S’il faut s’en tenir à l’information qui avait circulé depuis samedi — mais qui n’a été confi rmée dans aucun communiqué du MTC, les chevaux de Jean-Michel Henry (Craftsman) et de Shailesh Ramdin (Lucky Valentine, Ek Tha Tiger et Mount Hillaby) n’ont pas été dopés par un produit prohibé, 3-hydroxy-N-methylmorphinan, de façon volontaire, mais très “involontaire”. En effet, dès samedi, le General Manager du MTC, Benoît Halbwachs, avait attiré l’attention de notre confrère Week-End que les analyses faites sur les litières des deux écuries — desquelles les chevaux ont été trouvés positifs à ce produit prohibé — ont indiqués que celles-ci ont été contaminées par du Dextromethorphan. Dans la foulée de samedi, l’urine de Maestro’s Salute (Jean-Michel Henry) fut trouvé anormale à l’analyse et le cheval fut donc retiré de la course. Al Capitano et Domani furent, eux, retirés par mesure de précaution du fait que leur urine n’avait pu être obtenues aux fi ns d’analyse.
Comment le Dextromethorphan, qui est un dérivé de la morphine, dont l’utilisation sur les animaux, en particulier les chevaux, a un effet contraire sur l’être humain, a été retrouvé dans la litière des chevaux ? Cette question, quasiment tous les turfistes de Maurice se la posent encore et, valeur du jour, personne, encore moins le MTC, ne dispose d’une réponse claire. Sauf que les cartons qui ont été utilisés comme litières ont été contaminés par ce produit.
Pour mieux comprendre comment le MTC a été amené à examiner la litière utilisée par les chevaux de Jean-Michel Henry et Shailesh Ramdin, il faut savoir que le club de la rue Eugène Laurent cherchait à trouver l’élément commun après que ces quatre cas de “dopage” ont été mis au grand jour.
Dans un premier temps, c’est-àdire quand les premiers cas ont été rendus publics, le MTC avait trouvé anormal que deux chevaux placés sous la charge de deux chefs palefreniers qui ont un casier vierge et qui sont quelque part au-dessus de tout soupçon, même s’il a déjà été prouvé que « pa kapav éna 100% konfi ans », ont été trouvés positifs.
Le club s’est par la suite dirigé vers le fait que les deux chevaux concernés avaient occupé le box numéro un dans le paddock.
En attendant, l’échantillon B avait été envoyé au Laboratoire de Paris pour une contre-expertise. Puis, coup de tonnerre, voilà que deux autres cas positifs ont été décelés, les deux du côté de Shailesh Ramdin, à savoir Ek Tha Tiger et Mount Hillaby, vainqueurs lors de la 7e journée. Du coup, Shailesh Ramdin demande une analyse d’urine de tous les chevaux de son établissement qui ont été entrés pour la 8e journée. Le produit pouvant être trouvé lors d’une analyse d’urine et non d’un analyse sanguine. Jean-Michel Henry en fait aussi la demande. Niet du côté de Shailesh Ramdin, mais Maestro’s Salute est positif au même produit prohibé.
C’est ainsi que la décision est prise pour faire analyser tous les produits utilisés par les deux établissements dont l’eau, le sérum et la litière le vendredi après-midi. Dans la matinée de samedi dernier, la nouvelle est tombée qu’effectivement la litière de ces deux établissements, contaminée au produit 3-hydroxy-N-methylmorphinan, quasiment le même produit (morphine) qui avait été trouvé le 22 juillet de l’année dernière dans l’urine de la jument Estimate, appartenant à la Reine Elizabeth II. Même il est important de signaler que dans le cas d’Estimate, la contamination provenait de la nourriture.
Difficile, certes, à avaler, mais il semblerait que pour l’heure tout s’accorde à démontrer que la litière de ces deux chevaux était bien contaminée. Selon nos informations, si le taux de concentration trouvé dans l’urine des chevaux équivaut à moins d’une goutte du produit, celui trouvé dans la litière a été cinq fois plus. Il faudrait aussi noterer que le taux de concentration trouvé dans le système des chevaux était variable.
Le produit ne peut améliorer la performance d’un cheval
Dans l’enquête qui a eu lieu mecredi, le responsable du laboratoire QuantiLab, Bertrand Baudot, est venu confi rmer l’information que la bedding de Jean-Michel Henry et de Shailesh Ramdin était contaminée. Il faudait souligner que celui de Randhir Pertaub provient du même fournisseur. Au fait, il serait bon de faire ressortir qu’il nous a été confirmé que l’ancienne écurie Fok a toujours utilisé du carton comme litière et qu’aucun problème n’a été noté. Jean-Michel Henry, lui, avait pris l’option du carton depuis deux mois et demi seulement.
Mais lors de l’enquête menée par Stéphane de Chalain, Bertrand Baudot a affi rmé que des problèmes ont déjà surgi dans un passé récent. Il a souligné se souvenir encore de la litière qui avait été une source de pas mal de problèmes pour l’ancien entraîneur Serge Henry qui avait, lui, demandé que celle de son établissement soit analysée et le problème avait ainsi été résolu.
Toujours au cours de l’enquête de mercredi matin, le vétérinaire en chef, le Dr Christian Bourdet, a appor- t é un élément qu’on qualifi era d’important en avançant que le 3-hydroxy-N-methylmorphinan ne pouvait en aucune manière faire en sorte qu’un cheval aille plus vite (enhance). Ce qui vient à dire que les quatre chevaux qui ont gagné avec ce produit dans leur système l’auraient q u a n d m ê m e emporté sans ce produit.
Bertrand Baudot, pour sa part, est monté en avant pour dire qu’il a été très surpris des résultats d’analyse des échantillons. Il a toutefois estimé que cela « relèverait de la science-fi ction » que d’essayer de prédire la dose et la voie d’administration au vu de la faible quantité rélévée dans les analyses. Selon lui, ce n’est qu’en ingérant du dextromethorphane (ce produit utilisé contre les douleurs et la fi èvre) qu’un organisme peut éliminer le 3-hydroxy- N-methylmorphinan et non le contraire, rejoignant ainsi la thèse de la litière contaminée. L’on a aussi fait ressortir que dans des cas, la litière contenait le produit à l’analyse mais que le cheval qui était dans le box concerné était, lui, négatif.