Rs 405 000. C’est le montant total du salaire de l’ex-directrice du Cardiac Centre, avance le leader de l’opposition. Selon lui, le ministre Anwar Husnoo n’aurait pas dit toute la vérité sur cette affaire qui suscite la polémique depuis mardi. Xavier Duval avance qu’en sus des Rs 323 200 que touchait Vijaya Sumputh, alors que son prédécesseur touchait un salaire de Rs 117 000, l’amie intime d’Anil Gayan, employée sur une base contractuelle, bénéficiait également de 25% supplémentaires de gratuity, d’où les Rs 405 000 avancées. Au PMSD, on estime que l’ignorance dont feint le Premier ministre sur le salaire de Vijaya Sumputh démontre qu’il existe “un dysfonctionnement au sein du gouvernement.” Et avec les scandales qui s’amoncellent semaine après semaine, cela démontre que “le régime en place dégage un parfum de fin de règne”, dit Xavier Duval.
Pour le leader de l’opposition, il n’y a pas de doute, Anil Gayan a dû intervenir quelque part dans “l’affaire Sumputh”. Il relève que selon l’article 7 de la Trust Fund For Specialised Medical Care Act, il est stipulé que l’accord du ministre de tutelle est requis pour toute décision. D’où son avis que la décision d’augmenter le salaire de Vijaya Sumputh par Rs 100 000 devrait faire l’objet d’une commission d’enquête présidée par un magistrat.
Pour le leader du PMSD, “soit c’est le ministre d’alors qui a approuvé pour que le board donne son accord à cette augmentation salariale faramineuse, soit aucun ministre n’a approuvé, et les sommes payées à Vijaya Sumputh l’ont été illégalement et elle devra rembourser.” Xavier Duval est toutefois d’avis qu’il serait surprenant qu’un board prenne une décision seul. Qui plus est, si Anwar Husnoo a dévoilé le pot aux roses au Parlement mardi dernier, le ministre aurait “menti”, dit Xavier Duval, faisant ressortir que Vijaya Sumputh était employée sur une base contractuelle.
“Toute personne sous contrat auprès du gouvernement touche 25% de plus en termes de gratuity sur son salaire. Donc, ce n’est pas Rs 323 200 que touchait Vijaya Sumputh, mais Rs 405 000. Cela, alors que l’ancien directeur touchait lui Rs 117 000”, dit-il, réclamant dans la foulée au ministre Anwar Husnoo de rendre public le contrat de Vijaya Sumputh.
 Xavier Duval est tout aussi surpris des aveux du Premier ministre à l’effet qu’il n’était pas au courant du salaire de Vijaya Sumputh jusqu’à récemment. “Cela est une preuve indéniable de dysfonctionnement au sein du gouvernement”, estime Xavier Duval, d’autant plus qu’il y a non seulement un représentant du PMO mais aussi un représentant du ministère des Finances, tous deux sous l’égide de Pravind Jugnauth, qui siègent sur le board du Cardiac Centre.
Le leader des bleus constate également que “Gayan a été remis à l’ordre ouvertement et publiquement par son propre collègue Husnoo, soutenu par le Premier ministre”. Selon lui, il s’agit d’une énième preuve qu’entre le MSM et le ML, il y a de l’eau dans le gaz et “le MSM ne se gène pas pour montrer que le ML est devenu un partenaire encombrant.”
Métro Express : fuite en avant de Bodha
 Dans un autre volet, le leader de l’opposition – qui se dit satisfait du quasi consensus de l’opposition au Parlement – est revenu sur sa PNQ de mardi dernier, estimant que le ministre des Infrastructures publiques a fui devant ses questions et que le flou perdure toujours sur le projet Métro Express.
 Pour Xavier Duval, Nando Bodha a fait preuve de “mauvaise foi” et a démontré “l’incompétence” du gouvernement sur ce dossier pour lequel “le manque de planification est évident.” Il déplore que le ministre Bodha, “contournant la question”, a laissé comprendre qu’il ne s’engagerait pas à répondre à des questions relatives à la compagnie privée qu’est Metro Express Ltd. Pour Xavier Duval, au même titre que ce qui s’est produit avec Air Mauritius, Mauritius Duty Free Paradise ou encore Mauritius Telecom, cela relève d’un manque de transparence et de bonne gouvernance.
 Le leader de l’opposition se dit inquiet quant aux coûts réels de ce projet financé par deux types de contribuables, à savoir les contribuables indiens, à travers le gouvernement indien qui collabore avec une subvention de Rs 10 milliards, et les contribuables mauriciens, à la hauteur de Rs 7,7 milliards. Inquiétude qu’il a partagée avec le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaisankar, qu’il a rencontré en début de semaine à l’hôtel Oberoi.
Selon le leader du PMSD, il est impératif de placer Metro Express Ltd sous la Public Procurement Act, comme cela s’est fait pour Cargo Handling Corporation Ltd. “Il n’y a pas que Metro Express Ltd impliqué dans ce projet. Plusieurs autres contrats seront alloués. Sous la PPA, cela conférera des règles à respecter et on aura un certain contrôle sur l’allocation des contrats”, dit-il. Le PMSD reviendra à la charge avec une nouvelle PNQ bientôt, dit-il, estimant que trop de flou perdure et que jusqu’ici il n’y a eu de la part du gouvernement aucune justification quant à son choix arrêté sur le Métro Express, plutôt que le Bus Rail Transit.
 Xavier Duval souligne qu’un rapport sur le sujet démontre que les projets de métro dans le monde coûtent 45% plus cher que le coût de départ et que, en outre, le nombre estimé de passagers, qui sera pour Maurice de 80 000, est exagéré par 51% en moyenne. Xavier Duval déplore également que le ministre des Infrastructures publiques ne s’est pas attardé sur le sort des employés du secteur du transport, avançant que dans leur cas également, malgré la garantie donnée par Nando Bodha, le flou perdure.
écart de langage ?du ministre mentor
Le chef de l’opposition s’apitoie par ailleurs sur l’avenir des familles qui devront évacuer leurs terrains et propriétés en raison du tracé du Métro Express, s’insurgeant contre le délai d’un mois accordé par les autorités. Il déplore une fois de plus l’exemption du permis EIA à Metro Express Ltd sous la GN40, estimant qu’un projet d’une telle envergure nécessite un assessment complet des impacts négatifs sur l’environnement.
Dans une autre partie de sa conférence de presse, il a dénoncé les écart de langage du ministre mentor dans ce qui est “un exemple de grandeur et décadence”. S’il ne s’est pas encore attardé à l’analyse du rapport de l’Audit, Xavier Duval se félicite des informations relatives au secteur du tourisme, dit-il, se targuant qu’il n’y ait pas de “maldonne financière”, dans ce secteur qui était jusqu’à récemment sous sa responsabilité.