On pensait à tort que le froid et l’heure matinale avaient fait fuir les plus audacieux pour l’accueil désormais traditionnel accordé à la délégation de kick-boxing. À 4h40 ce matin, soit dix minutes après l’atterrissage de l’avion en provenance de Francfort, le calme parfait régnait à l’aéroport de Plaisance. Toutefois, aux alentours de 5h15, l’ambiance montait de plusieurs crans avec l’arrivée des parents, amis et coéquipiers des tireurs. Banderoles, guirlandes et ravanes étaient bien en évidence pour saluer la prestation de ceux qui ont de nouveau relevé le défi à la Coupe du Monde tenue à Szeged en Hongrie. Comme pour prouver de nouveau que la petite famille du kick-boxing demeure plus que jamais unie.
Si Jérémie Rousseau, président de la Fédération mauricienne de kick-boxing et disciplines assimilées (FMKBDA), et Somoo Pillay, desk-officer de cette discipline au ministère de la Jeunesse et des Sports, étaient parmi les premiers présents à l’aéroport, Fabrice Bauluck et Burtland Simiss étaient les premiers à sortir de l’aérogare. Une façon de saluer les deux lauréats qui, médailles autour du cou, trophées et certificats en main, devaient vite se prêter au jeu des accolades, embrassades et chaleureuses poignées de main.
Habitué à ce rituel, contrairement à son jeune coéquipier, Fabrice Bauluck garde les pieds bien sur terre. « Tout cela est déjà derrière moi. Cette compétition n’a été qu’une étape en vue des championnats du monde. Il faudra rester concentré et ne viser que la médaille d’or. » La présence de son épouse Kelly-Ann et de son jeune fils Klinswaynn ne peut qu’ajouter à son bonheur.
Du côté de Burtland Simiss, toute la famille a tenu à faire le déplacement de Sainte-Croix pour accueillir celui qui a obtenu ses premiers lauriers dans cette compétition. Sa soeur Sarah-Jane nous relate cette mémorable journée de dimanche dernier. « C’est à travers un message texto que nous avons obtenu la nouvelle et vous ne pouvez imaginer l’immense bonheur et émotion qui ont envahi la famille. Les voisins ont vite été mis au courant et sont venus partager notre bonheur. Burtland a toujours bénéficié du soutien de la famille et il a su justifier les espoirs placés en lui. »
Émotion également avec les retrouvailles entre Ketty Rousseau et sa fille Leonnie. Cette dernière lui ayant préparé un petit message personnel pour la féliciter de sa médaille de bronze. Une façon pour la mère d’évacuer définitivement les regrets d’une finale qui lui tendait les bras. « Ce point négatif m’a coûté cher. Pourtant, il ne restait que quinze secondes avant la fin du combat. Néanmoins, j’étais à l’aise sur le ring, forte psychologiquement et je ne peux que remercier mon entraîneur Judex Jeannot et mon époux Jérémie pour leur soutien. »
Alors que l’heure est aux retrouvailles, Facson Perrine a déjà le regard tourné vers d’autres horizons. Celui qui est passé près de la consécration chez les -63,5 kg visera en effet la ceinture intercontinentale au Gabon dans une quinzaine de jours. « Pas de repos prévu. Il faudra continuer avec la même intensité lors des séances d’entraînement. Valeur actuelle, je n’ai aucune idée de mon adversaire et j’estime que c’est mieux ainsi. » Concernant sa prestation à Szeged, il souligne qu’il était quelque peu stressé et qu’il manquait de compétitions de préparation.
Si Fanfan Nagamah a également décroché une médaille, soit une de bronze, James Agathe et Jessica Jocelyn sont quant à eux revenus bredouilles. Toutefois, ils sont loin de vouloir jeter les armes. « Cela a été mon premier combat en kick depuis près de 18 mois. Il me manquait donc environ sept combats et des sparring-partners pour mieux aborder cette compétition. Toutefois, je prends ce revers positivement et je compte continuer à me donner à fond », soutient le premier nommé.
« Le fait d’avoir eu à perdre du poids avant la compétition a joué contre moi. Il existait également une certaine pression. La prochaine fois, ce sera mieux, soit coûte que coûte une médaille », affirme de son côté Jessica Jocelyn.
Loin de tout ce tumulte, Judex Jeannot apprécie. En son for intérieur, il pense déjà aux autres défis que devront relever ses protégés. Dans ce contexte, Facson Perrine aura à reprendre le chemin de l’entraînement dès lundi. Il n’y a définitivement pas d’heure pour les braves…