On appréciera plus loin, dans ce 2e et dernier volet, le survol qu’en fait l’auteur dans son livre “A brief history of Trade Unionism in Mauritius” sous la rubrique “Trade Unionists throughout history” qui est, en fait, un récapitulatif du mouvement syndical post-1970 avec une PLHDWU (Port Louis Harbour and Docks Workers Union), d’obédience MMM, tout-puissante dans le port, tempérée par l’action en solo d’Eliézer François, et les nombreux jeunes syndicalistes qui entreront dans l’arène durant les vingt-cinq dernières années. Avant ce récapitulatif, l’auteur revient aux deux premiers syndicats, la METWU qui devient l’AGWU sous Guy Rozemont, et la MALU qui regroupera les travailleurs agricoles.
Avant sa mort, Guy Rozemont a donné un nouveau nom au METWU : «ARTISANS AND GENERAL WORKERS UNION» (AGWU). L’auteur raconte comment le syndicat a évolué par la suite : “De 1956 à 1958, Abel Cloridor a assumé la présidence du syndicat. Un accord a été signé avec les employeurs. Philippe Ducasse a ensuite été président de 1951 à 1961. Au cours de son mandat, plus précisément en 1959, un conflit a éclaté entre la MALU et l’AGWU d’un côté et les employeurs de l’autre. Le différend a été renvoyé à un tribunal d’arbitrage qui a donné aux travailleurs une augmentation de salaire de 15%.”
François Vincent a pris le relais au poste de président en 1961 et a dû faire face à la politisation et à la division du mouvement ouvrier. Cependant, il a réussi à garder allumé le flambeau de l’AGWU, se battant dur comme fer pour dépolitiser l’AGWU. Cette action était nécessaire parce que certains partis politiques ont attaqué le syndicat et l’ont présenté comme étant associé au Parti travailliste, et cela a commencé à causer une certaine désaffectation au syndicat. C’était sous la direction de Vincent que l’AGWU s’était affiliée à l’ICEF en 1963. L’auteur Rajpalsingh Allgoo raconte comment il a milité au sein de l’AGWU à partir de mai 1975 :
“En mai 1975, j’ai rejoint l’AGWU en tant que négociateur et organisateur. À la fin de 1977, le syndicat avait réussi à augmenter son effectif à environ 1 100. En mars 1978, je suis devenu le président du syndicat et j’ai lancé un programme d’organisation agressif. Après le refus du NRB d’accepter les revendications légitimes du syndicat, les délégués ont décidé une grève du 23 au 25 juillet 1979 avec la collaboration des affiliés du MLC (Mauritius Labour Congress). La grève a réussi et les travailleurs ont obtenu une certaine satisfaction. L’AGWU est sorti plus forte après cette action syndicale et le nombre de ses membres est passé à environ 2 800. L’année suivante, j’ai créé le Provident Fund de l’AGWU pour les artisans, et je reçus l’aide du professeur Charles Cambridge de l’Université de Harvard.
En 1983, l’AALC a financé un travail d’actuaire, qui a été réalisé par le Prof. Popalathan de la SICOM. Le Provident Fund de l’AGWU a aidé énormément ses membres en leur accordant des prêts pour des projets productifs, des prestations de retraite et une aide funéraire à la famille au décès du membre, etc. Ce Provident Fund existe encore, continue d’offrir plusieurs facilités à ses membres, mais en raison de la clôture d’un grand nombre d’usines sucrières et l’introduction des VRS I et VRS II ont considérablement réduit le nombre de membres.
Je me sens particulièrement heureux d’avoir pu construire un grand bureau d’un étage pour l’AGWU et son Provident Fund à Smith Street, Grande-Rivière-Nord-Ouest, Port-Louis, sur 30 perches, portant le nom du fondateur et le père du mouvement syndical à Maurice “EMMANUEL ANQUETIL LABOUR CENTRE”, qui comprend plusieurs bureaux, y compris un centre d’éducation ouvrière. Cela a été réalisé avant que je prenne ma retraite des activités syndicales.”
Un syndicat pour les travailleurs  agricoles
Quelques mois après la création de la METWU, c’est le Mauritius Agricultural Labourers’ Union (MALU) qui est mise sur pied à l’initiative de Sahadeo et de Partab Allgoo au début de l’année 1945. Pour en arriver là, les cofondateurs avaient sollicité assez souvent les conseils de Kenneth Baker, le consultant syndical britannique. Ce dernier avait assisté à plusieurs de leurs réunions. Ils ont constitué un certain nombre de comités de district et un comité exécutif central pour soutenir toute l’organisation. Pandit Sahadeo est élu président et Partab Allgoo le secrétaire général.
Un fonctionnaire du Département du travail a inspecté les livres, les comptes, etc., du nouveau syndicat et a noté un véritable désir d’agir selon les principes reconnus du syndicalisme. Plusieurs critiques ont été émises à l’encontre du syndicat naissant, mais rien de sérieux. Aussi, à la suite de sa visite au bureau de la MALU, le fonctionnaire n’a pas hésité à recommander au commissaire au travail l’enregistrement du nouveau syndicat. Il a toutefois suggéré que la règle régissant le recrutement de membres par le syndicat soit rédigée comme suit : “Pour assurer l’adhésion complète au syndicat de tous les travailleurs employés dans l’agriculture, à l’exception de ceux de la Rivière-du-Rempart Nord et centre et des environs de St Pierre et Camp-Fouquereaux”. Il s’agissait d’éviter toute critique venant d’autres organisations syndicales à l’effet que la MALU empiétait sur leur territoire. Cette règle correspond plus ou moins à l’article 4, ordonnance 7 de 1938.
Rampertab Allgoo, l’oncle, et le neveu Rajpalsingh
Cette précaution était nécessaire, car l’empiètement du MALU sur le territoire des associations industrielles dont l’un des animateurs dans le Nord est Harryparsad Ramnarain, un illustre combatant du syndicalisme agricole, serait mal venu et mal pris. Harryparsad Ramnarain a enregistré la Central Rivière du Rempart Labourers’ Industrial Association en août 1938 et dont il devenait le secrétaire avec comme associé un autre syndicaliste de renom, S, Jugdambi. Une autre association syndicale régionale voyait le jour dans le Nord en 1939 – la North Rivière du Rempart Labourers’ Industrial Association – et fusionnait avec la Central Rivière du Rempart Labourers’ Industrial Association en 1941 pour devenir la puissante North & Central Rivière du Rempart Labourers’ Industrial Association. Mais le prix à payer pour les revendications en faveur des travailleurs était parfois très lourd, allant, par exemple, jusqu’à la tuerie du 27 septembre, 1943, à Belle-Vue Harel.
Revenons à la MALU dont l’un des fondateurs, Partab (Rampertab) Allgoo, a des liens de sang avec l’auteur Rajpalsingh Allgoo (il est son oncle paternel) et envers qui il est débiteur pour son zèle pour le syndicalisme. L’auteur raconte comment il a vécu une partie de sa vie sous le toit de cet oncle à Goodlands et ce qu’il en a hérité de ce passage :
“Je suis allé m’installer à Goodlands chez mon oncle Rampertab pour fréquenter l’école primaire, et je revenais à la maison de mes parents à Grand-Gaube les week-ends et pendant les vacances scolaires. Rampertab exerçait une discipline de fer et ne me permettait même pas de jouer avec des garçons de mon âge. Mais cette rigueur m’a aidé à développer une grande maîtrise de moi. Je ne suis pas né avec une cuillère d’argent dans ma bouche, mais j’avais le sang du syndicalisme qui coulait librement dans mes veines. L’oncle Rampertab (connu sous le nom de Partab) était alors le secrétaire général du Parti travailliste mauricien. Il était également un membre influent de la METWU qui est devenu plus tard l’AGWU.
Au domicile de l’oncle Rampertab, je me suis familiarisé très tôt avec les personnalités du Parti travailliste : Emmanuel Anquetil, Guy Rozemont, Philippe Rozemont, Seewoosagur Ramgoolam, Renganaden Seeneevassen, Aunauth Beejadhur, Harilall Vaghjee, Veerasamy Ringadoo, Raymond Rault et plusieurs autres. Je me rappelle qu’à chaque fois que certains d’entre eux venaient rendre visite à mon oncle, ce dernier m’envoyait à la boutique Virahsawmy à proximité pour acheter des boissons et des rafraîchissements pour eux.
Alors que j’étais encore à l’école, j’avais deux responsabilités. Tous les matins, avant d’aller à l’école, je devais nettoyer la voiture de mon oncle, une Austin immatriculée 2079, et vérifier le niveau de l’eau dans le radiateur et l’huile du moteur. Cela a créé un intérêt précoce chez moi pour les voitures, à un moment où les voitures étaient rares à la campagne.
Dans l’après-midi, j’avais la charge du bureau de la METWU qui abritait également une branche du Parti travailliste mauricien. Je devais ouvrir le bureau à 16 heures et recevoir les membres du public qui se présentaient. Je devais également recevoir les cotisations mensuelles des membres du syndicat et remplir leurs cartes en lieu d’un reçu. Le petit garçon que j’étais pouvait à peine imaginer, à cet âge, que le destin me préparait pour une riche et longue carrière  dans le mouvement syndical !”
Un récapitulatif du mouvement syndical post-1970
L’auteur se livre ensuite à un survol du mouvement syndical au cours des années 1970 et les décennies suivantes. Il commence par mentionner les syndicalistes qui ont été actifs dans le port au début des années 1970. “Les noms qui me viennent à l’esprit sont Gaëtan Pillay, Mario Flore, Moorgesh Veerabadren, Paul Raymond Bérenger, Michel Gérard Nina, aussi connu sous le non de Ti Moignac, Aurélie Perrine et Eliézer François.” Il rend hommage à Aurelie Perrine, qui était une figure de proue de la Port-Louis Harbour & Docks Workers Union (PLHDWU), syndicat regroupant les stevedores et les dockers travaillant dans la zone portuaire. “Aurélie Perrine, d’origine chagossienne, est devenue la présidente de la PLHDWU et, à son décès, son nom a été donné à l’aire de débarquement pour les passagers dans la zone portuaire.”
Il en vient ensuite au rôle déterminant de Paul Bérenger dans le port où il “s’est fait un nom en tant que syndicaliste” et négociateur, ce qui a contribué à l’aura de l’homme en tant que «futur politicien». “C’était à cause de sa grande influence sur les travailleurs du port que le ministre Eliézer François, à l’époque membre du Parti Mauricien Social Democrate, a été envoyé là pour contrecarrer la popularité de Bérenger parmi les travailleurs du port.” L’auteur retrace plus loin l’action syndicale décriée, mais efficace de Paul Bérenger : “Si ses adversaires politiques disent généralement qu’il était un ‘agitateur politique et social contestataire à la base de grèves sauvages dans le pays’, l’histoire se souviendra de lui comme l’homme qui s’est battu pour de meilleures conditions de travail pour les travailleurs du transport et du port. Il a regroupé tous les syndicats proches du MMM sous l’égide de la General Workers’ Federation, et il a littéralement stoppé les activités du port avec la grève de la PLHDWU. Nous étions dans les années 70 et cette période sera plus tard connu comme ‘les années de braise’, lorsque le Premier ministre Seewoosagur Ramgoolam a déclaré l’état d’urgence, et a fait jeter en prison Bérenger et autres dirigeants MMM.”
C’est à cette période que le gouvernement de coalition, composé du Parti travailliste, du PMSD et du CAM ont voté des lois du travail contre les grèves et manifestations publiques. Ainsi sont nés les tristement célèbres IRA et POA. Il suffit de dire que dès lors, et jusqu’aujourd’hui, la lutte pour plus de liberté est devenue le principal objectif des syndicats dans le pays. Paul Bérenger et le MMM comptent alors de nombreux collaborateurs dont “Mario Flore, Moorgesh Veerabadren et Ti Moignac”. Mario Flore, d’abord dans la mouvance du MMM, s’éloignera de ce parti et se rapprochera du Parti travailliste et du Dr Navin Ramgoolam dont il arrachera, en 2005, une pension en faveur des veuves de dockers et de stevedores, “en particulier ceux qui ont été licenciés, après l’introduction du vrac”. Il fondera le Kreol Morisien Muvman Afrikin (MMKA) et se battra “pour les opprimés, en particulier les chauffeurs de taxi ‘marron’, les veuves des débardeurs, les pauvres créoles et pour tous les Mauriciens en général”. Mention est aussi faite de “Ajum Dahal , a charismatic trade unionist”. Au tournant, l’auteur aborde la collusion ponctuelle des syndicats du MMM et de Paul Bérenger, d’une part, et des Syndicats Populaires de Sir Gaëtan Duval.
Certes, l’auteur ne pouvait pas ne pas faire mention de Jack Bizlall et d’Ashok Subron. “Nous ne pouvons pas oublier Jack Bizlall, ancien député de l’Assemblée législative en 1976. Membre du mouvement militant mauricien (MMM), il a quitté ce parti, à la suite de différends avec son leader Bérenger. Après son retrait de la politique, Bizlall est devenu l’un des syndicalistes les plus respectés à l’Ile Maurice. Mais aujourd’hui, impliqué sur le front politique avec son mouvement Premier Mai, Jacques offre toujours ses bons offices aux syndicats, chaque fois que ses services sont sollicités.” Clin d’oeil à Ashok Subron, le dirigeant de Rezistans ek Alternativ, qui est aussi un syndicaliste. À l’origine il est un membre de Lalit, parti dirigé par le Dr Ram Seegobin. Au sein de Lalit, il aide les syndicats et les travailleurs. A un moment donné, il surclasse Bizlall dans le milieu portuaire. Ashok Subron est aussi celui qui a forcé le gouvernement de Navin Ramgoolam à présenter un Livre blanc sur la réforme électorale, en raison d’un appel lancé par Rezistans Ek Alternativ devant la Commission des droits de l’Organisation des Nations Unies.
“Faizal Ally Beegun, Amba Lutchoomanen et Yusuf Sooklall doivent également être mentionnés. Tous ces syndicalistes ont été actifs dans le secteur de la zone franche d’exportation (ZFE). Et le premier nommé a même été cité en exemple dans la presse étrangère pour son travail louable en faveur des travailleurs étrangers à Maurice, en particulier les travailleurs de l’Inde, de la Chine et du Sri Lanka.” L’auteur met ensuite en exergue la diversité syndicale mauricienne et fait mention de certains syndicalistes qui sont en tête d’affiche : “Comme il y a plus de 300 syndicats dans notre pays, il ne sera pas possible d’énumérer tous les noms de leurs présidents, secrétaires et trésoriers. Nous ne pouvons que publier certains noms, en particulier ceux qui sont bien connus aux Mauriciens, et toujours très actifs dans les secteurs public et privé : Radakrishna Sadien, Auguste Follet, Malleck Amode, Papayah Naidoo, Rashid Imrith, Toolsiraj Benydin, Serge Jauffret, Pottaya Kuppan, Georges Legallant, Bagooaduth Kallooa, Rajiv Roy, Veena Dholah, Haniff Peerun, Awadh Balluck, Deepak Benydin, Bidianand Jhurry, Reeaz Chuttoo, Atma Shanto, Jane Ragoo…” L’auteur ne peut s’empêcher de saluer, au passage, des syndicalistes qui, à l’instar de Paul Bérenger et de Jack Bizlall, se sont lancés dans la politique et font partie de l’équipe gouvernementale actuelle.
Clin d’oeil aux femmes dans la lutte syndicale
Sous cette rubrique, l’auteur est on ne peut plus chirurgical. “Soyons francs. Le mouvement syndical a toujours été dominé par les hommes. En fait, les femmes étaient toujours là, mais elles se cantonnaient au travail administratif. De ce fait, on se rappelle des seuls hommes comme syndicalistes.” Mais il ouvre vite la parenthèse pour démontrer que le syndicalisme n’est pas la chasse gardée des hommes. “Heureusement, il y a une Jane Ragoo aujourd’hui pour démontrer que les femmes peuvent aussi négocier au nom des travailleurs, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes. Je ne connais pas Jane Ragoo personnellement, mais je dois dire que j’admire beaucoup ce qu’elle fait pour la classe ouvrière. Elle est une grande fierté pour le mouvement syndical à Maurice et même en Afrique. Il est bon que Jane ait mis la question du genre sur la table et qu’elle ait lutté pour les droits des femmes, mais aussi pour leurs contreparties masculines. C’est ce qui rend cette femme si spéciale. Mère de deux enfants, et mariée à un homme qui la soutient et l’encourage, Jane a une excellente couverture médiatique, ce qui a fait d’elle une figure connue de tous les Mauriciens, même de ceux qui ne sont pas familiers avec les questions syndicales.” Et de rappeler le combat mené de haute lutte par Jane Ragoo avec le soutien de Jack Bizlall et d’autres syndicalistes pour faire réintégrer Rehana Ameer, également syndicaliste, à son poste à la MBC.
Mais ce n’était pas toujours évident pour les femmes dans le passé de se syndiquer ou de prendre le manteau du syndicaliste. “C’est pourquoi il est important de se souvenir de Jane Ragoo, mais aussi de Veena Dholah, Lindsey Collen, Rajni Lallah, Dany Marie, Rajni Kistnasamy, Anne-Marie Sophie, femmes engagées chaque jour dans la lutte pour le meilleur devenir de notre société.”
Et, à lui-même, auteur-syndicaliste, de dire tout ce qu’il doit à son épouse, Sunyo Devi, pour le succès qu’il a connu dans sa carrière syndicale : “Si je peux rendre hommage à mon épouse, Sunyo Devi, qui m’a soutenu tout au long de ma carrière en tant que syndicaliste, ce n’était pas toujours le cas pour les nombreuses femmes qui se sont battues aux côtés des hommes pour changer le cours de l’histoire en faveur de leurs pairs.”
Salut à l’ami et au mentor Chandersensing Bhagirutty
L’auteur salue, comme il se doit, la mémoire du vétéran syndicaliste Chandersensing Bhagirutty : “Je ne peux pas passer sous silence l’immense contribution de mon ami et mentor Chandersensing Bhagirutty, qui lui-même doit son entrée dans le mouvement syndical au grand Hurrypersad Ramnarain. Né en 1936, dans le village de Poudre d’Or Hamlet, Chandersensing a perdu sa mère à l’âge de sept ans. Élevé par son père, qui est mort quand il avait 14 ans, le jeune homme devint un travailleur social, et deviendra par la suite l’un des plus influents syndicalistes à la tête de la ‘Plantation Workers’ Union’ (PWU) et du Mauritius Labour Congress (MLC).”
Le MLC, mis sur les fonts baptismaux le 16 juillet 1963 grâce à “the vision, tenacity and arduous effort of Hon. Hurryparsad Ramnarain”, en fusionnant la Mauritius Confederation of Free Trade Unions (MCFTU) de Descann, Vincent et Pakiry,  et le Mauritius Trade Union Congress (MTUC) d’Augustin Moignac, devint la plus puissante centrale syndicale de l’époque regroupant pas moins de 57 syndicats dont la Fédération des Syndicats du Service Civil (FSSC). La centrale s’affiliera à la plus puissante organisation syndicale au monde, l’International Confederation of Free Trade Unions, regroupant à l’époque quelque 85 millions de travailleurs dans 91 pays, et sera la seule confédération reconnue par l’Organisation Internationale du Travail.