À 76 ans, Pushpa Lallah, veuve de l’ancien chef juge Rajsoomer Lallah, est la doyenne des candidats de Lalit. Alignée à Vieux-Grand-Port/Rose-Belle aux côtés de deux jeunes candidates, elle affirme continuer à honorer ainsi l’engagement de son époux en faveur des droits humains. Si elle est une activiste de Lalit depuis de nombreuses années, ce n’est que sa deuxième participation à une élection car elle a dû attendre que son époux prenne sa retraite comme Chef Juge pour se lancer dans la politique active.
La présence de Pushpa Lallah et de ses deux colistières, Sonia Dick et Guillana Sabine, ne passe pas inaperçue au N° 11, Vieux-Grand-Port/Rose-Belle. Les trois candidates de Lalit renforcent la présence féminine dans cette circonscription qui compte six inscrites. Contrairement aux autres partis, Lalit ne fait pas campagne à coup de grands congrès. C’est en distribuant des tracts, en faisant du porte-à-porte et en participant à des réunions que Pushpa Lallah partage la vision de son parti.
En doyenne des candidats de Lalit, Pushpa Lallah partage son expérience avec ses jeunes colistières. Et non seulement en matière de politique… Sachant que Sonia Dick est enceinte de sept mois, Pushpa Lallah est d’avis qu’être à ses côtés lui permet de « continuer mon travail en early childhood. » Fondatrice de Playgroup, Pushpa Lallah est surtout connue pour son engagement en faveur de l’utilisation du kreol et du bhojpuri dans le préscolaire.
Ce dévouement ne l’empêche pas de s’engager activement dans plusieurs combats et de participer à des manifestations, notamment avec le Muvman Liberasyon Fam. Mais pour se lancer dans la politique active, elle a dû attendre que Rajsoomer Lallah prenne sa retraite comme chef juge. « Il m’a toujours encouragée dans mes engagements », dit-elle.
Aujourd’hui, Pushpa Lallah puise ses forces de cette relation où « nous avons vécu comme si nous étions toujours des étudiants » pour aller plus loin. « J’ai perdu mon conjoint en 2012, si je n’étais pas active, j’aurais passé mon temps à déprimer. »
Avec Lalit, elle continue également l’engagement de Rajsoomer Lallah pour le respect des droits humains. Ce dernier était en effet un membre élu à plusieurs reprises au Comité des Droits Humains des Nations Unies. Il avait même refusé d’aller à une réunion du comité à New York en 2004 pour protester contre le « screening » dans les aéroports américains. Rajsoomer Lallah était également l’une des premières personnes à se prononcer contre la carte d’identité biométrique.
Sur le terrain, elle demande aux personnes de prendre connaissance du programme de Lalit avant de voter. « On vote pour notre programme et non pour les candidats. » Parfois, lors de porte-à-porte, il arrive que des personnes demandent : « Pourquoi venez-vous maintenant, à la veille des élections ? » La réponse de Pushpa Lallah surprend. Elle explique que Lalit est toujours engagé sur plusieurs plans, qu’il y ait élection ou pas. De même, elle informe sur la tenue régulière des réunions régionales.
À Rose-Belle, où elle est candidate, notre interlocutrice se dit interpellée par la présence des maisons à l’amiante, un produit dangereux pour la santé. De même, elle estime que l’ancienne sucrerie de la localité aurait pu servir pour développer l’agro-industrie, comme proposé par Lalit, au lieu d’être convertie en centre commercial. À l’autre bout de la circonscription, sur la zone côtière, elle dit constater beaucoup de misère. Là encore, elle est d’avis qu’il y aurait pu avoir un développement pour les produits de la mer.