C’est ce qu’on appel un coup de théâtre. L’appel du jockey italien — qui avait été suspendu pour six mois, couplé d’une amende de Rs 100 000 pour sa monte scandaleuse sur Saziwayo lors de la 24 journée et qui a vu par la suite sa licence de jockey être suspendue par le board des commissaires administratifs et sur qui pèse aussi une charge de «cheating» en cour — devant le comité d’appel présidé par Me Robin Ramburn n’a pas eu lieu. Le Mauritius Turf Club à travers son homme de loi, Me Sanjay Buckhory a cherché et obtenu un accord avec les hommes de loi du jockey italien pour la mise en place d’une enquête «de novo» dans cette affaire, devant un nouveau board de Racing Stewards. Un board où sera exclu le président de la Chambres des commissaires des Courses, l’Australien Ian Paterson, aussi bien que tous ceux qui ont siégé sur le board qui avait suspendu Gregoria Arena, à l’issue de sa monte sur Saziwayo.
Clause différente
Cet accord entre les deux parties qui intervenu à la surprise quasi-général, surtout quand on savait depuis le départ que les hommes de loi allaient mettre en doute, voire en difficulté le Chairman du board de commissaires sur la question de sa partialité. En raison, d’une part de sa proximité avec des propriétaires de chevaux, et d’autre part sa présence à un anniversaire organisé par ces mêmes propriétaires où il y avait eu un incident dans lequel le jockey Arena et d’autres Italiens avaient été  impliqués en juin dernier, dans un hôtel sur le littoral nord. Avec cette accord, il va sans dire qu’un nouveau board, sans Ian Paterson, va devoir réexaminer la course de Gregoria Arena lors de la 24e journée.
Reste qu’à la suite de cette accord nous avons assisté à une guerre de communiqués entre les deux parties dans cette affaire. En effet, le communiqué émis dans la soirée de mercredi 2 octobre et qui porte la signature du General Manager, Benoit Halbwachs, fait accroire que le jockey italien n’allait pas «question the integrity of the Chairman of the Board of Racing Stewards, Mr Ian Paterson. The Appellant further stated that he was not making any allegation of actual bias against the Chairman of Racing Stewards.» Un fait que n’a pas voulu accepter les hommes de loi du jockey Arena qui dans la foulée ont émis un communiqué pour dire que l’accord qui est intervenu entre les deux parties se lisent comme suit: «The Appellant is not pressing with grounds 1 and 2 of the grounds of appeal and adds that he is not questioning the integrity of the inquiry process at the Mauritius Turf Club and that there is no imputation of “actual bias” against the Chairman of the Board of Racing Stewards, Mr. Paterson.»
Les charges retirées
Sans aucun doute cette guerre de communiqué trouve en toile de fond la question de l’intégrité de Ian Paterson en sa capacité de président de la chambre des commissaire des courses. La question qui est posée sur la table est justement de savoir si l’Australien dispose toujours d’une forme d’intégirité de la part du board des commissaires administratifs après la décision de mettre en place un «board parallèle» pour enquêter sur la cause de Saziwayo le 13 août dernier? Si cette situation est une grande première au Champ de Mars après deux cents ans d’existence, il faut aussi se demander si ce n’est pas l’ouverture d’une porte qui sera difficile à fermer.
La contestation au MTC commence à prendre de l’ampleur décision de permettre à Gregoria Arena de passer devant un autre board aura certainement un autre effet boomerang sur le MTC et sa direction. Déjà le board d’appel présidé par Robin Ramburn et composé de Paul France Tennant, Me Feroz Abdullah, Me Jaykar Gujadhur et Chintamun Rambocus n’a pas apprécié qu’il a été considéré comme un «rubber stamp» dans les négociations en coulisses. Il va sans dire que cette affaire ne va pas s’arrêter ici.
Après plus de 56 jours d’inactivité, aucune charge ne pèse sur Gregorio Arena et son avocat n’a pas tardé du reste pour presenter une motion à la cour pour demander que la charge de «cheating» retenue contre l’Italien à la suite d’un rapport de Ian Paterson à la Police des Jeux après la course de Saziwayo, soit rayée.