La Cour suprême a rejeté cette semaine une motion de Prakash Maunthrooa — coaccusé de corruption avec l’ancien président de la Mauritius Ports Authority Siddick Chady dans l’affaire Boskalis —, qui entendait empêcher la Cour intermédiaire d’accepter des témoignages à charge par visioconférence depuis La Hollande.
Assisté de Me Antoine Domingue, Prakash Maunthrooa avait évoqué la section 161 (b) de la Court’s Act pour plaider l’inadmissibilité de tels témoignages que le ministère – public et la Commission indépendante anticorruption ont, eux, négociés et obtenus de deux directeurs hollandais de Boskalis.
Ces derniers, Jan Cornelius Haak et Antonius Wihemus Theodorus de Goede, clients d’Ivan Collendavelloo du temps où celui-ci exerçait au barreau, ont, rappelons-le, déjà fait l’objet d’un procès séparé. Ils avaient avoué avoir corrompu les deux accusés afin que leur firme obtienne un contrat pour des travaux publics à être effectués dans le port.
Les deux Hollandais avaient été condamnés, mais en raison de manquements dans la Prevention of Corruption Act (POCA) — loi rédigée par Ivan Collendavelloo cette fois en tant que député entre 2000 et 2005 —, qui n’avait prévu aucune sanction d’emprisonnement contre une compagnie impliquée dans des pratiques corruptives, ils ont pu rentrer dans leur pays.
Toutefois, il était convenu avec les autorités mauriciennes qu’ils témoigneraient contre Chady et Maunthrooa. Cependant, quand arriva le moment pour eux de revenir à Maurice pour s’expliquer en Cour intermédiaire, ils ont évoqué des risques contre leur sécurité. À la demande du ministère public et malgré les objections de la défense, la magistrate Wendy Rangan a agréé qu’ils déposent par visioconférence.
Maunthrooa a contesté ce recours à la technologie moderne en sus de réclamer la radiation de l’accusation contre lui parce que, selon lui, son procès a été trop souvent renvoyé, alors que la magistrate elle-même avait déjà prononcé un ruling dans lequel il avait été précisé qu’il n’y aurait pas de renvoi supplémentaire. Les juges Chui Yew Cheong et Asraf Caunhye ont maintenu la décision de la magistrate.
Cependant, à la reprise du procès mercredi dernier, celui-ci a dû une nouvelle fois être reporté parce que la Cour intermédiaire ne disposait pas des services d’un interprète hollandais. En conséquence, les travaux de la cour ont été cette fois remis au 29 septembre prochain.
Pour rappel, Prakash Maunthrooa — qui occupe présentement d’importantes fonctions administratives au Bureau du Premier ministre et qui siège au conseil d’administration d’Air Mauritius — est poursuivi sous trois charges d’aiding and abetting the author of a crime punissable en vertu de la section 38 (3) du Code pénal et de la section 7 (1) de la POCA. Il lui est reproché d’avoir mis Siddick Chady en contrat avec les directeurs de Boskalis, de l’avoir aidé à toucher un pot-de-vin et d’avoir lui-même obtenu une commission dans la transaction. Maunthrooa nie totalement l’accusation, tout comme Siddick Chady.
Affaire à suivre !