Vêtue d’un churidhar vert et la démarche rapide, Sandhya Boygah arpente les rues de Deux-Bras sans complexe. Cette ancienne conseillère d’un village du Nord, parachutée au Sud, n’a rien perdu de sa verve et de sa détermination qui lui ont valu des conflits avec la hiérarchie du Parti travailliste. Désormais membre du MSM, elle se dit concernée par le chômage, l’insécurité et l’accès limité aux services essentiels des habitants de sa circonscription.
Rose-Belle/Vieux-Grand-Port est l’une des circonscriptions les plus compliquées, étant coupée en deux. Mais cela ne décourage pas Sandhya Boygah qui y fait campagne depuis plusieurs semaines déjà. Que ce soit dans le centre, à Rose-Belle, ou sur la région côtière, du côté de Bambous-Virieux, elle affiche la même détermination. Très à l’aise sur le terrain, Sandhya Boygah va vers les gens avec une certaine facilité. Et pour cause, elle se sent en confiance : « Je suis pleine de motivation. Je suis en route vers la victoire à 110 %. »
À chaque passage, elle ne peut s’empêcher de demander : « Ki bann problem zot gagne isi ? » Pour Sandhya Boygah, il n’y a aucune difficulté d’être une femme en campagne. « Tout se passe bien. Il n’y a aucune différence entre hommes et femmes. Même avec mon statut de mère de famille, je m’en sors très bien. Je passe de bons moments avec mes enfants, même s’il est vrai que je passe beaucoup de temps sur le terrain actuellement. Le plus important c’est que j’arrive à gérer sans aucun problème. Là, valeur du jour, la femme doit participer pleinement à ces élections parce que la femme est souvent victime de plein de choses comme la violence domestique, l’insécurité, le chômage… Si maintenant nous ne nous donnons pas à 200 % pour changer le destin du pays, il n’y aura pas d’autres élections qui nous permettront de le faire. C’est maintenant ou jamais. »
Lorsqu’on évoque son parcours comme conseillère de village et son conflit avec le PTr, Sandhya Boygah ne cache pas sa déception. « Comme group leader, avec mes douze candidats, j’ai été élue en première position. J’ai été présidente au niveau du District Council. Puis, j’ai constaté qu’il n’y avait pas de reconnaissance à mon égard de la part du gouvernement travailliste. J’ai subi d’énormes pressions… On me faisait comprendre que je devais démissionner et que je devais céder la place à un homme. Vous imaginez, le gouvernement travailliste parle d’égalité des chances, parle de donner plus de pouvoir aux femmes, soutient qu’il faut plus de femmes dans la politique. »
Cette déception n’empêche toutefois pas la candidate d’aller de l’avant. Cela fait longtemps qu’elle a tourné la page et a été adoptée par les partisans orange. Aujourd’hui, elle préfère penser à l’avenir, non seulement pour elle, mais aussi pour les habitants du N° 11. « Quand je regarde la circonscription N° 11, les habitants sont dépourvus de services très basiques. Il y a encore des problèmes d’éclairage des rues en 2014… Le problème d’approvisionnement en eau potable se fait toujours sentir. Il y a aussi un gros problème de transport. On a un aéroport six étoiles pas loin mais nous avons toujours un problème de transport. C’est incohérent. Sans compter les problèmes d’insécurité et le chômage qui affecte les habitants de la région. »
Si elle est élue, elle fera ainsi de ces problèmes ses priorités. « Nous n’allons pas faire des miracles, c’est sûr, mais nous pouvons quand même commencer par prendre des mesures concrètes. L’Alliance Lepep a déjà douze mesures pour régler ce genre de problèmes au plus vite. »