C’est le Conseil Privé de la reine (Privy Council), soit la plus haute autorité du système judiciaire mauricien qui décidera, finalement, du sort du Premier ministre actuel, Pravind Jugnauth, dans l’affaire MedPoint. Le chef juge, Keshoe Parsad Matadeen, et le juge Asraf Caunhye en ont ainsi décidé, jeudi dernier, en accédant à la demande du Directeur des poursuites publiques (DPP) pour que leur propre jugement, qui a acquitté Pravind Jugnauth, soit examiné par les Law Lords siégeant à Londres.
En attendant l’institution à Maurice d’une Cour d’appel — une instance juridictionnellement totalement séparée de la Cour suprême longtemps annoncée, mais jamais concrétisée après 50 ans d’indépendance — comme c’est autorisé par le système judiciaire locale, ce sont donc les mêmes juges qui, le 25 mai de l’année dernière, avaient renversé le jugement de la Cour intermédiaire condamnant Pravind Jugnauth à une peine d’une année de prison, reconvertie en travaux communautaires, qui ont décidé de le soumettre à une nouvelle épreuve. Et, forcément, ce sera la décision des juges elle-même que les Laws Lords devront passer sous à la loupe.
Pravind Jugnauth, rappelons-le, avait été trouvé coupable en première instance par les magistrats Ramsoondar et Neerooa pour conflit d’intérêts. Selon les magistrats, en tant que ministre des Finances en poste en 2011, il a favorisé l’achat par l’Etat de la clinique MedPoint qui appartenait à son beau-frère, le Dr Kishan Malhotra, et à sa soeur, Shalinee Malhotra. Toutefois, en appel, il fut disculpé par les deux juges ayant eu une lecture différente des magistrats de la section 13 (2) et (3) de la loi anticorruption (POCA).