Brésil, Mexique, Canada, Afrique du Sud, Mozambique et de nombreux pays d’Europe avaient délégué leurs meilleurs kitesurfers à la Coupe du Monde junior 2016 de kitesurf freestyle à Saint-Pierre-la-Mer en France, tenue du 7 au 10 avril dernier. Maurice était représenté par Louka Pitot et Simon Lamusse parmi plus de 80 participants venus du monde entier âgés de 9 à 19 ans. Les Mauriciens ont donné libre cours à leur talent  pour monter sur le podium avec Pitot sur la première marche et Lamusse sur la deuxième.
Longtemps des amateurs, mais depuis ces dernières années, Louka Pitot , champion du monde de kitesurf freestyle et Simon Lamusse vice-champion ont franchi ce cap. Ils font désormais parties des meilleurs kiters du Monde. Inscrites dans la catégorie reine (16-19 ans), la bataille pour arriver en finale a été rude. Le spot de Saint-Pierre-la-Mer était très exigeant physiquement car les conditions météorologiques étaient très éprouvantes comme nous le témoigne Simon Lamusse. « Le vent soufflait très fort et sans répit. Par moment, les rafales atteignaient  les 80 km/h, le courant variait entre 30 et 40 noeuds. De plus, l’eau était très froide. C’était monstrueux. C’est bien plus ce qu’on a l’habitude de voir à Maurice. »
De quoi avoir peur ? Certainement pas. Jeunes certes,  mais pas novices. En effet, Louka et Simon ont tous deux commencé à kiter en 2010. Mais ce n’est qu’en 2013 que les deux amis ont commencé à prendre leur envol. Inséparable, ils ont pris part ensemble à plusieurs compétions internationales. Simon Lamusse a goûté au succès pour la première fois Au Rodrigues Kitesurf festival  où il a remporté le 1er prix en freestyle. C’était son premier concours international. Louka Pitot lui, avait terminé au troisième rang. Et c’est à ce moment précis que le déclic est venu. Il fallait franchir un cap ! Puis les deux sont partis aux championnats du monde junior en Espagne en 2014 où ils terminent dans les 10 premiers. Depuis,  ils ont commencé à gravir des échelons.
Mais tout de même, c’est avec un peu de stress qu’ils ont pris part  aux heats où chaque rider devait s’élancer pour exécuter un maximum de « tricks » dans un laps de temps très précis.  Pour se qualifier pour les prochains tour, il fallait  produire les meilleures figures pendant sept minutes en  pas plus de 12 tentatives. Mais les Mauriciens qui avaient en face d’eux la crème des kitesurfers mondiaux, ont eu le vent en poupe puisqu’ils ont accédé avec brio aux derniers carrés de cette coupe du monde en obtenant les meilleures scores. « On ne s’était pas mis de pression. Avant de s’élancer, on avait bien calculé de ce qu’on allait faire. On a exécuté nos « tricks » intelligemment », fait ressortir le vice-champion du monde.
Arrivés au stade des quarts de finales, les duels s’étaient intensifiés. Alors que Julian Krikken se débarrasse de George Dufty, Louka face à Arthur Guilllebert  fait un heat très technique pour prendre l’avantage. De son côté, Simon s’est lui défait de Lucas Ferreira.  Deux Mauriciens en demies, l’histoire était en marche.  « On était très contents et surtout très surpris car on ne s’était pas très bien préparés.  À partir de là, on s’est dit qu’on avait de grandes chances de se retrouver sur le podium », avance-t-il.  Et contre toute attente, c’est un scénario plutôt inédit qui se déroule puisque Nico Delmas, l’un des grands favoris n’a pu  trouver  assez de régularité pour s’imposer face à Simon et Julian lui s’incline devant Louka pour une finale 100% mauricienne.
Lors de cet ultime épreuve pour décider du titre,  les deux amis on, avant tout, fait preuve de fair-play et de camaraderie.  « Du coup, c’est devenu plus fun. Nous nous sommes encouragés mutuellement à donner le meilleur de nous-mêmes », souligne Louka Pitot.  « Mais malheureusement j’ai crashé en exécutant un trick pendant que Louka, lui, réalisait un sans-faute. Finir second à ces mondiaux, je peux dire que je suis extrêmement fier », déclare Simon Lamusse pour sa part. « On tient à remercier notre famille, nos amis ainsi que toutes les personnes qui nous ont soutenus », ont-ils conclu.