Marin exilé au pied de la montagne du Morne, Patrick Norton s’est affranchi des non-dits en mettant sur papier pensées et émotions. Dans des textes écrits sur mer et sur terre, le “poète vagabond” rend hommage au symbolisme de la montagne et revient sur ces chaînes qui traînent encore. Son recueil L’embrasure de la Liberté ouvre une fenêtre sur son besoin de liberté, ses questions, ses amours et ses colères.
Derrière la colline verte qui flotte sur l’eau, l’horizon. Assis sur un muret face à l’Îlot Fourneau, Patrick Norton fixe brièvement la ligne imaginaire de ses yeux couleur de l’océan. “Je travaille dur pour avoir mon voilier”, dit-il. Quand le moment viendra, il mettra le cap vers l’horizon pour voguer vers d’autres cultures au gré des vents et des rencontres. Les cheveux grisonnants que fait danser la brise soufflant sur le sud-ouest ont rajouté de la sagesse à ses rêves d’adolescent. Il avait 16 ans lorsqu’il s’est engagé dans la marine. Sur les flots, une vie durant, il a vécu l’ivresse de la mer et de la liberté jusqu’à ce qu’elles s’incrustent dans ses gènes. Quand il a fini par mettre pied à terre, c’est au pied de la montagne symbole qu’il a voulu se réfugier. On trouverait tout un symbolisme dans le fait que son recueil L’embrasure de la Liberté ait pris forme dans le village du Morne.