On s’attendait à un spectacle de très bonne facture et le nombreux public n’aura pas été déçu. Sur l’esplanade du Caudan Waterfront samedi dernier, le Trophée de la zone 4 de kick-boxing a tenu ses promesses. Et ce, de par la prestation des tireurs mauriciens, malgaches, réunionnais, rodriguais et sud-africains. Hormis les Rodriguais qui sont rentrés bredouilles, les autres forces en présence ont tiré efficacement leur épingle du jeu, à l’image d’une équipe mauricienne au sein de laquelle Facson Perrine, Boris Brissonnette et Fabrice Bauluck ont assuré le spectacle.
Engagé dans la première demi-finale d’une catégorie 63-65 kg de prime abord compétitive, Facson Perrine avait d’entrée de jeu affiché ses prétentions. Le Malgache Anigael Maronirina a difficilement pu soutenir la comparaison. Malgré les encouragements appuyés d’une forte colonie malgache, il se retrouvait au tapis dès la première reprise suite à un enchaînement de son adversaire. Sauvé par le gong, Anigael se retrouvait de nouveau au tapis au round suivant, avant que l’arbitre ne mette un terme au combat.
Autant le succès de Perrine aura été confortable, autant celui enregistré par l’autre combattant de la Grande île, à savoir Patrice Rakotondrasimba, Rasta pour les intimes, aux dépens du Sud-Africain Lucky Mokate aura été indécis jusqu’au bout. Les deux tireurs se sont livré un duel acharné, et ce n’est qu’à la majorité des juges (2-1) que Rasta a fait la différence. Toutefois, se ressentant sans doute de ses efforts, il n’a pu fournir la même prestation en finale face à Perrine et n’a fait que s’accrocher constamment. Tant et si bien qu’il écopera d’un avertissement public au troisième round.
Le tireur mauricien, qui avait le contrôle de la situation depuis le début, confortait ainsi son avance pour s’imposer à l’unanimité des juges. Un succès, qui se situe après l’obtention de la ceinture intercontinentale au Gabon et qui le met davantage en confiance à l’approche des championnats du monde. « Il fallait que je me montre efficace et que je crois dans ma boxe et mon potentiel. J’ai certes pu atteindre ces objectifs, mais je demeure persuadé qu’il reste encore du travail à effectuer », fera ressortir Facson Perrine.
Pas d’adversaires
pour James Agathe
De son côté, Fabrice Bauluck n’a pas eu les coudées franches lors de son duel face au Malgache Jean-Christian Heriniaina. Se remettant d’une blessure au pouce, il a préféré privilégier les low-kicks, alors que son adversaire se montrait percutant aux poings. D’ailleurs, le Malgache fera montre d’une énorme pression au deuxième round. Il aura fallu que Bauluck fasse preuve de toute son expérience pour faire pencher la balance en sa faveur. « Évoluer avec ce problème était comme un défi. J’ai certes ressenti une légère douleur, mais il me fallait gagner afin d’engranger le maximum de confiance avant les Mondiaux », affirmera-t-il.
Par contre, Boris Brissonnette aura été expéditif. Après un premier round équilibré face au Sud-Africain Luck de Plesis, il changera de tactique en utilisant davantage ses poings. Quelques secondes après l’entame de la deuxième reprise, un crochet à la mâchoire expédiait le Sud-Africain au tapis pour le compte. Ce dernier, aidé du service médical et de ses entraîneurs, prendra bien trois bonnes minutes pour se relever et retrouver ses esprits. « Le changement de tactique a porté ses fruits. J’ai suivi les consignes en restant calme et en plaçant mes coups. Ce succès m’encourage à travailler encore plus dur », signalera Boris Brissonnette, qui avalisait ainsi son visa pour le rendez-vous mondial.
Ce qui ne sera pas le cas pour les tireuses Ketty Rousseau et Jessica Jocelyn. Si la premère nommée était gênée par son casque protecteur et était comptée en deux occasions lors de son duel face à la Réunionnaise Cindy Dalleau, Jessica Jocelyn a paru trop empruntée pour inquiéter la Sud-Africaine Chantal Saunders. Et ce, même si cette dernière accusait un poids supérieur. Toujours est-il que la finale favorisait les desseins de Cindy Dalleau, qui expédiait la Sud-Africaine au tapis à la deuxième reprise.
Une autre satisfaction dans le camp mauricien demeure William Bouton. Engagé chez les minimes, il forçait le Sud-Africain Kennon Gavanagh à l’abandon dès le round initial. Ce dernier étant touché au genou. Un autre succès mauricien porte la griffe d’un autre minime, soit Hans Maroudan, qui a évolué quelques crans au-dessus du Sud-Africain Divan Otto.
Reste que les Sud-Africains ont répliqué par l’entremise de Michael Lovemore et Josh Cloete, qui se sont avérés supérieurs au Mauricien Cédric Matelot et au Rodriguais Jean-Michel Katrine. Quant aux Réunionnais, ils ont signé 100% de réussite. Outre Cindy Dalleau, Jason Lebian a fait la différence à l’unanimité des juges lors de son duel face au Mauricien Darren Matelot. Quant à Madagascar, elle a sauvé l’honneur grâce à Julien Rafaralahisoa. Spectaculaire à souhait, avec ses coups de pied retournés, ce tireur a fait la leçon au Rodriguais Cédric Perrine. Sauvé par le gong au premier round après avoir été compté, ce dernier écopera d’un avertissement officiel, puis sera compté en deux occasions avant que l’arbitre ne mette un terme au combat.
Toujours est-il que le plus malheureux des tireurs demeure James Agathe, ses deux adversaires nigérians n’ayant pas effectué le déplacement. Ce manque de compétition pourrait s’avérer un handicap dans le cadre de sa préparation en vue des Mondiaux de septembre prochain au Brésil.