La Société Musicale a décidé cette année de mettre en valeur les talents pianistiques mauriciens en proposant trois récitals conçus et interprétés par des musiciens mauriciens. L’un d’entre eux, Gino Montille, est moins connu en tant que tel ici, pour s’être produit en concert une seule fois depuis qu’il mène une carrière de concertiste et enseignant en France.
En invité spécial, Gino Montille ouvre le festival mercredi 21 août prochain, à 20h à l’Alliance française à Bell-Village, avec un programme qui nous fera voyager de l’époque baroque aux grands noms de la musique russe : Scarlatti, Bach, Beethoven, Brahms, Chopin, Rachmaninov et Prokofiev. La Société Musicale de l’île Maurice, qui soutient aussi la diffusion du disque de Kenneth Babajie, Romantic piano, poursuit son travail discret de dissémination de la musique classique à travers trois concerts dédiés aux pianistes mauriciens et à la musique classique ainsi qu’une série de masterclasses auxquelles participeront une dizaine de concurrents au concours de la Royal School of Music. Après avoir fait venir des pianistes tels qu’Adam Giorgy ou le père Blunat, cette association de mélomanes qui oeuvre depuis cinquante-trois ans pour la promotion de la musique classique occidentale, entend cette fois-ci saluer le talent de trois pianistes mauriciens.
Enseignant actuellement la musique classique dans un conservatoire municipal, Gino Montille mène parallèlement une carrière de concertiste qui l’a amené par exemple à donner un récital pour piano et violon à Maurice en décembre 2011… Il participe régulièrement à des concerts de musique de chambre en France et à l’étranger (Québec, Japon, Russie), et accompagne des ensembles vocaux (choeurs Jubilate à St Petersbourg, chorale A Contretemps ou ensemble Vocal Crescendo en région parisienne). Il a contribué à l’enregistrement de deux disques de Thérèse Brunet, Fascinateur en 2009 et Poèmes de Jade en 2011, tous deux avec l’ensemble Stringendo sous la direction de Jean Thorel. L’an dernier, il a notamment présenté le Requiem de Fauré avec un choeur. Ayant commencé le piano à l’âge de sept ans, le jeune pianiste n’a pas tardé à se faire remarquer dans le milieu de l’enseignement musical mauricien, en obtenant le grade VIII de la Royal School of Music avec mention très bien à seulement 15 ans. Il sera ensuite lauréat du Concours musical de France ainsi que du Grand concours international de piano.
Olivier David, pianiste et enseignant qui aime autant le jazz que la musique classique, assurera le deuxième concert proposé par la Société musicale, le 27 août, à 20 h. Il interprétera alors des oeuvres de Charles Griffes, Sonny Rollins, Robert Muczynski, Theo Mackeben, Richard Rodgers, Robert Schumann, Thelonious Monk et Maurice Ravel. Ainsi pourra-t-il convaincre ceux qui ne le sont pas encore que les classifications habituelles qui dressent des murs entre la musique de jazz et musique classique peuvent facilement voler en éclat lorsqu’on atteint un certain niveau de pratique et que l’on s’intéresse à la musicalité avant toute chose. Ceux qui ont eu le bonheur de suivre le premier festival de jazz Ernest Wiehe ont goûté le plaisir de l’entendre en solo et d’apprécier son inventivité. Les élèves du Conservatoire François Mitterrand peuvent suivre son enseignement actuellement, ceux du Conservatoire Frédéric Chopin l’ont fait dans le passé, et ce jeune interprète ne cesse d’épater le milieu musical mauricien depuis qu’il achevé ses études de musique aux États-Unis (Bachelor of Music in piano à l’Université Baptiste d’Oklahoma aux États-Unis ; Master of Arts in Music à l’Eastern Illinois University).