Dans un deuxième volet de sa conférence de presse vendredi, le ministre de la Santé a abordé d’autres sujets que la méthadone, dont l’amiante et la sécurité dans nos hôpitaux et le don d’organes. “Ce que raconte la presse n’est pas vrai”, dit-il, ajoutant cependant que les autorités enclencheront les démarches pour venir à bout de ce matériau qui a été utilisé dans la construction des maisons EDC.
“L’amiante est un faux problème”, a soutenu Anil Gayan, estimant que les débats et autres témoignages dans la presse ne sont que tentatives de sensationnalisme. Le ministre de la Santé affirme que de par les paramètres de nos lois, il est impossible aujourd’hui d’importer de l’amiante. Il annonce dans le sillage que décision a été prise pour l’enclenchement des mesures en vue d’éliminer toute trace d’amiante dans les maisons EDC dont la construction a été effectuée avec du matériaux contenant de l’amiante. La responsabilité de s’assurer que ces maisons sont “amiante free” relèvera du ministre des Terres et du Logement, Showkatally Soodhun.
S’agissant des cas d’agressions physique et verbale à l’encontre des membres du personnel médical dans les hôpitaux, longtemps décriés par les associations de médecins et d’infirmiers, Anil Gayan indique que des mesures ont été prises afin d’assurer leur sécurité.  “Nous voulons que le personnel travaille en toute sécurité”, dit-il, souhaitant que “le public prenne conscience des actions qui seront prises à son encontre en cas d’agression sur un membre du personnel hospitalier”. Cependant, dit-il, s’il y a 6 millions de visites annuellement dans nos centres de santé publics, il n’existe par an, qu’environ une centaine de doléances de patients ou proches insatisfaits du service. Pour Anil Gayan, “tout le monde doit prendre ses responsabilités. Ce n’est pas parce qu’un service est gratuit qu’on en abuse”. Il indique que des complaint boxes ont été installées dans tous les hôpitaux et Area Health Centre pour que le public puisse exprimér ses doléances. Des officiers de ces centres de santé seront à la disposition des patients pour les aider à remplir les formulaires s’agissant de leur plainte.
Don d’organes
Selon le ministère, depuis la mise en place du système de numérotation dans les salles d’attente, la tension a diminué dans les hôpitaux. Ce système devrait être appliqué dans d’autres départements. D’autres changements sont à prévoir au niveau de la Santé publique, dont une législation sur le don d’organes. Dans cette optique, annonce le ministre, un atelier de travail sera organisé le 22 août prochain, à l’hôpital Victoria sur le sujet. Le précédent atelier n’ayant pas obtenu le succès escompté, le ministère espère que cette fois, tous les stakeholders seront partie prenante. Anil Gayan fait ressortir qu’”il y a 1 200 à 1 300 personnes qui font des dialyses à Maurice et s’il y a des possibilités de transplantation, leur qualité de vie n’en sera qu’améliorée. C’est pourquoi cette question mérite une réflexion profonde, car il y a aujourd’hui un vide juridique sur le sujet, et il devrait être possible de pouvoir faire des dons d’un ami à un autre, et d’une personne vivante à une autre en sus des dons relatifs aux liens de parenté ou d’une personne décédée à une personne vivante”.
Une délégation du ministère de la Santé devra aussi se rendre à Agaléga pour étudier les possibilités d’amélioration du système de santé dans l’île en consultation avec les habitants.
Cette conférence de presse a aussi été l’occasion pour le ministre d’aborder le décès à l’hôpital d’un patient suite à une perfusion avec un médicament expiré. Anil Gayan indique qu’une enquête interne a été initiée et que des sanctions seront prises dès que les responsabilités seront situées. Il affirme de même que son ministère prendra des mesures pour déterminer les risques liés à l’expiration des produits pharmaceutiques.