« Il y a un certain nombre d’implications qui doivent d’abord être étudiées avant de considérer l’utilisation formelle de la langue kreol à l’Assemblée Nationale. » Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, répondait ainsi au député mauve, Steve Obeegadoo, lors du PMQT hier. S’agissant de l’utilisation du kreol dans les cours de justice, le Chef du gouvernement a indiqué que cette langue est déjà largement utilisée. « All Courts in Mauritius have always admitted depositions in Mauritian Kreol by parties and witnesses. » Selon le Premier ministre, le United Nations Committee on the Elimination of Racial Discrimination a récemment fait l’éloge de Maurice pour la mise sur pied de language unions et pour l’inclusion du kreol morisyen de même que du bhojpuri comme langues ancestrales/maternelles dans le cursus de l’école primaire. Navin Ramgoolam a mis en avant que ce gouvernement a institué une Creole-Speaking Union en vertu de la Creole-Speaking Union Act dont l’un des objectifs est précisément de promouvoir le kreol sous forme orale et écrite. Au regard du kreol dans les cours de justice, le Premier ministre a fait part que cette langue est déjà largement utilisée et que « evidence is habitually adduced in Creole in all cases, except where foreigners are called to depone or are litigants ». Selon la loi, indique le Chef du gouvernement, n’importe qui peut produire des preuves dans la langue qui lui est la plus familière. « Toutes les cours ont toujours accepté des dépositions en kreol morisyen. » À une remarque du député Steve Obeegadoo selon laquelle le Premier ministre avait indiqué, en 2011, qu’une fois le kreol standardisé, cela prendrait quelque deux ans pour l’introduction de cette langue à l’Assemblée nationale, Navin Ramgoolam a soutenu que le langage des parlementaires serait « unruly ». Le député mauve de rétorquer : « Improper language in the House is not always in creole. The word “shit” is not creole. » Il a ainsi demandé, dans une question supplémentaire, si le Premier ministre envisagerait que les panneaux d’indication en public intègrent la traduction en kreol. Le Premier ministre a répondu qu’il faut être prudent et ne pas penser que les Mauriciens ne comprennent pas l’Anglais et le Français.