« Éclats de rêves » est l’intitulé de la deuxième exposition de peinture que propose Salonee Nirsimloo-Lallah en solo, à l’Alliance française de Maurice, jusqu’au 29 mars. Le vernissage a eu lieu hier soir.
Un an après sa première exposition en solo, Salonee Nirsimloo-Lallah revient avec une cinquantaine de toiles, dont la plupart ont trait à des portraits de sa famille : ses soeurs, surtout Ananda Devi et sa fille, pour représenter une exploration de son fort intérieur, faisait-elle ressortir lors d’une récente rencontre avec Le Mauricien en sa résidence à Curepipe, où elle travaille également.
L’artiste peint au quotidien et n’a pas peur des couleurs. « La plupart de mes tableaux, je les peins en moins de deux heures. Il est rare que je passe plusieurs heures sur un travail ». Souvent, elle trace les lignes directrices des images qu’elle souhaite aborder, ensuite, elle se laisse aller à l’application des couleurs. Tantôt sombres, tantôt éclairées, elle les choisit en fonction de ce qu’elle ressent. Elle privilégie la peinture à l’huile ou acrylique sur canevas mais s’adapte selon ce que demande le sujet pour produire des travaux en mix-media. Pinceaux, éponges, doigts ou bombe, les outils pour l’application de couleurs sont multiples.
L’artiste s’inspire de ce qui l’entoure : sa famille, le paysage local ou international, la nature… mais fait très peu de figuratif surtout en ce qui concerne les paysages. « Je ne veux pas reproduire la nature. Je pense qu’on ne peut pas faire mieux que la nature ». Par conséquent, elle ne ressent point le besoin de travailler in situ mais transmet sur la toile ce dont elle s’est imprégnée au préalable. Ainsi, on ne peut demeurer insensible devant la magnifique impression du paysage de Chamarel où les couleurs chaudes contrastent avec les nuances froides de la végétation dense en arrière plan et un ciel nuageux qui laisse toutefois transparaître la lumière. Ou encore, le paysage japonais, cette fois-ci caractérisé par du noir et des couleurs pastels.
Elle propose aussi des abstraits : la pluie qui frappe sur la vitre ou encore « La tempête », représentée cependant avec une grande douceur et qui, à force d’être regardée, laisse deviner la silhouette d’un homme dans la rue.
Salonee Nirsimloo-Lallah joue aussi sur le symbolisme du nombre trois et propose ainsi « The power of three ». « Le trois est présent partout, dans tout ce qui nous entoure », dit-elle.
Un nombre qui nous ramène tout de suite à leur fratrie de trois soeurs : Soorya, Salonee et Ananda. Originaire de Trois-Boutiques, les soeurs Nirsimloo ont toujours baigné dans un environnement où la culture était le maître mot. Très jeunes, Soorya et Salonee font parler d’elle comme danseuses. Par la suite, chacune choisit sa voie : Soorya poursuit avec la danse à un niveau professionnel et Salonee, les arts en suivant des cours dans une grande école à Paris. Dès l’adolescence, Ananda Devi se met à l’écriture littéraire pour devenir, aujourd’hui, un des plus grands auteurs que Maurice ait connu avec plusieurs distinctions internationales dont celle des Cinq Continents de la Francophonie. « The power of three » fait certainement penser aux trois soeurs. L’exposition est ouverte jusqu’au 29 mars. Entrée gratuite.