Nous disposons presque tous de moyens pour combattre les morsures du froid et de rendre l’hiver douillet. Mais certains ne peuvent se permettre ce luxe et sont obligés de trouver du courage pour affronter les caprices dont de la météo en ce moment. Pour tenter de comprendre comment ils s’y prennent, Scope a accompagné des travailleurs de terrain de Bois Chéri et de Curepipe et quelques habitants d’Anoska. Avant même que le soleil ne se lève, ils nous confient leurs conditions de travail et de vie durant cette saison.
Les petits bougonnements des matins d’hiver des employés de bureau seraient totalement incongrus. Il est 5h30, il fait toujours nuit. Dans ce décor sinistre, le vent glacial provenant d’un anticyclone annoncé à l’ouest renvoie avec force les incessantes gouttes de pluie. “Fer fre, fer mari fre”, souligne Backaury, 50 ans, que nous croisons avec ses collègues dans la rue. “Fer fre ou pa, nou bizin dan karo. Nous n’avons pas le choix. Nous avons des familles et des bouches à nourrir.”
Employé dans une usine théière depuis 37 ans, il est debout depuis 3h du matin, comme ses collègues. À ce moment-là, le froid était particulièrement piquant et il aurait souhaité rester au lit. Mais le quinquagénaire garde les pieds sur terre et affirme devoir respecter ses engagements professionnels.
Bien équipés pour faire face aux intempéries, Backaury et ses collègues grimpent un à un dans le caisson d’un camion pour se rendre au champ, tandis que les boutiques de ce village des hauts plateaux reçoivent les livreurs de pain.
Dans la file pour monter sur le camion, Clarinette, 45 ans. Cela fait une dizaine d’années qu’elle affronte la baisse de température, le vent et la rosée des matins, de juillet à octobre.  “Je me réveille tôt pour préparer le repas de mes enfants car le van passe me prendre à 4h30. Direction : les champs. Dan sa brouyar la, oblize travay ziska midi.”