L’ouverture de l’accès à la montagne du Morne-Brabant est un événement symbolique pour le peuple mauricien et du monde. Annoncé il y a longtemps, l’accès à la montagne du Morne sera enfin ouvert officiellement ce dimanche 24 juillet 2016 à Trou-Chenilles ! Annonce faite par le ministre des Arts et de la Culture Dan Baboo, jeudi, qui a déclaré que « c’est un grand moment pour nous… ceux qui se sont donné beaucoup de peine pour arriver à ce dénouement positif. Un grand moment pour le village le Morne, le site inscrit au patrimoine de l’UNESCO. Un grand moment pour toute la nation mauricienne et l’humanité en général… »
A la question, pourquoi n’a-t-on pas trouvé cet accès avant ? Une affaire logée en cour suite à un contentieux impliquant les propriétaires de terrains privés avait constitué un blocage aux « trails », a déclaré le ministre Baboo. Une solution a été trouvée après de nombreuses discussions. Le ministre a ajouté que le ministère du Logement et des Terres a mis à disposition un terrain de 5 arpents sur lequel seront aménagés le musée dédié au marronnage ainsi qu’un ségatorium. Une fois les deux pistes officiellement ouvertes, les gens pourront escalader jusqu’au sommet. Des aménagements ont été apportés dans le souci de garder le paysage naturel intact. Une plaque commémorative sera dévoilée pour marquer l’événement. Les sentiers seront ouverts à partir de 10 heures ce dimanche.
Pour sa part, Karl Lamarque (Platform Patriotik pou sov Le Morne) fait état, sur les réseaux sociaux, des différentes barrières qui se sont érigées au fil des années. « Au Morne, souvenons-nous, il y a quelques années de cela, de la démolition d’un barrage métallique interdisant l’accès à la roche mémoire où même le respectueux Desmond Tutu s’est rendu; de la démolition de la grande porte à l’entrée du chemin de Trou Chenille. En mars 2016, une porte, sur le chemin trou Chenille (construite avec ou sans autorisation du Morne Héritage Trust Fund) (LMHTF) à environ 400m du site des monuments a été démoli par des gens mécontents… » Pour lui, l’inscription du Morne au Patrimoine de l’UNESCO en 2008 et aujourd’hui l’accès au Morne constituent autant de barrières tombées par « les forces de la résistance ». Le Morne garde les traces indélébiles d’un passé douloureux lié à la période l’esclavage à Maurice, à la résistance à l’oppression.