La direction de la compagnie KS Building Construction Ltd est accusée par ses employés d’exercer des pressions pour qu’ils quittent leur syndicat. Selon Atma Shanto (Fédération des Travailleurs Unis), la direction aurait tenté de dissuader les employés de revendiquer leurs droits au sein du Syndicat des Travailleurs des Établissements Privés, affilié à la FTU. Atma Shanto réclame une enquête policière pour faire la lumière sur cette affaire.
Se syndiquer est un droit pour chaque travailleur, insiste Atma Shanto au sujet de ce qu’il qualifie de tentative de répression syndicale de la part de la direction de KS Building Construction Ltd. Cette compagnie de construction existe depuis une vingtaine d’années et opère sur différents chantiers situés à Albion, Pailles, Piton, Floréal, Port-Louis et bientôt Riche-Terre.
Une cinquantaine d’employés de cette société ont affirmé leur volonté de se syndiquer en vue de négocier leurs droits. La reconnaissance syndicale, explique Atma Shanto, a été approuvée par l’Employment Relations Tribunal (ERT) le 13 juin dernier, en présence des responsables de la compagnie. Lors d’une première réunion, le 24 juin dernier, les différentes parties ont été invitées à négocier. Un procedural agreement a également été soumis à la direction pour être approuvée par celle-ci, indique Atma Shanto.
Mais mardi dernier, la direction de la société de construction aurait tenu une réunion durant laquelle elle aurait fait pression sur les employés afin qu’ils démissionnent du syndicat. Aux yeux d’Atma Shanto, il s’agit d’un acte de répression syndicale, soit un délit criminel. Se référant à l’article de l’Employment Relations Act (2008) concernant la Protection of fundamental Rights (Sub-Part A — Basic worker’s rights to freedom of association), il avance que la direction de KS Building Construction Ltd a enfreint l’article 31 (1) (a) (ii), qui stipule que « No person shall require a person to give up membership of a trade union ». Ce délit, poursuit le représentant de la FTU, est passible d’une amende n’excédant pas Rs 75 000, l’article 31 (2) (a) stipulant que « A person who contravenes subsection (1) shall commit an offence and shall, on conviction, be liable to a fine not exceeding 75 000 rupees ».
Le représentant de la FTU affirme ainsi que les travailleurs veulent se prévaloir de ce droit fondamental de se syndiquer et réclame l’institution d’une enquête policière. Une lettre en ce sens a été adressée au commissaire de police Dhun Iswur Rampersad.
Sollicité pour une déclaration, le directeur général de KS Building Construction Ltd Kessaven Swaminaden nous a répondu qu’il n’y a jamais eu de tentatives de répression syndicale. « Zot (NdlR : les travailleurs) anvi zwenn syndika, nou respekte ca… Mo nek zist koz ar zot a lamiab », nous a-t-il déclaré, avant de mettre fin prématurément à la conversation. Il n’a pas répondu à un second appel du Mauricien, qui voulait lui poser d’autres questions.