Ils ont certes brillé lors de cette 21e édition de la Coupe du Monde de kick-boxing, mais leur appétit demeure insatiable. Aux championnats du monde prévus en Serbie fin octobre, les tireurs mauriciens voudront de nouveau se retrouver sous le feu des projecteurs.
Accueillis en grand pompe hier matin, les médaillés d’or (William Bouton, Fabrice Bauluck et James Agathe), le médaillé d’argent (Burtlan Simiss), en compagnie de leurs entraîneurs, Judex Jeannot et Patrick Mignonne, ont de nouveau démontré qu’ils demeurent les fleurons du sport mauricien.
Contrairement aux arrivées précédentes, la délégation mauricienne, de même que les membres de la fédération, parents et amis, ont eu cette fois droit aux honneurs du State Lounge. Très en verve, le Deputy Prime Minister, Xavier-Luc Duval, fera couler le champagne, tout en mettant l’accent sur les efforts et sacrifices consentis par les tireurs afin d’obtenir de si brillants résultats.
Pratiquant de cette discipline, il soulignera l’engagement du gouvernement pour la chose sportive. Et d’ajouter : « Il est important que la population reconnaisse les efforts des sportifs et que ces derniers puissent vivre dans un certain confort. De plus, le gouvernement ira de l’avant avec les terrains déjà alloués aux tireurs qui avaient brillé aux derniers championnats du monde. »
De son côté, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Yogida Sawmynaden, a fait ressortir qu’une aide est accordée à un maximum de disciplines, malgré un budget restreint. Tout en s’attendant à un coup de main de tout un chacun pour la réussite aux prochains Jeux des îles, il mettra l’accent sur le lancement prochain de cinq écoles de sport et l’idée que Maurice devienne un centre régional africain.
Si les tireurs et leurs dirigeants devraient bientôt être récompensés par le MJS, il n’en demeure pas moins qu’ils irradiaient de bonheur hier, à l’image du jeune William Bouton, qui a fait d’un coup d’essai un coup de maître à la Coupe du Monde. Lauréat de la catégorie -54 kg chez les juniors, le tireur d’Olivia était conscient que le sacre était à sa portée.
« Quand j’ai vu le Hongrois en action lors de la demi-finale, je savais que le coup était jouable. Certes, j’étais stressé lors du premier round de la finale, mais je me suis donné à fond par la suite. Les séances d’entraînement tenues avec Judex Jeannot et Steward Charlot m’ont été bénéfiques, de même que les conseils des tireurs de l’élite ». S’il avait raté le coche lors des derniers championnats du monde juniors, William Bouton, du haut de ses 17 ans, sera en quête de rachat lors de la prochaine édition en 2016.
De son côté, Fabrice Bauluck, après son échec de la dernière édition, a vite su rectifier le tir. Une troisième consécration et également la particularité de disputer la finale de la catégorie -54 kg face à son compagnon d’entraînement, Burtlan Simiss. « Ce fut un combat sans réelle pression. De par notre prestation, nous avons su marquer les esprits, car tout le public a applaudi à la fin du combat ». Reste que Fabrice Bauluck demeure conscient qu’il aura un titre mondial à défendre en octobre prochain. « Le moral est en hausse et j’estime que nous sommes sur la bonne voie. Le travail acharné devra continuer ».
Finaliste malheureux dans cette catégorie, Burtlan Simiss court de son côté après un premier sacre dans cette compétition. « La demi-finale était la finale pour moi. Le fait d’avoir évolué dans une catégorie supérieure et surtout d’avoir affronté Fabrice en finale me pousse à ne pas avoir de regrets ». Il tentera donc de se surpasser dans sa propre catégorie des -51 kg lors des Mondiaux.
Quant à James Agathe, il continue de séduire. Cela fait la quatrième fois qu’il survole les débats dans la catégorie -81 kg, mais le tireur est loin d’être saturé. « Chaque consécration me donne encore plus de satisfaction. Donc, je compte continuer à viser toujours plus haut ». Concernant ses deux combats, James Agathe soutient que par manque de sparring-partners à Maurice, il a manqué de repères lors du premier combat. Son efficacité et son réel niveau ont par la suite été révélés en finale.
Derrière le succès de ces tireurs, se trouve Judex Jeannot. Certes, l’absence des Russes et des Polonais ont quelque peu facilité ses plans, mais l’entraîneur national reconnaît le mérite de ses poulains. « Cette préparation date déjà de trois ans et ce sans-faute nous motive davantage. L’objectif demeurant à coup sûr les championnats du monde ».
S’agissant de la prestation de ses tireurs, il soutient que James Agathe a su faire parler son expérience, Fabrice Bauluck a su faire montre de précision et que Wiliam Bouton a gagné en expérience. De son côté, Patrick Mignonne, tout en remerciant Xavier-Luc Duval pour son soutien, souligne que ce genre de frottements ne peut qu’apporter un plus aux entraîneurs régionaux.