De nombreux artistes mauriciens, incontournables par leur reconnaissance, participent à la réflexion sur l’histoire de l’art, réalisent des installations, quelles soient multimédias ou sculpturales, expriment une nouvelle figuration en peinture. Nous présentons rétrospectivement les travaux de Krishna Luchoomun et de Christophe Rey.
Invité à participer à une résidence-atelier en décembre dernier, l’artiste mauricien Krishna Luchoomun s’est déplacé à Lisbonne, Portugal, à travers le réseau “Offline”. La manifestation était organisée par l’association artistique et culturelle XEREM avec pour objectif d’inciter la recherche et la création hors des contextes habituels. Krishna a réalisé une installation d’environ 7 mètres en forme de tour. Son travail aborde de front les malaises sociaux. L’artiste déclare avoir été frappé, lors de son séjour à Lisbonne, par l’isolement des différentes communautés qui y vivent. D’où ce travail (Peace Tower) qui questionne les inégalités, les différences et les relations entre les cultures. Son installation composée de vieux vêtements récupérés, cousus et empilés, aborde le thème “Offline” avec une forte charge émotionnelle. L’artiste a cousu et monté une structure, privilégiant toujours sa relation à l’environnement et l’espace public. Il intègre à son travail des matériaux récupérés en théâtralisant l’espace. Krishna a tenté de créer un monde à la fois réel et imaginaire dans lequel s’interposent des vidéos, des photos, des jeux de miroirs. Son installation, d’une grande subtilité, invite le public à expérimenter physiquement et émotionnellement les traumatismes qui découlent du malaise social. L’installation, propre à investir les espaces publics, sera présentée à Lisbonne hors des galeries.