Cela fait plus de trente ans qu’elle maîtrise son art. Anne Félicité, 58 ans, est aujourd’hui une référence dans le domaine de la vannerie. Dans son atelier à Plaine Magnien, le tissage n’a plus aucun secret pour elle. De ses débuts, à la fin des années 70, jusqu’à ce jour, l’artisan a su se faire un nom dans le milieu en proposant toute une panoplie de produits réalisés avec délicatesse et dextérité.
Dans son atelier à Plaine Magnien, Anne Félicité est concentrée. C’est dans une atmosphère paisible, où le doux bruit du vent se mêle au crissement des feuilles des badamiers avoisinants, qu’elle laisse filer son inspiration. Ce jour-là, c’est le tissage d’une pochette (petit sac à main) qui l’occupe. Anne Félicité a une grosse commande de pochettes, de sous-plats, de paniers d’épices à remettre et n’a pas une seconde à perdre. C’est avec délicatesse et dextérité qu’elle enchaîne le tissage. Pendant ce temps, on peut apprécier sur les murs de son atelier des esquisses qui prendront forme et vie au bout d’un cheminement relevant de l’alchimie. Feuilles de vacoas séchées, paniers et produits divers décorent la pièce.
Le “deux sur deux”, le “un sur un”, la “tresse dentelle”, la “tresse plate” : Anne Félicité se met à étaler devant nous les différentes techniques qu’elle maîtrise. Cela fait plus de trente ans qu’elle pratique son art. Vers la fin des années 70, elle s’est mariée et s’est installée au village Le Bouchon. “La vannerie était l’activité que pratiquaient la plupart des femmes du village et, de manière naturelle, je m’y suis mise aussi. Ce sont ma belle-mère et ma belle-soeur qui m’ont initiée au métier.” Ce qui intéressait Anne Félicité, c’est que sa nouvelle activité lui permettait de rester à la maison pour s’occuper et élever ses enfants, tout en se faisant un peu d’argent pour arrondir ses fins de mois. Car à l’époque, il y avait peu de garderies et de nombreuses femmes devaient garder elles-mêmes leurs enfants.