Un membre de la Croix-Rouge donnant des explications sanitaires à des enfants à Kinshasa

La capitale de RDC a décidé de prendre le taureau par les cornes. Dans cette ville souffrant de gros problèmes sanitaires, l’heure est désormais à la mobilisation face à la grande peur du choléra.

L’heure est à la mobilisation contre le choléra à Kinshasa, surtout dans le quartier camp Luka, épicentre de l’épidémie au cœur de la troisième mégapole africaine qui souffre de gros problèmes de distribution et d’évacuation des eaux. Au total « 803 cas suspects et 32 décès ont été enregistrés depuis le 25 novembre » parmi les quelque 10 millions d’habitants de la capitale de la République démocratique du Congo, a indiqué vendredi à l’AFP le coordonnateur du programme choléra du ministère de la Santé, le professeur Didier Bompangue.

« La tendance est à la diminution du nombre de cas journaliers », se félicite M. Bompangue qui espère que les autorités pourront bientôt enrayer l’épidémie malgré le manque de moyens. M. Bompangue regrette que les partenaires de la RDC (OMS, Unicef) n’aient pas davantage financé un plan de réponse qui prévoyait « quatre millions de dollars ».

Le choléra se manifeste par des diarrhées et une forte déshydratation pouvant mener à une mort rapide. La bactérie de cette « maladie des mains sales » s’attrape par « l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés », indique l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). « L’approvisionnement en eau sûre et l’assainissement sont essentiels pour réduire la transmission du choléra », note l’OMS.

À Kinshasa, la cause première du choléra est « le déséquilibre entre la densité de population et les infrastructures », selon le professeur Bompangue. « La régie des eaux de Kinshasa même en plein régime est en dessous des besoins en eau de la population. »

Dans un cercle vicieux en cette période de saison des pluies, le débordement des eaux lié au manque de canalisation et l’accumulation des ordures domestiques qui ralentissent l’évacuation des eaux, aggravant les risques d’inondations et de stagnation des eaux sales, et potentiellement contaminées. Le plus grand nombre de cas a été enregistré dans le quartier camp Luka, qui concentre tous ces problèmes : forte densité de population, voiries non-asphaltées et inondables, manque d’assainissement.