Pendant ces cinq derniers mois le ministère de l’Éducation a essayé en vain de convaincre les enseignants (General Purpose) en poste depuis plusieurs années d’être les premiers profs du kreol morisien en attendant le recrutement des enseignants à plein temps pour cette matière par la Public Service Commission comme c’est le cas pour les langues orientales. La semaine dernière, soit presque à la veille du lancement de la formation qui a eu lieu ce matin, le ministère s’est tourné vers les Trainee Teachers qui ont débuté leur formation l’an dernier au MIE. Ils sont donc au total 99 jeunes à avoir répondu positivement à l’appel du ministère. Vasant Bunwaree les a qualifiés de “pionniers” de l’enseignement du kreol à l’école primaire et leur a promis avec insistance le soutien de son ministère pour leur permettre de relever le défi. Le ministre a annoncé la mise en place d’un special desk au ministère pour une communication directe sur toute question relative à leur éventuelle affectation en tant que KM Teacher pour au moins une période de deux ans à partir de janvier prochain. « Zot pe rann enn gran servis pei an akseptan sa defi-la. Nou pe met enn lign kominikasion direct antr zot ek mo minister ki pou permet zot gayn tou linformasion an tan ki pionier profeser kreol morisien. Pa pou bizin pass par Zone Directorate ou byen par inspecter », leur a dit le ministre de l’Éducation. En fait, la formation pour ces premiers profs de kreol morisien débutera le 1er août et durera on a full-time basis jusqu’en novembre.
L’autre gros morceau auquel le MIE doit s’attaquer concerne le curriculum. À ce sujet le ministre insiste sur la nécessité pour toutes les organisations concernées par la question du kreol à l’école de travailler ensemble. Aussi a-t-il invité ce matin les responsables du MIE « à faire preuve d’une grande ouverture d’esprit » dans leur façon de travailler et « d’écouter » toutes les propositions au sujet du curriculum. « Même si le MIE est une institution remarquable il ne sait pas tout sur la question du kreol car c’est quelque chose de nouveau dans lequel nous nous lançons. Le curriculum est quelque chose de très important et il faut pouvoir écouter les propositions des uns et des autres sur cet aspect. Bizin kapav met tou dimounn ansam », a dit le ministre. Ce dernier déplore l’attitude de ceux qui utilisent le kreol pour se mettre en avant.