Revenant à la charge sur l’affaire Sobrinho à la lumière, notamment, des réponses fournies par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, à la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Xavier Duval, Paul Bérenger, leader du MMM, appelle Mme Ameenah Gurib-Fakim à prendre congé (take leave) de la présidence de la République. Il explique que s’il a fait preuve de pondération jusqu’ici dans ses critiques autour de cette affaire, c’est parce que la présidence y est directement concernée. Il explique qu’il avait déjà « mesuré sa parole » en déclarant qu’Ameenah Gurib-Fakim « s’est disqualifiée comme présidente de la République ». 
Alors que, selon lui, il n’y a jamais eu autant de scandales et d’affairisme à Maurice, Paul Bérenger accuse le gouvernement de manoeuvrer pour qu’ils n’éclatent pas au grand jour. Il soutient que, selon le cas, tout est mis en place pour qu’il y ait cover-up ou pour que les enquêtes initiées «déraillent» en cours de route. Dans d’autres cas encore, des demandes d’enquêtes sont tout simplement refusées, fait-il remarquer. Citant la récente affaire de saisie de 135 kg d’héroïne d’une valeur marchande de Rs 2 milliards, il souligne que les autorités ne se sont pas encore expliquées pour dire qui a décidé que le passeport du dénommé Navind Kistnah ,désormais en cavale à l’étranger, devait lui être rendu et pourquoi.
Paul Bérenger poursuit en alléguant que l’autre saisie subséquente de drogue dans la région portuaire aurait dû, en fait, permettre l’interception de 60 kg additionnels de drogue et non les seuls 20 kg saisis. Il se demande pourquoi, pour cette deuxième opération, les services de douane ont choisi d’opérer en solo plutôt que de concert avec l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) de la police. Compte tenu des conséquentes cargaisons de drogue saisies, le leader du MMM trouve que le pays avait fini par être transformé en un centre régional de distribution. Ce qui, dit-il, a très certainement dû retenir l’attention tant des Etats-Unis que de l’Union européenne (UE).
Vente de Britam : « Responsabilité engagée de Manraj »
Commentant, d’autre part, une nouvelle fois l’affaire BAI, Paul Bérenger trouve qu’il ne sert à rien de la part de l’ex-ministre Roshi Bhadain et du ministre Vishnu Lutrchmeenaraidoo de se renvoyer mutuellement la balle à propos de l’écroulement de l’empire Rawat : « Ils sont tous solidairement responsables de la fermeture du groupe BAI. Encore plus ceux qui, après avoir pris soin de retirer leur argent de Bramer Bank, ont décidé de la fermeture de cette banque ! » Il ne manque pas de rappeler que de l’avis même du nouveau ministre des Services financiers, Sudhir Sesungkur, un trou de Rs 12,5 milliards reste à être comblé dans cette affaire BAI.
Sans compter, dit-il, plusieurs autres milliards que le gouvernement aura, nécessairement, à injecter pour protéger les investissements des plus que 135 000 souscripteurs de la National Insurance Company (NIC) Ltd qui a repris les activités de l’ex-British American Insurance Co Ltd du groupe BAI.
Paul Bérenger trouve que le secrétaire financier, Dev Manraj, a « une grande part de responsabilité » si, finalement, la vente des intérêts de l’ex-groupe BAI dans Britam au Kenya n’a rapporté que Rs 2,4 milliards, alors que l’on s’attendait, au départ, que cela allait rapporter quelque Rs 4,5 milliards.
S’il juge nécessaire de faire la lumière sur cette transaction, le leader des mauves regrette, néanmoins, que l’enquête instituée par le gouvernement à cet effet ait été confiée à l’ex-juge Bushan Domah, une personne que Paul Bérenger juge « décrédibilisée ». Quoi qu’il en soit, même si, dit-il, « il ne sera pas question de se venger à l’avenir », tous ceux concernés par la mauvaise gestion de la crise BAI « auront, demain, des comptes à rendre ».
Le leader du MMM revient sur l’affaire de l’Euroloan du ministre Lutchmeenaraidoo. Il considère « inimaginable qu’un ministre des Finances puisse solliciter un tel emprunt d’une banque d’Etat dans un pays où prévaut réellement l’Etat de droit ». Le leader du MMM ne manque pas de rappeler que la Cour suprême a refusé d’entretenir la demande du ministre pour qu’un gagging order soit imposé à un confrère de la presse écrite pour interdire à ce dernier de révéler d’autres éléments relatifs à cette affaire. Se référant à une déclaration de Vishnu Lutchmeenaraidoo parue, hier matin, Paul Bérenger trouve que le ministre a laissé comprendre que le ministre mentor, sir Anerood Jugnauth, aurait menti quand il a laissé entendre qu’il n’avait pas été informé que son ministre des Finances d’alors avait contracté cet emprunt.
VIP Facilities : «31 interventions de la présidence »
Paul Bérenger revient, de même, sur l’affaire Sumputh. Il déclare que l’on ne sait encore si la directrice démissionnaire du Cardiac Centre est encore membre du Conseil d’administration de la MauBank. Même si deux enquêtes ont été instituées pour tirer au clair toute l’affaire des salaires généreusement rehaussés de Vijaya Sumputh, à savoir, une confiée à l’Assistant Sollitor General, Lutchmeeparsad Aujayeb, et l’autre menée par l’Independent Commission Against Corruption (ICAC), le leader du MMM laisse percevoir son pessimisme que ces enquêtes soient menées comme elles se doivent.
A propos de l’affaire Sobrinho, Paul Bérenger ne manque pas de revenir sur la précision donnée, mardi à l’Assemblée nationale, par le Premier ministre en réponse à la PNQ du leader de l’opposition à l’effet que la présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, est intervenue en pas moins de 31 fois pour que des facilités VIP soient accordées à l’aéroport au milliardaire angolais. Le leader du MMM s’étonne que Pravind Jugnauth ait déclaré qu’il n’était pas en mesure de préciser combien le dénommé Alvaro Sobrinho avait investi en vue de l’acquisition de propriétés immobilières de grands luxes sur le littoral nord.
Il ne manque pas, non plus, de souligner que c’est le même secrétaire de la présidente qui a déjà voyagé aux frais de Planet Earth Institute (PEI) qui travaille, dorénavant, pour le groupe Sobrinho. Paul Bérenger trouve que les dernières interventions de l’ex-ministre Roshi Bhadain donnent à penser que ce serait le Premier ministre, Pravind Jugnauth, lui-même, qui serait derrière l’arrivée sur notre sol du milliardaire controversé, « si tel est le cas, qu’il le confirme. Mais il nous faut savoir qui a amené ce dénommé Sobrinho chez nous ».
Le leader du MMM explique que s’il a fait preuve de pondération dans ses critiques autour de cette affaire Sobrinho, c’est dû au fait que c’est la présidence de la République qui se retrouve directement au coeur de cette polémique : « Parce que c’est la présidente qui est, en premier lieu, concernée, j’ai mesuré ma parole et j’ai déclaré que Mme Ameenah Gurib-Fakim s’est disqualifiée comme présidente de la République. Aujourd’hui, plus que jamais, si j’ai un conseil à lui donner c’est qu’elle prenne congé (take leave) de la présidence ».