Dix jours après ses accusations à l’encontre de l’Église catholique par rapport au Conseil des Religions (CDR), qui ont soulevé un tollé général, Somduth Dulthumun, président de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation, a voulu clarifier les choses auprès des dignitaires religieux. Il a rencontré ce matin à l’évêché le chef de l’Église catholique et Mgr Ian Ernest, évêque de l’Église anglicane. À sa sortie, il a parlé de cette rencontre en termes élogieux faisant état de « ses amitiés » pour ces deux interlocuteurs. En revanche, il a accusé « sertenn dimounn » d’avoir « mal interprété » ses propos, ciblant particulièrement « bann zourzalis e bann animater radio » qui auraient incité le déferlement de réactions dans la population. Pour leur part, dans un communiqué conjoint et très court, Mgr Maurice E. Piat et Mgr Ian Ernest, disent « apprécier l’initiative » de M. Dulthumun « de les contacter ».
La rencontre a eu lieu à la demande du président de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation et a duré environ une demi-heure. Aux journalistes qui l’attendaient à la sortie, Somduth Dulthumun a affirmé que cette rencontre a « été très intéressante » et qu’elle s’est déroulée dans le « respect ». Il a été question principalement, selon lui, de la représentativité de la religion hindoue au sein du Conseil des Religions. « J’ai discuté avec Mgr Piat et Mgr Ernest du problème que j’ai soulevé. La federasion pou fer so come-back dan sa konsey-la », a-t-il dit, en soulignant que cette fédération « reprendra la place qui lui revient » dans le but « d’apporter sa contribution ». Sera-t-il alors candidat au poste de président de cette fédération, qui, soulignons-le, a été l’objet de ses critiques contre l’Église catholique. « Non », a-t-il répondu aux journalistes. « Mo trouv enn lot dimoun pou reprezant lafederasion dan sa konsey-la. » Cependant, si les responsables du CDR l’invitent à la prochaine réunion de cette instance il s’y rendra.
S. Dulthumun a aussi déclaré aux journalistes qu’il « n’a jamais voulu », par ses propos, s’attaquer à l’Église catholique ni créer une division dans le pays comme l’auraient fait croire, selon lui, certaines personnes. « Je n’ai rien contre qui ce soit. J’ai une amitié pour Mgr Piat et pour Mgr Ernest et nous avons déjà travaillé ensemble. J’ai voulu tout simplement revendiquer notre place au sein de ce conseil », a-t-il répété. Il soutient que les remarques qu’il a formulées à propos de ce conseil n’étaient qu’« enn ti zafer » et que c’est « sertenn dimoun » qui auraient amplifié et « mal interprété » ses propos. Et le président de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation d’en faire le reproche à « bann zournalist e bann animater radio ». Encore une fois, les journalistes ont beau dos.
Dans leur communiqué conjoint émis après cette rencontre Mgr Maurice E. Piat et Mgr Ian Ernest, disent « apprécier l’initiative » de M. Dulthumun « de les contacter après ses déclarations dans la presse » au sujet du Conseil des Religions. « La discussion, qui a été franche, a abouti à des suggestions qui, d’un commun accord, seront présentées au Conseil des Religions. Ce Conseil, qui agit en toute indépendance, aura la possibilité de réfléchir à ces suggestions et de prendre les décisions appropriées », disent les deux évêques. Ces derniers encouragent le Conseil des Religions dans ses efforts pour maintenir la paix à l’île Maurice et consolider l’harmonie sociale.
Par ailleurs, dans une lettre envoyée au Mauricien, M. Dulthumun souligne la composition de la fédération religieuse et le nombre de temples qui y sont fédérées qu’il qualifie « d’éloquent ». « En tant que président responsable d’une grande section de la population de l’île Maurice, je ne peux me permettre d’attaquer les autres religions. Je ne fais que revendiquer mes droits au nom de l’hindouisme au sein du Conseil des Religions de mon pays, autrement le conseil serait incomplet », écrit le président de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation.