L’heure matinale (6h15) et la température hivernale n’ont en rien atténué les ardeurs de ceux venus accueillir les héros de la Coupe du Monde de kick-boxing de retour de Hongrie. À l’aéroport de Plaisance ce matin, représentants de la fédération de kick-boxing et du ministère de la Jeunesse et des Sports, parents et amis armés du quadricolore avaient voulu exprimer leur bonheur envers des tireurs revenus au pays avec une médaille d’or, une d’argent et deux de bronze. Le tout dans une ambiance de ségatorium, avec ravannes et djembés.
Loin de voler la vedette à ses coéquipiers, James Agathe fait montre de simplicité envers ceux venus lui donner l’accolade ou le féliciter chaleureusement. Sollicité de toutes parts, le tireur, avec la médaille d’or autour du cou et un trophée à la main, revit sans doute ses précédents sacres acquis dans cette compétition en 2010 et 2011.
« Comme d’habitude, l’accueil est chaleureux et je m’y attendais », lâche le champion du monde en exercice. Les retrouvailles avec son épouse Monika et ses proches sont chaleureuses, mais James Agathe a déjà les idées rivées vers d’autres projets. Il n’en dira pas plus pour l’immédiat, se contentant de vivre à fond les instants présents.
Le seul à être revenu les mains vides demeure Boris Brissonnette. Même s’il a connu la même mésaventure que lors des derniers championnats du monde, le tireur de la catégorie -71 kg ne compte pas jeter les armes pour autant. « Je suis certes déçu, mais je ne compte pas terminer ma carrière sur une telle note. Je veux encore prouver mon potentiel, mais je devrais être à 200% de mes possibilités lors des compétitions de la saison prochaine », lance-t-il avec conviction.
Cette même conviction anime Fabrice Bauluck, qui n’a pu maintenir sa suprématie dans la catégorie -54 kg et qui cette fois s’est contenté de la médaille de bronze. « Même si la déception est toujours présente, cette défaite doit être prise positivement. Elle me permet de me remotiver et de me remettre en question en vue de la saison 2015. Il me faudra donc réagir positivement, comme cela a été le cas tout au long de ma carrière ». Concernant sa demi-finale perdue face au Russe Armen Arutyunov, un adversaire qu’il avait déjà dominé en deux occasions, Fabrice Bauluck soutient que ce dernier a fait montre d’intelligence et qu’il a réagi trop tardivement à son changement tactique.
Par contre, tous les espoirs étaient permis pour Facson Perrine, surtout après ses deux succès réalisés en moins de deux heures vendredi dernier. Toutefois, une blessure à la jambe devait mettre fin à ses ambitions de consécration. « J’ai contracté cette blessure au cours du deuxième combat et elle me gêne encore. Néanmoins, j’ai pu obtenir ma revanche face à deux adversaires qui m’avaient battu à la Coupe du Monde et aux Mondiaux », souligne le médaillé de bronze. Reste que tout comme ses coéquipiers, il rêve de briller aux prochains championnats du monde. « C’est la seule compétition où je n’ai pas encore décroché l’or. Je suis définitivement motivé à réussir dans cette entreprise ».
Au bout du compte, la satisfaction devant le travail accompli prédomine. Les propos de Jérémie Rousseau, responsable de la délégation et président de la fédération, en attestent. « Trois entraîneurs russes sont venus nous féliciter pour notre prestation. Ils étaient stupéfaits devant la performance de tireurs d’un si petit pays. Nous avons su attirer les regards des grandes nations et la solidarité du groupe a également fait notre force. Sur le ring, il y avait un tireur et à l’extérieur du ring six personnes qui ne formaient qu’un et qui étaient de tout coeur avec lui ».
Karl Prosper, qui en était à sa première expérience en tant qu’entraîneur dans cette compétition, ne tarit également pas d’éloges sur cette prestation d’ensemble. « La famille du kick-boxing local doit être félicitée pour cette performance. Qui plus est, les deux Rodriguais, James et Facson, ont été à la hauteur. C’est sûr que le travail accompli par Judex Jeannot et les autres entraîneurs à Maurice, et par Jean-Claude Spéville à Rodrigues, porte ses fruits ».
L’élite a donc montré la voie. À la relève de faire maintenant ses preuves aux championnats du monde juniors en septembre.