Une « bonne réforme électorale » demeure la priorité des priorités du MMM actuellement, insiste Paul Bérenger, leader de l’Opposition et de ce parti. S’appuyant sur le feedback que lui a fait son émissaire, Jayen Cuttaree, qui a rencontré, vendredi, le PM et leader du Ptr, Navin Ramgoolam, pour aborder le sujet, M. Bérenger exprime, néanmoins, un certain scepticisme quant à la volonté réelle du Dr Ramgoolam de ne pas « laisser passer » une telle « occasion en or » qui se présente ces jours-ci. S’il confirme que lors de cette rencontre  Cuttaree / Ramgoolam, il a aussi été question de « compare notes » par rapport au projet d’une éventuelle 2e République, Paul Bérenger se refuse, toutefois, de divulguer ce qui aura aussi été abordé lors de cette réunion qui a duré trois heures. « Je peux, toutefois, révéler que la possibilité d’une alliance (Ndlr: Ptr/MMM) n’était, certainement, pas à l’agenda », dit le leader du MMM. Paul Bérenger, qui précise tout aussi qu’une éventuelle alliance du MMM avec le MSM « n’a même pas (tout aussi) été discutée à ce stade ».
M. Bérenger insiste sur le fait que, ces jours-ci, le pays vit « une occasion en or » en vue d’une « bonne réforme électorale ». Une occasion qu’il convient, dit-il, de « ne pas rater ». A la faveur du feedback que lui a fait son émissaire, Jayen Cuttaree, qui a rencontré vendredi après-midi Navin Ramgoolam pour précisément aborder cette question, le leader du MMM dit, néanmoins, « avoir l’impression » que celui du Ptr « laissera passer » une telle « occasion en or ».
Cela ne l’empêche pas quand bien même de souligner encore plus fortement que la « priorité du moment » du MMM demeure, malgré tout, cette « bonne réforme électorale ». Le leader de ce parti indique qu’en un « tel moment fort » politique, le MMM, comme c’est de tradition, convoque pour dimanche prochain son Assemblée de délégués pour une réunion d’informations et de mobilisation.
Paul Bérenger ne manque pas, au passage, de préciser aussi qu’une éventuelle alliance électorale du MMM avec le MSM n’a « même pas été discutée à ce stade ».  Faisant le lien entre, d’une part, la rupture de novembre 1997 entre le Ptr et le MMM qui avaient, pourtant, largement remporté en alliance les élections générales de décembre 1995 et celle de ces jours-ci entre le même Ptr et, cette fois, le MSM après la victoire en alliance de ces deux partis en mai 2010, M. Bérenger constate que « les mêmes causes produisent les mêmes effets ».
Sévère, il juge ainsi que « les gens sérieux et qui ont de la dignité ne peuvent pas travailler avec Navin Ramgoolam ». Selon le leader de l’Opposition, en effet, le PM « ne sait pas prendre des décisions; ne respecte jamais ses alliés; est capricieux et ne rappelle pas à l’ordre, quand il le faut, tous ceux de son camp ». Comme pour illustrer ce dernier reproche, Paul Bérenger cite le cas de l’ancien dirigeant travailliste, Clarel Malherbes, qui, affirme-t-il, avait, en 1997 « traité le MMM de carapate » sans pour autant, soutient-il, que M. Malherbes ne soit « rappelé à l’ordre ».
M. Bérenger se réjouit que Pravind Jugnauth ait fait la comparaison entre « la façon de gouverner » du Ptr et la « sérénité » de l’ambiance qui régnait au gouvernement « entre 2000 et 2005 ». Le leader du MMM dénonce aussi, de nouveau, le « néo-transfugisme » que pratique, dit-il, Navin Ramgoolam au pouvoir. Jugeant cela « honteux », Paul Bérenger rappelle comment, déjà entre 1976 et 1982, le Ptr avait eu recours au transfugisme en vue de se maintenir au pouvoir « avant que tout cela ne débouche finalement sur le retentissant  60/0 de  1982 ».