Navin Ramgoolam lance un avertissement fort au patron de la compagnie Fashion Style, Rakesh Gooljaury. « Mo pe attan li de pied ferme », dit-il. Et il lui conseille même de s’assurer de la présence du SAMU lorsqu’il déposera en cour sur l’affaire Roches-Noires dans dix jours « parski mo conner li pou transpirer ». C’était vendredi dernier lors d’un congrès tenu par le PTr à Bambous-Virieux, où il commentait les propos de son ex-homme de confiance à la police. Très critique également envers les membres de la majorité, dont la PPS du No 11, Sandhya Boygah et le ministre de la Pêche Prem Koonjoo sur l’affaire de barachois, le leader du PTr s’en est pris aussi au manque de leadership de Sir Anerood Jugnauth alléguant que son inaction mène le pays à une crise économique et sociale sans précédent.
Devant d’une salle verte réunissant ses partisans, dont de nombreux suiveurs dans d’autres circonscription, à l’instar du Pandit Sungkur, Navin Ramgoolam a affirmé qu’en dépit de tous les desseins de ses détracteurs pour faire disparaître ce parti « person pa pou kapav fer PTr disparet tant ki Moris existé ». Des propos également pour soutenir sa conviction qu’il vaincra ses adversaires, quels qu’ils soient. D’où sa mise en garde à Rakesh Gooljaury qu’il compare à un certain Shumoogum qui avait fait des allégations contre Sir Gaëtan Duval, valant au leader du PMSD d’alors des mois de procès devant la justice. Selon lui, trente ans après, l’histoire se répète. Maurice compte un nouveau Shumoogum en la personne de Rakesh Gooljaury, dit-il, ajoutant : « Zot pe servi enn dimoun ki pe dire dans la cour devant juge : Monsieur le Juge mo enn menteur moi. Et après sa me dimoun ki pou témoin contre moi. »
L’ancien premier ministre s’est aussi attaqué à SAJ avançant que depuis 16 mois, il n’y a aucune compétence à la tête du pays, aucune vision, aucune direction de ce gouvernement. « C’est pourquoi nous avons une crise politique, une crise économique. Parce que nous avons un ‘part-time prime minister’ qui n’a aucune autorité aucune capacité », dit-il, interprétant les propos de Xavier Duval lors du congrès du PMSD dimanche dernier, comme des motions de blâme contre le Premier ministre. « Trois points Xavier Duval inn servi pou décrire situation. Premier lors Law & Order ki pe détériore et ki tombe sous responsabilité SAJ. Deuxième blâme lors chômage qui pe augmenter et ki tombe sous responsabilité ministre des Finances, qui encore enn fois c’est SAJ mem », dit-il. La troisième motion de blâme du leader du PMSD envers le PM concerne directement le leader du PTr, soutient Navin Ramgoolam, indiquant que « kan li pe dire ki le pouvoir pan fer pou kass le rein pou mo mem li pe cozer ! »
Tout au long de son intervention, Navin Ramgoolam a tiré à boulets rouges sur plusieurs ministres, députés et proches du gouvernement, dont Bisssoon Mungroo. Sa cible principale a toutefois été la PPS Sandhya Boygah, dont l’époux a bénéficié de plus de 115 arpents pour l’entreprise d’un barachois dans le Nord. Il rappelle que la députée MSM a été écartée du PTr après que le parti ait découvert, suivant une enquête initiée par l’ICAC, que sa compagnie de betting avait triché auprès de la MRA. « Li fin rod rendez-vous, mais mo pa finn zoine li, lerla linn avoye moi plusieurs long long lettres kot li dire moi You are my God », révèle le leader du PTr. Et de s’interroger — s’appuyant sur les propos tenus par la députée en 2014 lors d’un meeting à Rose-Belle qu’elle n’avait pas « touss li » — : « Be ki to fin tousser pou to gagn bambara ? » 
« Une équipe  compétente remplacée par des têtes fêlées »
S’attardant sur la situation du Law and Order dans le pays, et de la centaine de vols qu’il y a eus à Rivière-Noire en l’espace d’un mois seulement, Navin Ramgoolam s’indigne de l’inaction des autorités. « Avant kan dimoun kokin, zot dir Ramgoolam pe dormi, pa pe fer so travay. Be zordi ki zot pe fer ? » demande-t-il. Selon lui, le pays se dirige vers le précipice, car les investisseurs n’ont plus confiance dans notre économie et la manière dont elle est gérée. « Le gouvernement pe crée chômage. Zot pe fer mirak pou zot me miraz pou la population », dit-il. Il estime qu’on a remplacé « une équipe compétente par des têtes fêlées ! » Il est convaincu que « kan mo ti la, la cuisine ti pe rouler ». Révélant qu’à lui aussi, comme cela a été le cas pour Pravind Jugnauth, son père lui avait dit de ne pas faire de la politique, mais qu’il a été convaincu par Sir Gaëtan Duval, le leader du PTr demande : « Ou kwar mo bizin fer politik pou viv ? » La réponse, il la donne lui-même disant que « kan ena laflam dan leker ou fer politik » et affirme que « mo envi transforme le pays en enn pays kot MRA pa fatig dimoun ». 
Les autres intervenants ont appelé à la mobilisation des Rouges. Arvin Boolell, qui a lui aussi abordé l’affaire des barachois, rappelant à la communauté des pêcheurs que l’ancien régime avait créé de l’espace dans la mer pour tous, a réclamé le ralliement derrière le PTr en vue des élections générales anticipées. C’est dans cette optique que le PTr continue sa série de congrès. La semaine prochaine, le 29 avril, c’est à la mairie de Vacoas/Phoenix que les Rouges tiendront leur rassemblement.