Trois champions du monde (Fabrice Bauluck, Warren Robertson et James Agathe) aux côtés de l’entraîneur national, Judex Jeannot

L’attente valait la peine d’être vécue. Après douze années, la petite famille du kick-boxing mauricien pouvait fêter comme il se doit un nouveau champion du monde juniors en la personne de Warren Robertson. À l’arrivée de la délégation mauricienne, composée également de Stania Rathbone (médaillée de bronze) et de l’entraîneur national, Judex Jeannot, hier matin, les effusions de joie, embrassades et accolades faisaient plaisir à voir. De Venise à Plaisance, en passant par Dubaï, le cœur du jeune tireur a sûrement dû battre la chamade en attendant ces chaleureuses retrouvailles.

Les félicitations de Fabrice Bauluck à son successeur au palmarès

Auprès de ses proches et mitraillé par les photographes, Warren Robertson ne fait pas montre de joie débordante, confirmant ainsi sa nature timide et réservée. « Il a fait la fierté de toute sa famille. Nous l’avons toujours encouragé et il a pu faire ses preuves », se réjouit son père, Eddy, qui remercie dans la foulée tous ceux qui l’ont soutenu et encadré lors des séances d’entraînement. Son épouse, Devi, partage ce bonheur. « J’avais une certaine crainte au début, mais j’avais également beaucoup d’espoir qu’il réussisse. J’ai vécu le combat avec beaucoup de tension, mais quelle joie quand il a remporté la finale. »

Warren Robertson : le bonheur simple auprès de ses proches

Si Warren Robertson a pu concrétiser la prédiction de l’entraîneur national quant à cette consécration, il n’en demeure pas moins que deux tireurs ont joué un rôle prépondérant dans cette réussite. Tout d’abord Boris Brissonnette, qui l’a pris sous sa coupe voilà quatre ans. « Quand il est venu à la salle de sport la première fois, il n’était nullement de nature athlétique. Toutefois, il possédait des qualités techniques, et au fil des séances, il n’a cessé de progresser. Puis, il ne pouvait rêver de meilleur sparring-partner que Fabrice Bauluck. Il n’existe rien de plus gratifiant de voir un de ses élèves parvenir à un tel niveau. »

Warren Robertson posant fièrement avec son trophée et sa médaille d’or

Puis, Fabrice Bauluck, lui-même double champion du monde juniors lors de la dernière décennie, qui a sans doute trouvé son successeur. « C’est maintenant que tout commence pour Warren. Il s’est ouvert beaucoup de portes et deviendra un des meilleurs tireurs s’il continue à faire montre de sérieux et d’acharnement. » Et d’affirmer comme pour confirmer le potentiel de son jeune protégé : « Cela aurait constitué une surprise s’il n’avait pas acquis ce titre. » Reste que l’élève et le maître risquent désormais de se retrouver dans la même catégorie, soit celle des -54 kg. « Il nous faudra trouver des solutions, soit évoluer dans deux différents styles. Quoi qu’il en soit, Warren doit être conscient que la relève repose sur ses épaules et qu’il doit maintenant durer. »

Si Stania Rathbone, qui a eu la déveine d’affronter la championne d’Europe en exercice, veut également croire en des lendemains meilleurs, Isabelle Jeannot, présidente de la fédération, souligne avec force qu’un défi a été relevé. « Notre politique de miser sur les jeunes a porté ses fruits. Ces deux jeunes doivent servir d’exemples, car ils ont su réussir avec le soutien de leurs parents et des membres de la fédération. Ils ont ainsi su être éloignés des fléaux de la société. » Toutefois, son visage s’assombrit en évoquant l’absence et donc le manque de considération des représentants du ministère de la Jeunesse et des Sports pour l’accueil d’un champion du monde. Raison invoquée : la tenue des Universiades ! C’était la seule fausse note lors de ces moments euphoriques.

Remise de récompenses vendredi
Ce sera vendredi que Warren Robertson et Stania Rathbone obtiendront leur récompense, suite à leur prestation aux Mondiaux juniors. Une cérémonie, organisée par le ministère de la Jeunesse et des Sports, se déroulera à partir de 15h à l’université de Maurice à Réduit.