Apka ne vit pas dans la nature. Il en constitue un élément. Dans la cabane en bambou, en ravenala et en feuilles séchées qu’il s’est construite au bord de la rivière à Chamarel, l’ermite vit dans un état de création. Loin du superflu et des futilités, il cherche ses réponses aux questions essentielles en travaillant le bois, la terre, la musique. Créateur d’un dérivé du reggae philosophique, il partagera les notes de son amggae, lors du Kaz’Out Muzik Festival au Château Labourdonnais, les 7 et 8 novembre.
En fin d’après-midi, lorsque le soleil disparaît derrière les montagnes, la chaleur qui a baigné le village dans la journée est rapidement emportée par les brises. Les braises qui brûlent dans le foyer en pierre de la cuisine réchauffent un peu l’air dans une légère odeur de fumée âcre, qui s’envole aussitôt par les deux grandes fenêtres situées plus haut. À Chamarel, la nuit sera fraîche. Dans son débardeur noir, Apka ne s’en inquiète pas. Plus tard, le feu de bois qu’il ravivera pour faire son dîner ramènera la chaleur dans la cabane. Ensuite, il retrouvera son matelas et sa couette en haut du petit escalier en bambou qui mène au niveau supérieur. Là, sous un ingénieux enchevêtrement de bambous en guise de charpente, il dormira face à une ouverture qui lui donnera vue sur les étoiles et les arbres qui masquent sa maison. Pas une seule vitre, surtout pas de plastique. L’air qui circule librement dans la cabane, le chant des oiseaux, la mélodie du vent dans les feuilles et le murmure de la rivière qui coule juste à côté le revigorent en permanence.