud. Après les multiples démarches entreprises par le ministre Ritoo auprès de l’ambassadeur mauricien à Washington aux États-Unis, nommément Somduth Soborun, et par le ministre de Finances, Xavier Duval, qui assurait l’intérim au ministère des Affaires Étrangères, les tireurs et les deux accompagnateurs ont pu bénéficier, dans un premier temps, d’un visa temporaire de trois jours. Mais là également, ils n’étaient pas tirés d’affaires, puisque sans un visa permanent, ils risquaient l’expulsion pur et simple. Finalement, les choses ont pu s’arranger et les tireurs ont pu pousser un ouf de soulagement.
Au delà de toutes ces complications inutiles qui, nous maintenons avec force, auraient pu être évitées, il y a la pertinente question de celui qui a fauté. A ce titre d’ailleurs, dans un extrait des « guidelines » soumis aux fédérations par le MJS, on peut clairement lire: « The responsibility to initiate procedures for obtaining a visa for its athletes and officials rests with the Sports Federation itself. The Ministry assists Sports Federations by issuing a recommandation letter to appropriate authorities whenever applicable.  » D’ailleurs, la Fédération mauricienne de Volley-Ball, aussi bien que la Fédération mauricienne de Judo et des Disciplines Assimilées avaient participé en 2012 et cette année, à des compétitions au Brésil, après avoir fait le nécessaire en terme de visa.
Quoi qu’il en soit, ces quelques lignes toutes simples à comprendre font que c’est la FMKBDA qui doit endosser aujourd’hui seule la responsabilité dans cette affaire qui, n’hésitons pas à le dire, a porté un mauvais coup à l’image de cette discipline. La question que l’on se pose, c’est pourquoi les démarches nécessaires n’ont pas été entreprises, afin que la délégation obtienne un visa en bonne et due forme pour entrer au Brésil. Pourtant, ce n’est pas la première fois que la FMKBDA fait déplacer une équipe à l’étranger.
Le rôle et la responsabilité du Dr Allen Naraidoo mérite aussi d’être questionné, puisqu’en tant que chef de délégation, il aurait dû prendre les devants pour se procurer les documents nécessaires. Même si des complications administratives sont venues se greffer au dossier au niveau du MJS, faisant que les démarches ne soient abouties qu’à la dernière minute, le Dr Naraidoo aurait dû, en tant que professionnel respecté, faire le nécessaire pour éviter ces inconvénients. Et ce, peu importe si ce déplacement avait été ensuite annulé.
En ce qui concerne la fédération elle-même, nous estimons qu’elle n’a pas été aussi rigoureuse dans cette affaire. En tant que président, Jérémie Rousseau, a lui fauté pour n’avoir pas pris la peine de s’assurer auprès du chef de délégation que ce précieux document avait été obtenu. Car en tant que président responsable, il aurait dû veiller que tout soit au point avant que cette équipe ne mette le cap sur le Brésil. Un peu à l’image d’un père de famille soucieux de s’assurer que ses enfants voyage à l’étranger dans les meilleures conditions.
Au niveau du ministère de la Jeunesse et des Sports, on soulèvera deux points. D’abord, celui d’avoir laissé dormir, dans un tiroir, un dossier qui avait été déposé un mois de cela. Ce n’est certes pas une nouveauté au MJS, mais toujours est-il qu’il est grand temps que le ministre Ritoo trouve des solutions pour mettre fin à ce genre d’attitude, voire cette lenteur administrative. L’autre point clé, en se référant aux guidelines, est que les officiers du MJS doivent désormais s’assurer que tous les papiers sont en règles avant de donner le feu vert pour un déplacement.
Il y a exactement deux semaines, nous défendions, dans ces mêmes colonnes, la cause de la FMKBDA quant au retard pris sur ce dossier au MJS. De plus,cette fédération devait trouver la somme manquante de Rs 167 000. Il a ainsi fallu l’intervention d’une compagnie privée pour alléger les frais et permettre ainsi au déplacement de cette équipe au Brésil. Après avoir pris position sur cette affaire,  il était de notre devoir – comme cela a toujours été le cas – de remettre les choses à leurs places en prenant, cette fois, position pour dénoncer cette faute professionnelle commise par une fédération qui était jusque-là sans reproche. Une faute qui aurait même pu avoir des conséquences encore plus traumatisantes si les ultimes démarches n’avaient pas abouti.