Maurice veut partager son expertise et son expérience avec l’Afrique, a affirmé hier le président du Board of Investment (BOI), Gérard Sanspeur, lors de sa keynote address à l’ouverture de la KPMG Africa Tax Academy 2015. Cet atelier de travail regroupe 70 directeurs et spécialistes en matière fiscale opérant sur le continent africain, dans des pays tels que l’Afrique du Sud, le Mozambique, l’Angola, le Kenya, la Zambie, le Botswana, la Namibie, le Nigeria, le Ghana et Maurice. Cet exercice permet aux représentants de KPMG de présenter les différentes politiques fiscales pratiquées dans les pays où ils sont basés pour une vision générale du secteur.
Lors de son intervention, Gérard Sanspeur s’est appesanti sur la stratégie africaine de Maurice. Selon lui, l’idée est d’utiliser Maurice pour mettre en valeur le potentiel de développement en Afrique, en mettant à disposition des intéressés des informations détaillées sur la situation des affaires dans les pays africains concernés. Dans ce contexte, le gouvernement mauricien a créé un Mauritius Africa Fund (MAF) avec un capital initial de Rs 500 millions. La stratégie africaine comprend également un plan d’abattement fiscal sur le fret, un plan concernant l’Export Credit Guarantee Insurance, et des dispositions pour favoriser l’amélioration des collaborations entre gouvernements. Gérard Sanspeur a expliqué que le rôle du MAF a été redéfini pour se concentrer sur le développement de zones économiques spéciales dans plusieurs pays, dont Madagascar, Ghana et le Sénégal.
Depuis 1970, Maurice est reconnue au niveau international pour la création de zones économiques spéciales, permettant le décollage de l’économie mauricienne dans les années 80. Ces zones ont pour objectifs d’attirer des investisseurs industriels, d’assurer le transfert des technologies appropriées, de consolider la capacité d’exportation du pays et d’amortir les risques politiques et sociaux. Dans son esprit de partage avec l’Afrique, Maurice collabore actuellement avec le Ghana pour la création d’un parc technologique à Accra. Des négociations ont également démarré avec Madagascar pour le développement d’une zone industrielle à Fort Dauphin et avec le Sénégal pour une zone économique spéciale intégrée à Dakar. La zone économique spéciale du Ghana sera un endroit privilégié pour l’innovation et la recherche ainsi que pour le développement dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC).
Ces nouvelles zones économiques spéciales encourageront les compagnies mauriciennes à étendre leurs activités en Afrique. À ce propos, Gérard Sanspeur a déclaré que pas moins de 90 entreprises mauriciennes se sont installées en Afrique et opèrent dans les domaines comme les TIC, les banques et les services financiers, la production manufacturière et l’agriculture, entre autres. Le président du BOI a profité de l’occasion pour souligner que Maurice est loin d’être un paradis fiscal. « Mauritius being an international financial centre of substance, it cannot be categorised as a tax haven. Tax havens are jurisdictions that encourage the evasion of taxes due in other jurisdictions. The OECD has defined tax havens as jurisdictions with zero taxes, no mechanism for exchange of information, lack of transparency and substantial business activities ».
Gérard Sanspeur a rappelé que tous les traités de non double imposition tiennent en compte les échanges d’informations entre partenaires du traité et que les législations commerciales sont basées sur les meilleures pratiques en cours dans les pays du Commonwealth, faisant de Maurice une « jurisdiction of substance ». Il a soutenu que depuis la réunion du Global Forum on Transparency en 2013, l’OCDE considère Maurice comme « largely compliant » avec les législations fiscales internationales et que, d’autre part, les investissements effectués dans le centre financier mauricien ont été bénéfiques pour la communauté internationale. « Investment though our IFC have flown to a number of sectors in Africa, including telecommunications mining, healthcare, banking, insurance, education, agriculture, manufacturing and energy », a-t-il souligné. Il estime que le centre financier mauricien a largement contribué à la prospérité de plusieurs pays africains, créé des emplois et a allégé la pauvreté. Ce qui explique, selon lui, la présence de fondations philanthropiques dans le centre financier mauricien.
Les travaux de la KPMG Africa Tax Academy 2015 prennent fin aujourd’hui. Un atelier de travail sur le thème “Unlocking Africa” aura lieu demain à 16 h 30 à l’hôtel Hennessy, à Ébène. Il reviendra au ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance Roshi Bhadain de prononcer le discours principal.