Dans une lettre au ministère du Travail et des Relations industrielles, le Syndicat des travailleurs des établissements privés dénonce, à travers son négociateur Atma Shanto, les conditions de travail chez KS Construction Co Ltd, une compagnie de construction basée à Port-Louis et opérant depuis plus d’une vingtaine d’années. Outre des réductions de salaires, les quelque soixante employés de cette entreprise ne bénéficieraient d’aucune protection sociale ni légale. Contacté par Le Mauricien, le directeur, Kasseeven Sawminaden, réfute ces allégations.
« Les conditions de travail chez KS Construction Co Ltd sont tout simplement incroyables ! », soutient Atma Shanto, le négociateur du Syndicat des travailleurs des établissements privés (STEP), syndicat affilié à la Fédération des travailleurs unis (FTU). « C’est la loi de la jungle ! », s’écrie-t-il.
Depuis que l’Employment Relations Tribunal a octroyé la reconnaissance syndicale au STEP chez KS Construction Co Ltd, poursuit Atma Shanto, ce syndicat a pu organiser des rencontres avec les employés qui ont ainsi eu l’occasion de dénoncer leurs conditions de travail. « Comment est-ce qu’on peut continuer à maltraiter les employés de la sorte au 21e siècle ? », se demande-t-il.
Selon le négociateur du STEP, les employés ont subi une réduction de leur salaire depuis la reconnaissance de leur syndicat. « Management dir ki li pou pay dapre lalwa, aster ki bann travayer sindike ! Pourtant quand nous avons obtenu notre reconnaissance syndicale la direction de cette entreprise a accepté de signer un Procedural Agreement avec le syndicat. Devant le tribunal l’employeur a déclaré n’avoir aucune objection à ce que ses employés soient syndiqués ».
Outre une réduction de leurs salaires, les employés de KS Construction Co Ltd ne bénéficieraient pas du remboursement de leur frais de transport, ni ne peuvent jouir de leurs Annual Leaves ou Sick Leaves. Depuis plus de dix ans, soutient Atma Shanto, ils n’obtiennent aucune augmentation de salaire décrétée par les autorités.
« Aucune déduction, aucun paiement n’est effectué au National Pension und non plus », s’alarme Atma Shanto. « Cela va avoir des conséquences catastrophiques pour leurs pensions ».
De même, ces travailleurs n’ont ni équipements protecteurs, ni de contrat écrit, selon le négociateur. « Les heures supplémentaires ne sont pas payées selon les lois », poursuit-il.
« Qui plus est, la direction refuse de créditer le salaire de ses employés en banque, ce qui les prive de toutes possibilités de pouvoir négocier un emprunt ou toutes autres facilités bancaires. Bann travayer-la pa mem gayn pay slip. Voilà pourquoi nous avons demandé au ministère du Travail d’enquêter sur cette entreprise de toute urgence ! », explique Atma Shanto.
Kasseeven Sawminaden : « Ces allégations sont fausses ! »
Sollicité par Le Mauricien pour un commentaire, le directeur de KS Construction Co Ltd, Kasseeven Sawminaden, réfute les allégations d’Atma Shanto. « Ces allégations sont fausses ! », rétorque-t-il. Il précise d’abord qu’il n’a jamais eu d’objection à ce que ses employés soient syndiqués. « Kondisyon travay pa finn sanze ! », ajoute-t-il.
« Je n’ai procédé à aucune réduction de salaire et ils jouissent de tous leurs Annual Leaves et Sick Leaves et obtiennent tous les remboursements auxquels ils ont droit », poursuit le directeur. Il précise également que l’entreprise est en règle avec le National Pension Fund.
Kasseeven Sawminaden concède toutefois que ses employés n’ont ni fiche de salaires (pay slip), ni contrat écrit. « Nou pou donne zot pay slip. Ek pa bizin kontra, nou tom dakor verbalman ! », soutient-il.