Pendant que les bailleurs de fonds de l’Heritage City changent de Dubaï à l’Arabie saoudite au gré des fréquentes escapades ministérielles de MM. Showkutally Soodhun et Roshi Bhadain, la presse internationale se passionne pour le cas du Premier ministre de la Malaisie, Najib Razak, qui avait été, l’année dernière, accusé de corruption et de détournement de fonds publics après la découverte d’une somme de $ 681 millions sur son compte personnel. Or, gros développement cette semaine avec la BBC qui a révélé, le mercredi 27 janvier, que l’Attorney General, Mohamed Apandi Ali, avait décidé de blanchir son supérieur hiérarchique de toute malversation “after ruling that the money was a donation from the Saudi royal family.”
C’est sous la signature de Frank Gardner que le site de la BBC fait état du développement dans le dossier de corruption instruit contre le PM de Malaisie qui, il faut le rappeler, devait être l’invité d’honneur du pays lors des célébrations nationales du 12 mars 2014 et qui ne vint pas, non en raison de la vive contestation de ce choix par le leader de l’opposition d’alors, Paul Bérenger, mais parce que le vol MH 370 de la Malaysian Airlines avait disparu le 8 mars avec ses 239 passagers.
Si le mystère du MH 370 reste entier, celui des 681 millions de dollars américains semble, lui, avoir été percé, ou du moins c’est ce qu’en a décidé l’Attorney General. “The $681m (£479m) deposited in the bank account of Malaysian PM Najib Razak by Saudi Arabia was to help him win the 2013 elections, a Saudi source says. Malaysia’s attorney general cleared Mr Najib of allegations of corruption on Tuesday after ruling that the money was a donation from the Saudi royal family”, écrit le journaliste de la BBC.
Selon lui, “the secretive donation to Mr Najib was allegedly paid over in several wire transfers between late March 2013 and early April 2013, just ahead of the election on 5 May. The well-placed Saudi source, who has asked not to be named, told the BBC the payment was authorised from the very top – Saudi Arabia’s late King Abdullah – with funds coming from both his personal fi nances and State funds.”
La même source aurait toujours, selon la chaîne publique britannique, afirmé que cette “donation” aurait aussi été faite avec l’approbation du prince Turki bin Addullah, “one of the king’s sons” (who) “is reported to have extensive business dealings in Malaysia.”
Pourquoi un tel cadeau et de nature personnelle, s’interroge la BBC qui s’est vu expliquer que ce n’est pas inhabituel dans la mesure où, un sus de la Malaisie, “Jordan, Morocco, Egypt and Sudan have all been benefi ciaries of multi-$100m donations from the Saudi royal purse.” Cette même source ajoute aussi que “there is nothing unusual about this donation to Malaysia. It is very similar to how the Saudis operate in a number of countries.”
Le journaliste de la BBC écrit également que si des explications ont été fournies, cela n’empêche que d’autres questions soient posées sur le fi nancement saoudien du PM et sur “the secretive and convoluted nature of the money transfer, and the fact that Malaysia’s Prime Minister returned 91% of it just four months later. The remaining $61m has not been accounted for.”
“It is very murky”
Les investigations du journaliste l’on aussi mené vers un spécialiste britannique du Moyen Orient qui lui a expliqué que “the $681m was paid through the Singapore branch of a Swiss bank owned by the rulers of Abu Dhabi.” “It is very murky. This case will never be fully cleared up until the Saudis and the Malaysians release all the transaction data, and that has not happened.”
Quant à Karishma Vaswani, Asia Business Correspondant de la BBC, elle avait déjà écrit, le 26 janvier, que “Malaysian Prime Minister Najib Razak’s so-called mysterious millions has been a thriller of sorts for the country in recent months. It almost sounds like the title of a Hercule Poirot novel: The Case of the Mysterious Millions” et que, mardi, “Malaysia’s top prosecutor cleared Prime Minister Najib Razak of corruption in a longrunning fi nancial scandal that involved millions of dollars, an overseas donor and questions about government conduct to boot.”
Revenant sur la décision de l’Attorney General, Mohamed Apandi Ali, Reuters rapportait, mardi 26 janvier, qu’il a déclaré à la presse le même jour que les 681M de USD “was a personal donation from the Saudi royal family” et qu’il avait même ajouté que “anti-corruption offi cials had met witnesses including the person they identifi ed as the donor to confi rm it. I am satisfi ed that there is no evidence to show that the donation was a form of gratifi cation given corruptly.”
Il faut savoir que cet Attorney General est un nominé récent de Najib Razak qui avait viré son prédécesseur, lequel avait précisément initié une enquête sur ces fonds qui étaient soupçonnés avoir été détournés du 1 Malaysian Development Berhad (1MDB), genre de fonds souverain censé fi nancer les projets de développement et la vente des entités publiques, un peu comme ce qui avait été annoncé par Vishnu Lutchmeenaraidoo dans son budget de l’année dernière.
Si Najib Razak s’est réjoui de cette exonération providentielle venant de son Attorney General, l’opposition malaisienne, elle, ne l’entend pas de cette oreille. Critiquant la décision de Mohamed Apandi Ali, le chef du principal parti d’opposition, Lim Kit Siang, a déclaré sa “surprise” et l’a invité à “provide more evidence to justify his decision.”
Quant à Tony Pua, membre de l’opposition parlementaire, il a, dans une déclaration au Guardian, le mardi 26 janvier, évoqué “basis to absolve the Prime Minister of any wrong doing is utterly without merit because ‘the personal affair’ does not percluse corrupt motives or transactions”, alors que Transparency International a, elle aussi, pris la décision avec des pincettes. “Where did it [the money] go and why was this personal donation made?”, a-t-elle demandé sur une affaire qui a fait beaucoup de bruit à la fi n de l’année dernière avec la révélation en juillet 2015 d’une affaire de corruption impliquant le PM malaisien par le Wall Street Journal. Les autorités helvétiques ont, en novembre dernier, gelé des dizaines de millions d’euros d’avoirs suite à des alertes sur des transactions suspectes, avait aussi écrit Laurence Defranoux dans Libération, le 5 septembre 2015. C’était à l’époque du soulèvement populaire pour réclamer le départ de Najib Razak après les révélations de ce scandale, mais qui fut vite réprimé.
Rappelons que Showkutally Soodhun est, en ce moment même, à son énième visite en Arabie saoudite. Gageons qu’il reviendra les bras chargés de projets à coups de milliards venant de Riyad et qu’il annoncera que le projet personnel de son bon ami Roshi Bhadain, l’Heritage City, démarera la semaine prochaine. Question d’héritage, faudra probablement voir entre dettes pour les générations futures et donations suspectes qui, elles, sont bien du moment.