Le secrétaire de la Small Planters Association (SPA), Kreepalloo Sunghoon, interrogé par le Mauricien, s’est dit satisfait que les propositions de son association aient été acceptées par le gouvernement.

Comment avez-vous accueilli les mesures introduites par le gouvernement ?

Il est bon que toutes nos demandes aient été acceptées par le gouverne- ment. Toutefois, les décisions doivent être exécutées le plus vite possible afin qu’on puisse recommencer la production dans les plus brefs délais.

Quelle est lʼétendue des dommages causés aux plantations de légumes ?

80% de notre production ont été endommagés, ce qui représente une perte sèche de l’ordre de Rs 75 000 à Rs 80 000 pour chaque planteur. En général, les dommages sont estimés à plus d’un milliard de roupies.

Quel est lʼétat dʼesprit des planteurs ?

Beaucoup de planteurs sont déjà au travail dans leurs champs et ceux qui produisent eux-mêmes leurs pousses ont déjà commencé à planter de manière à ce que les premiers légumes puissent être produits dans un mini- mum d’un mois.

Le gouvernement met également les semences à votre disposition…. Nous avons demandé au gouvernement de bien vérifier les semences et le temps de germination de manière à ce que les planteurs n’attendent pas un mois pour voir la germination commencer. Il nous faut également retravailler les champs et faire le nécessaire pour qu’ils retrouvent leur fertilité. Comme vous savez, l’eau a déjà enlevé les fertilisations des racines des plantes.

Quels sont les autres problèmes rencontrés par les planteurs ?

Un de nos principaux problèmes est le manque de main-d’œuvre, et cela empire de plus en plus. Ensuite, en plus des animaux qui détruisent nos productions, il y a les voleurs qui sont de plus en plus organisés. Cela représente plus de 5% des pertes.

Comment voyez-vous lʼavenir des planteurs ?

Il réside dans le changement du mode de production. Il nous faudra de plus en plus de champs couverts. Cela limitera considérablement des dégâts lors du mauvais temps. Pour cela, nous devons nous inspirer de La Réunion et encourager le “gentlemen far- ming”. Ce qui voudra dire avoir une plus grande production sous serre et permettra d’introduire une irrigation contrôlée et une fertilisation plus dosée. À titre d’exemple, si on produit dix tonnes de tomates dans un champ ouvert, on peut produire la même quantité dans un demi-arpent

Y a-t-il des planteurs qui se sont lancés dans ce type de production ?

Il y en a une cinquantaine. Cela ne fait pas beaucoup. Ce type de production permet plus facilement aux membres de la famille de donner un coup de main dans l’après-midi, après les heures de classe. La culture hydroponique est un peu plus compliquée. Le gros problème, c’est que cela nécessite de gros investissements, soit de l’ordre de Rs 2 millions par arpent

On en parle depuis longtemps. Quʼest- ce qui empêche les producteurs dʼaller de lʼavant ?

Malheureusement, nos techniciens sont trop conservateurs et ne veulent pas s’engager dans l’innovation. Or, si nous ne bougeons pas et si nous ne nous engageons pas dans cette direction de la modernisation, je crains que nous ayons de moins en moins de fruits, comme cela a été le cas pour les letchis et les longanes l’année dernière.